héros
nom, masculin, /ɛʁo/ ou /eʁo/
Voir aussi : forme féminine héroïne
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terme d'antiquité. Nom donné dans Homère aux hommes d'un courage et d'un mérite supérieur, favoris particuliers des dieux, et dans Hésiode à ceux qu'on disait fils d'un dieu et d'une mortelle ou d'une déesse et d'un mortel.
Ce héros [Achille] si terrible au reste des humains.... Elle l'a vu pleurer et changer de visage — Jean Racine (1639-1699)
Le peuple lui décerna [à Gélon] les honneurs qu'on rendait alors aux demi-dieux, appelés autrement les héros — Rollin (1661-1741)
Fig. Ceux qui se distinguent par une valeur extraordinaire ou des succès éclatants à la guerre. Adjectivement.
C'est un sujet de consolation pour notre pauvre humanité, de voir qu'il y a eu de l'homme dans les héros — Guez de Balzac (1597-1654)
Un héros arrêté n'a que deux bras à lui — Pierre Corneille (1606-1684)
Tout homme qui se distingue par la force du caractère, la grandeur d'âme, une haute vertu. On l'emploie quelquefois en ce sens par plaisanterie. Il a pris médecine en héros.
C'est du fils d'un tyran que j'ai fait ce héros — Pierre Corneille (1606-1684)
Ouvrez les yeux, chrétiens, et regardez ce héros dont nous pouvons dire comme saint Paulin disait du grand Théodose, que nous voyons en Louis, non un roi, mais un serviteur de Jésus-Christ, et un prince qui s'élève au-dessus des hommes plus encore par sa foi que par sa couronne — Bossuet (1627-1704)
Terme de littérature. Personnage principal d'un poëme, d'un roman, d'une pièce de théâtre. Achille est le héros de l'Iliade. Le personnage qu'on loue dans une solennité. Héros de roman, héros qui figurent dans les romans de Mlle Scudéry [la Clélie, le Cyrus] et dont Boileau s'est moqué. Par extension. Héros de roman, personnage à qui il est arrivé des aventures extraordinaires. Le héros d'une aventure, celui à qui elle est arrivée.
....Un écrivain qui s'aime Forme tous ses héros semblables à soi-même — Boileau (1636-1711)
La solennité des éloges veut presque être soutenue par le faste du héros qu'on loue ; et il semble que l'orateur n'a jamais plus besoin d'art que lorsqu'il n'a qu'à louer la vérité et la justice — Massillon (1663-1742)
Le héros d'une chose, celui qui y brille d'une manière excellente en bien ou en mal. Le héros du jour, l'homme qui, en un certain moment, attire sur soi toute l'attention du public. Le héros de la fête, celui pour qui elle se donne. Familièrement. C'est son héros, c'est l'objet de son admiration.
Des pécheurs qu'on regardait comme des héros dans l'impiété — Massillon (1663-1742)
Protecteur de mon sang, héros de l'amitié — Voltaire (1694-1778)
Papillon diurne. Il n'y a point de héros pour son valet de chambre, ceux qui vivent très près d'un homme connaissent les faiblesses, les défauts, les vices qui échappent à la vue du public.
Étymologie : Lat. heros, de ἥρως, héros, qui se rattache au sanscrit vĭra, héros, lat. vir ; ἥρως est du petit nombre des mots où l'esprit rude représente un v et non une s.
Historique : XIVe s. Heros, telz sont comme Diex ou anges XVIe s. Telle troupe d'heros, l'eslite de la Grece, Accompagnoient Jason d'un cœur plein d'allegresse
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Demi-dieu de l’antiquité. Les héros de la Fable. Hercule, Achille, énée étaient des héros.
Il se dit plus ordinairement de Ceux qui se distinguent par une valeur extraordinaire, qui obtiennent à la guerre des succès éclatants, qui exécutent de grandes et périlleuses entreprises. Les héros de l’Iliade. Les héros de l’antiquité. Vaillant héros. Il mourut en héros. Le modèle des héros.
Il se dit, dans un sens plus général, de Tout homme qui se distingue par l’élévation et la force du caractère, par une grande noblesse d’âme, par quelque haute vertu. Il s’est comporté en héros. C’est un héros de sagesse, de désintéressement, de constance, etc. On l’emploie quelquefois en ce sens par plaisanterie.
Le héros d’un poème, d’un conte, d’un roman, d’une pièce de théâtre, etc., Le principal personnage d’un poème, d’un conte, etc. Achille est le héros de l’Iliade. énée est le héros de l’énéide. Le héros de ce drame passe par toutes sortes d’épreuves.
Fig. et fam., Un héros de roman, Un personnage qui, par ses dons, ses allures, ses actes, parle à l’imagination.
Fam., Le héros d’une aventure, Celui à qui elle est arrivée, qui en a été le principal acteur. Il a été le héros de plus d’une aventure. C’est le héros de l’aventure que je vous ai contée. L’aventure dont il fut le triste héros.
Fig. et fam., Le héros de la fête, Le personnage pour qui elle se donne.
Fig. et fam., Vous êtes son héros, Vous êtes l’objet de son admiration. C’est son héros, il ne cesse de le vanter.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- héros — forme de base — /eʁo/ ou /ɛʁo/
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