Littré (1873)
démonstratif. Vieux mot employé quelquefois encore dans le style de pratique et dans le langage familier.
Exposer à vos yeux l'idée universelle De ma cause, et des faits énoncés en icelle — Jean Racine (1639-1699)
Une érection est la remise d'un fief que le vassal possède, entre les mains du roi ; le roi, après l'avoir repris, le lui rend avec une dignité dont il l'investit par l'érection aux conditions portées par icelle — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Icelui est la forme complète dont celui n'offre qu'une apocope, il représente par conséquent ecce ille, ecce illius (voy. CELUI). Diez recommande de ne pas se laisser égarer par les formules de Marculfe où ipsi lui est pris comme équivalant à icelui ; la preuve, dit-il, que le c français ne cache pas une s latine, c'est que la forme picarde est ichelui, chelui.
Historique : XIe s. Icil en vait au rei Marsilion XIIe s. Icil feront as cristiens dolor Et tous iceulz que vous devez mener Icel jour fist mout chaut, et li ciel fu serin XIIIe s. À iceles enceignes qu'er soir [il] ot m'aumosniere XIVe s. Et sont ces vices contraires, c'est assavoir prodigalité et illiberalité, et chescun d'iceux superhabunde et deffault XVe s. Toutes ces villes s'allyerent ensemble avec iceulx Suysses [dont on vient de parler] XVIe s. Ayant prins la ville de Regge, et en icelle le capitaine Phyton Iceluy, icelle, desquels les courtisans n'usent pas communement
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).