horreur
nom, féminin, /oʁœʁ/ ou /ɔʁœʁ/
Définitions
Sentiment violent d'effroi mêlé de répulsion.
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Caractère de ce qui est atroce, épouvantable.
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Aversion profonde, dégoût extrême pour quelque chose ou quelqu'un.
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Fam. Chose ou personne extrêmement laide ou de très mauvais goût.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (16 sens)
Littré (1873)
s. f.
La sensation physique qui fait que la peau devient chair de poule et que les cheveux se hérissent.
La peau, se retirant sur elle-même, fera dresser les cheveux, dont elle enferme la racine, et causera ce mouvement qu'on appelle horreur — Bossuet (1627-1704)
D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent — Boileau (1636-1711)
Se dit des choses qui causent un sentiment d'effroi mêlé d'admiration, de respect, etc.
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible.... Perce la sainte horreur de ce livre divin — Boileau (1636-1711)
Et, dans la sacristie entrant, non sans terreur, En percent jusqu'au fond la ténébreuse horreur — Boileau (1636-1711)
Mouvement accompagné de frémissement et causé par quelque chose d'affreux. Ce spectacle nous glaça d'horreur. (Ce prologue a été attribué à la Prude dans l'édit. de Kehl ; il appartient à la comédie de l'Échange). Sentiments d'horreur. Faire horreur, exciter le sentiment de l'horreur. Familièrement et par exagération. Cela fait horreur, est à faire horreur, se dit d'une chose extrêmement laide, ou faite sans goût, sans habileté. Familièrement. C'est une horreur, c'est une personne, une chose affreuse. Fi ! l'horreur ! se dit pour marquer la répugnance. Ah ! l'horreur, se dit dans le même sens.
Et délivre mes yeux de l'horreur de te voir — Pierre Corneille (1606-1684)
Mais par la sainte horreur que vous fait l'infamie — Pierre Corneille (1606-1684)
Haine, aversion, dégoût, exécration. Avoir horreur de, éprouver une aversion mêlée de dégoût. Être en horreur à quelqu'un, lui inspirer une haine mêlée d'horreur. Objet d'horreur.
L'injuste horreur qu'elle [Rome] eut toujours des rois — Pierre Corneille (1606-1684)
Que la vertu du fils.... Vainque la juste horreur que vous avez du père — Pierre Corneille (1606-1684)
Horreur du vide, antipathie par laquelle on supposait que la nature tendait toujours à combler les vides à mesure qu'ils se formaient.
Que la pesanteur de la masse de l'air produit tous les effets qu'on a jusques ici attribués à l'horreur du vide — Pascal (1623-1662)
C'est d'un semblable raisonnement que l'horreur de la nature pour le vide et cent autres chimères prirent naissance — Dortous de Mairan (1678-1771)
Ce que certaines choses ont d'effrayant, de sinistre. L'horreur d'un cachot. L'horreur des combats. L'horreur d'un supplice, la cruauté d'un supplice. Fig. Il se dit des souffrances morales. Vous ne connaissez pas toute l'horreur de sa situation. Pour comble d'horreur. L'horreur de ma misère. Une belle horreur, se dit des choses qui font éprouver un sentiment d'effroi mêlé d'admiration. La belle horreur d'un orage. Il se dit au pluriel dans un sens analogue. Les horreurs de la guerre, de la famine. Être en proie aux horreurs de la misère. Les horreurs de la mort, les angoisses de l'agonie. Par extension.
Après que j'aurai vu trébucher son orgueil De son char de triomphe en l'horreur du cercueil — Rotrou (1609-1650)
L'hiver est ici dans toute son horreur ; je suis dans les jardins ou au coin de mon feu ; on ne peut s'amuser à rien — Mme de Sévigné (1626-1696)
L'énormité d'une action cruelle, infâme. Il se dit au pluriel dans le même sens. La vie de ce tyran n'est qu'un tissu d'horreurs.
Quelle horreur d'embrasser un homme dont l'épée De toute ma famille a la trame coupée ! — Pierre Corneille (1606-1684)
On fait plus, on m'impute un coup si plein d'horreur Pour me faire un passage à vous percer le cœur — Pierre Corneille (1606-1684)
Les choses déshonorantes qu'on attribue à quelqu'un. On m'a dit des horreurs de cet homme-là. Par extension et plaisanterie.
Pour moi qui, quoique très jeune alors, ai vu naître toutes ces horreurs [libelles diffamatoires], je sais très bien que l'envie en fut la seule cause — Voltaire (1694-1778)
Existe-t-il, a-t-il jamais existé un méchant assez artificieux pour donner de la consistance aux horreurs qu'il débite d'autrui par les horreurs qu'il confesse de lui-même ? — Diderot (1713-1784)
Très familièrement. Injure. Il nous a dit des horreurs. Propos obscènes. Il s'approcha de cette femme et lui débita mille horreurs.
Étymologie : Provenç. horror, orror ; espagn. horror ; ital. orrore ; du lat. horrorem, horrere, avoir en horreur, se hérisser, causatif du radical sanscrit, harsch, hérisser. Suivant un mauvais désir de latinisme, on tenta, au XVIe siècle, de faire horreur du masculin comme tant d'autres noms en eur.
