humilité

humilité

nom, féminin, /ymilite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse et de notre insuffisance, qui nous fait concevoir de bas sentiments de nous-mêmes. Pratiquer l'humilité, se montrer humble. Fig.

    Ce précepte de se connaître soi-même, qui est pour tous les autres une leçon d'humilité, doit avoir pour votre regard un effet tout contraire et vous oblige de mépriser tout ce qui est hors de vous [Balzac] — Voiture (1597-1648)

    C'est un artifice de l'orgueil qui s'abaisse pour s'élever, et qui n'est jamais plus capable de tromper que lorsqu'il se cache sous la figure de l'humilité — La Rochefoucauld (1613-1680)

  2. Acte d'humilité.

    Non, ne descendez pas dans ces humilités, Et laissez-nous juger ce que vous méritez — Molière (1622-1673)

  3. Familièrement. En toute humilité, aussi humblement qu'il est possible.

    À présent que j'ai eu l'honneur de vous prouver en passant que vous aviez ce petit avantage [dans la traduction d'un vers latin] sur Boileau, il n'est plus surprenant que je vous dise, monseigneur, en toute humilité, qu'il y a dans votre épître plusieurs vers que je serais bien glorieux d'avoir faits — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. humilitat, omilitat ; espagn. humildad ; ital. umiltà ; du lat. humilitatem, de humilis, humble (voy. HUMBLE). Bien que humilité soit très ancien, la forme d'origine et régulière était humbleté. On trouve aussi humblesse, humiliance, humiliement.

Historique : XIe s. Ce senefiet pais et humilitet XIIe s. Se par mal conseil as contre Deu meserré, Par Deu ne traie à tei, chée [tombe] en humilité En grant humilité devez à curt aler, Que nuls ne vus en puisse reprendre ne blasmer XIIIe s. Ahi ! Diex ! fait Bertin, rois pleins d'umilité La terre moult souvent par humbleté [elle] baisoit Pour Dieu, vous pri k'avoec vo grant biauté Ne voelliés tant d'orguel accompaignier, K'umelités ne vous puist justicier XIVe s. Et aucune foiz faignent il et font teles humilités pour vaine gloire XVe s. Adonc fit la noble roine d'Angleterre grand umilité.... et pleuroit …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse, qui réprime en nous les mouvements de l’orgueil. Grande humilité. Profonde humilité. L’humilité est le fondement de toutes les vertus chrétiennes. Faire des actes d’humilité. La véritable humilité ne consiste point dans les dehors. L’humilité chrétienne va jusqu’au mépris de soi-même. Pratiquer l’humilité. Avoir de grands sentiments d’humilité. Souffrir les mépris, les affronts avec humilité. Il est plein d’humilité. Donner de grands exemples d’humilité.

  2. Il se dit quelquefois, familièrement, pour Déférence, soumission, abaissement. Je l’en ai prié en toute humilité. Je confesse en humilité que...

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • humilités — pluriel — /ymilite/
  • humilité — singulier — /ymilite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée humilité#31855.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.