humide

humide

adjectif, /ymidə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui tient de la nature de l'eau (sens auquel il se dit surtout dans le style élevé et poétique). L'humide élément, l'eau. Les humides plaines, l'humide sein de l'onde, l'humide empire, la mer.

    Les humides contrées de l'air — Rotrou (1609-1650)

    Mais vous [roseau] naissez le plus souvent Sur les humides bords des royaumes du vent — La Fontaine (1621-1695)

  2. Imprégné de vapeurs aqueuses. Un air humide. Un linge, une chambre humide. Yeux humides, yeux mouillés de larmes. Un regard humide, se dit du regard d'un œil qui est légèrement mouillé, ce qui lui donne quelque chose de doux et de brillant à la fois. Dans le langage vulgaire, cerveau humide, se dit de la membrane qui tapisse les narines quand elle abonde en mucosités. Tempérament humide, tempérament qui abonde en pituite.

    Mme de Coulanges me disait l'autre jour : Quittez vos humides Rochers ; je lui répondis : Humide vous-même ; c'est Brévanes qui est humide — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Une humide froidure Aigrissait tout à coup les tourments que j'endure — Marie-Joseph Chénier (1764-1811)

  3. S. m. Terme de physique ancienne. Une des quatre premières qualités, opposée au sec. Le chaud et le froid, le sec et l'humide, sont les quatre principes actifs d'Aristote, ceux qui déterminent ses quatre éléments. Terme de l'ancienne médecine. L'humide radical, le fluide unique mais imaginaire qu'on supposait le principe de la vie des êtres organisés et le générateur de toute l'économie, ou le liquide qui, se rendant par la circulation aux divers tissus organiques, leur donne la consistance et la flexibilité convenables. Terme d'alchimie. Humide radical de la nature, le mercure préparé et purifié.

    Ou que Bernier compose et le sec et l'humide Des corps ronds et crochus errant parmi le vide — Boileau (1636-1711)

    L'humide radical dans mon cœur se dissipe, Mon esprit s'en altère, et mon corps s'en constipe — Scarron (1610-1660)

Étymologie : Provenç. humid. humit ; esp. húmedo ; port. humido ; ital. umido ; du lat. humidus, de humor, humeur.

Historique : XVIe s. Et sans craindre la froidure, Dessus l'humide verdure Bale au serain de la nuict

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui tient de la nature de l’eau. Il ne s’emploie guère qu’en poésie. L’humide élément, L’eau. Les humides plaines, l’humide empire, La mer. Substantivement, L’humide est opposé au sec.

  2. Il signifie plus ordinairement Qui est chargé de quelque substance ou vapeur aqueuse. La terre est encore tout humide. Un linge humide. Un lieu humide. Une chambre humide. Avoir les mains humides. Avoir les yeux humides de larmes. La température, le temps est humide. Un air humide. Ce climat, ce pays est froid et humide. L’hiver a été fort humide. Dans les temps humides. Après la saison humide.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • humides — pluriel — /ymidə/
  • humide — singulier — /ymidə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée humide#31848.

humide

nom, masculin

Grammaire et formes (2)
  • humides — pluriel
  • humide — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée humide#140377.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.