Historique : XIIe s. De poür [de peur] li cuilverz trestremble, Fremist, mue colors sovent..., Quant de l'orror sis cuers [son cœur] s'effreie El horror [en l'horreur] de la nocturneil vision, cant li songes suet [a coutume de] parpenre les hommes.... XIVe s. Et comme je pleins de paour et de horreur o [avec] grant reverence... XVe s. Li crestien n'ont pas horreur De mariage, ains à honneur Le tiennent et à chose honneste XVIe s. Encores qu'il n'y eust point d'enfers, si a elle [l'âme] horreur de l'offenser [Dieu] Ainsi combien que de propos deliberé il s'estudiast à mespriser Dieu, si falloit-il que maugr…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Mouvement de l’âme généralement accompagné d’un frémissement physique, d’un frisson du corps et causé par quelque chose d’affreux, de révoltant ou de terrible. Je frémis d’horreur. Ses cheveux se hérissent d’horreur. être saisi d’horreur. Pâlir d’horreur. Ce spectacle nous glaça d’horreur. Un cri d’horreur. L’horreur de la mort, l’horreur du supplice ébranla son courage. J’ai horreur de le dire. Cela fait horreur à penser. On n’y saurait penser sans horreur, qu’avec horreur.
L’horreur d’un supplice signifie aussi la Cruauté d’un supplice. L’horreur d’un tel supplice, l’horreur de ces tourments n’émut point son courage.
Fam., Cela fait horreur, est à faire horreur, se dit par exagération, d’une Chose extrêmement laide dans son genre, ou faite sans goût, sans habileté.
Fam., C’est une horreur, se dit d’une Personne extrêmement laide. Vous disiez que c’était une jolie femme, c’est une horreur. Il se dit également d’une Chose extrêmement laide ou défectueuse dans son genre. Vous vantiez ce logement comme agréable et commode, mais c’est une horreur!
Fam., Fi! l’horreur! se dit quelquefois lorsqu’on veut marquer la répugnance qu’on a pour quelqu’un ou pour quelque chose.
On l’emploie quelquefois en plaisantant : Petite horreur!
C’est une belle horreur, se dit des Choses qui font éprouver un sentiment d’effroi mêlé d’admiration, comme une grande tempête, un vaste incendie, etc.
Il signifie aussi Répulsion violente que vous cause une personne ou une chose effrayante ou haïssable. Avoir horreur du vice, du péché. Avoir, concevoir de l’horreur pour quelqu’un, pour quelque chose. Avoir, prendre une chose en horreur. Inspirer l’horreur du vice. On ne saurait inspirer trop d’horreur pour le mensonge. C’est un objet d’horreur. Avoir l’horreur de la solitude.
être en horreur à quelqu’un, être l’horreur de quelqu’un, Lui inspirer une répulsion mêlée de haine. L’existence lui est en horreur. Il est l’horreur de ses semblables. C’est l’horreur du genre humain.
Il désigne encore Un certain saisissement de crainte mystérieuse et de mystère. La forêt, la lande, la solitude, les ténèbres inspirent une certaine horreur. Une divine horreur s’emparait de la prêtresse.
Il se dit également de Ce qu’ont d’horrible, d’effrayant ou de sinistre certains lieux ou certains objets. L’horreur d’un cachot. L’horreur des combats. Partout régnaient le carnage et l’horreur. Un silence plein d’horreur. Quel spectacle d’horreur! Fig., Il comprit alors toute l’horreur de sa situation. Quand vous connaîtrez toute l’horreur de ma misère. Pour comble d’horreur.
Il se dit souvent, au pluriel, des Choses horribles ou désastreuses, des maux extrêmes, des privations cruelles. Les horreurs de la guerre. Les horreurs du carnage. Les horreurs de la captivité. Cette ville éprouva toutes les horreurs de la famine. être en proie aux horreurs de la misère.
Les horreurs de la mort, Les angoisses que l’on éprouve ordinairement au moment de mourir. Au milieu des horreurs de la mort, il souriait encore à ses amis.
Il se prend encore pour l’énormité d’une mauvaise action, d’une action cruelle, infâme, etc. L’horreur du crime, du vice, du péché, est telle que... Pour vous faire comprendre l’horreur de cette action, il suffit de dire que...
Il se dit également des Choses mêmes qui sont atroces, infâmes, etc. Ce qu’il a fait est une horreur. La vie de ce tyran n’est qu’un tissu d’horreurs. Le récit de tant d’horreurs épouvante. Il a fait, il a dit, il a vomi des horreurs, mille horreurs. On prétend qu’il se commet des horreurs dans ce pays-là. De telles horreurs se conçoivent à peine.
Il se dit, particulièrement, des Choses déshonorantes qu’on attribue à quelqu’un; et alors il s’emploie toujours au pluriel. On m’a dit des horreurs de cet homme-là. Ces deux hommes publient des horreurs l’un contre l’autre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- horreurs — pluriel — /ɔʁœʁ/ ou /oʁœʁ/
- horreur — singulier — /ɔʁœʁ/ ou /oʁœʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée horreur#31697.