hôtel

hôtel

nom, masculin, /otɛl/

Définitions

  1. Établissement offrant un hébergement payant aux voyageurs.

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  2. Vaste demeure urbaine appartenant à un particulier fortuné.

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  3. Édifice public abritant certaines administrations.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Demeure somptueuse d'une personne éminente ou riche. Avoir un hôtel. Petit hôtel, s'est dit d'un petit bâtiment contigu à un hôtel et destiné au logement des officiers et à quelques usages subalternes. Aujourd'hui, petit hôtel, hôtel qui n'est pas grand. À louer un petit hôtel entre cour et jardin.

  2. Absolument. L'hôtel signifiait la maison du roi. Grand prévôt de l'hôtel. Maître des requêtes de l'hôtel. Comptes de l'hôtel des rois de France aux XIVe et XVe siècles, publiés par M. Douët d'Arcq. Autrefois, l'hôtel de la Comédie française, à cause que l'hôtel de Bourgogne servit longtemps aux représentations du Théâtre-Francais.

  3. Maître d'hôtel, officier qui dirige le service de table d'un prince, d'un seigneur, d'un riche particulier. Premier maître d'hôtel du roi. Maître d'hôtel ordinaire du roi, de chez le roi. En parlant du premier maître d'hôtel du roi, on disait le premier maître de l'hôtel.

  4. Terme de pratique et de procès-verbal. Demeure d'un conseiller ou d'un autre officier de justice.

  5. Autrefois, hôtel abbatial, la maison destinée au logement de l'abbé.

  6. Grand édifice destiné à des établissements publics. Hôtel du ministère des finances. Hôtel des monnaies, l'établissement où l'on fabrique les monnaies.

  7. Hôtel de ville, l'édifice où siége l'autorité municipale. Dans la révolution française. L'hôtel de ville, le pouvoir municipal. À Paris, hôtel de ville, siége de la préfecture du département de la Seine.

    Socrate dit qu'il croyait mériter d'être nourri le reste de sa vie dans l'hôtel de ville [prytanée] — Fénelon (1651-1715)

    Il [Félibien] est le premier qui, dans les inscriptions de l'hôtel de ville, ait donné à Louis XIV le nom de grand — Voltaire (1694-1778)

  8. Hôtel-Dieu, nom du principal hôpital d'une localité (avec une H majuscule). Fig.

    La vertu n'a ni feu ni lieu Autre part que dans l'Hôtel - Dieu — MAINARD

    Que la noblesse coure en poste à l'Hôtel-Dieu — Mathurin Régnier (1573-1613)

  9. Maison garnie, auberge. Il est descendu à l'hôtel du Grand-Cerf. Un hôtel bien tenu. L'hôtel du Louvre.

Étymologie : Bourguig. hoté, ôtau, maison ; franc-comtois, outeau ; wallon, osté, hosté ; provenç. hostal, ostal, ostau ; espagn. hostal ; ital. ostello ; du latin hospitalis, pris neutralement dans les langues romanes, au sens de demeure. Hospitalis vient de hospes (voy. HÔTE). L'italien ostello paraît plutôt venir d'une forme hospitallum. L'ancien français disait quelquefois hoste pour hôtel : Le seigneur de l'hoste C'est à hoste pris en ce sens que répond le génevois outa, cuisine ; vaudois, outo, oito ; valais, outto.

Historique : XIe s. Tut te durrai [donnerai], boens hom, quanque m'as quis, Lit et ostel e pain e carn e vin Guenes li quens [le comte] s'en vait à son ostel XIIe s. Il avoit à hostel [chez lui] les messages [messagers] Carlon Pese moi [il me pèse, je suis affligé] quant [je] fui onques en son ostel nourris, Puis qu'estre me convient [il faut] ses mortex enemis Par chascun ostel est cil deniers par an pris, Où il a de cinc solz de vif aveir le pris Li reis mandad Semeï, si vint devant lui, e il li dist : hostels te fai en Jerusalem XIIIe s. Chascuns prist ostel tel come lui plot, car assés i en avoit Lors …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Grande maison, demeure d’un riche particulier. L’hôtel du duc de Lauzun. Hôtel de Nesmond. L’hôtel Mortemart, L’hôtel du président de la Chambre des députés.

  2. Par extension, il se dit d’une Maison où n’habite qu’une seule famille. Un petit hôtel. un hôtel particulier.

  3. Il se disait autrefois, absolument, de la Maison du roi. Grand prévôt de l’hôtel. Maître des requêtes de l’hôtel.

  4. Maître d’hôtel se disait d’un Officier préposé pour avoir soin de ce qui regarde la table d’un prince, d’un grand seigneur, ou de riches particuliers, et qui faisait servir sur table. Il se dit aujourd’hui de Celui qui dirige le service des tables dans un grand restaurant.

  5. HÔTEL, se dit aussi de Certains grands édifices destinés à des établissements publics. L’hôtel de la Monnaie. L’hôtel de ville.

  6. Il signifiait autrefois établissement hospitalier. Il n’a plus cette ancienne acception que dans Hôtel des Invalides. Hôtel-Dieu. Administrateur de l’Hôtel-Dieu. Chirurgien, médecin, aumônier de l’Hôtel-Dieu.

  7. Il se dit encore d’une Grande maison garnie où descendent les voyageurs. Venez me voir à mon hôtel. Tenir un hôtel, un hôtel garni. Hôtel Terminus. Hôtel de France. Le Grand Hôtel. Descendre à l’hôtel. Vivre à l’hôtel. Garçon d’hôtel. Chambre d’hôtel. Hôtel borgne. Hôtel de dernier ordre, de mauvaise apparence.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • hôtels — pluriel — /otɛl/
  • hôtel — singulier — /otɛl/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée hôtel#32418.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.