hérésie

hérésie

nom, féminin, /eʁezi/ ou /ɛʁɛzi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Opinion fausse, en matière de foi, condamnée dans les formes prescrites par l'Église. Cet homme ne fera point d'hérésie, locution proverbiale qui se dit d'un homme de peu d'esprit.

    Je craignais, mon père, que votre dessein ne fût de rendre ces personnes hérétiques, sans qu'ils le fussent, comme parle le même pape [saint Grégoire] sur une dispute pareille de son temps, parce, dit-il, que ce n'est pas s'opposer aux hérésies, mais c'est faire une hérésie que de refuser de croire ceux qui, par leur confession, témoignent d'être dans la véritable foi — Pascal (1623-1662)

    N'est-il pas vrai que, si l'on demande en quoi consiste l'hérésie de ceux que vous appelez jansénistes, on répondra incontinent que c'est en ce que ces gens-là disent : que les commandements de Dieu sont impossibles, qu'on ne peut résister à la grâce.... — Pascal (1623-1662)

  2. Par extension et familièrement, doctrine, maxime en opposition avec les idées reçues. Une hérésie en littérature, en médecine. Ce que vous dites là est une hérésie. Hérésie en amour, locution dont on se sert pour exprimer honnêtement des habitudes honteuses ou la pédérastie.

Étymologie : Provenç. heregia, eretgia ; esp. heregia ; ital. eresia ; mot formé sur le modèle des noms en ie, ia, et dérivé du lat. hæresis, qui vient du grec αἵρεσις, choix, opinion, de αἱρεῖν, prendre.

Historique : XIIe s. Dementieres que firent li fil à l'aversier [les fils du diable] Cele grant heresie [le meurtre de Thomas] dedenz le saint mustier XIIIe s. Pour ce, dame, vous loe [je vous conseille] à escuser, Que cil ne soient atains de l'iresie [suspects d'hérésie en amour], Qui desormais ne vous vorront [voudront] amer Especialement vilains seremens et heresie fai abatre à ton pooir XVe s. George Vernoys fut accusé de crime de heresie [sorcellerie] et de faire mourir et languir par sort et art magique plusieurs gens et bestail XVIe s. Ce mot d'heresie, grec, depuis transplanté dedans Rome, qui sign…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Doctrine contraire à la foi catholique, erreur condamnée par l’église en matière de religion. L’hérésie d’Arius. L’hérésie de Luther. L’hérésie de Calvin. Enseigner, semer une hérésie. Adhérer à l’hérésie. Abjurer l’hérésie. Combattre l’hérésie.

  2. Il se dit, par extension, d’une Doctrine contraire à une religion établie.

  3. Fam., Il ne fera point d’hérésie, se dit d’un Homme sans esprit.

  4. Il se dit quelquefois, par extension et familièrement, d’une Doctrine, d’une maxime quelconque, lorsqu’elle est en opposition avec les idées reçues. Hérésie littéraire. Hérésie économique. Tous ces principes sont autant d’hérésies en littérature, en médecine, en art, etc. Ce que vous dites là est une hérésie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • hérésies — pluriel — /eʁezi/ ou /ɛʁɛzi/
  • hérésie — singulier — /eʁezi/ ou /ɛʁɛzi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée hérésie#32382.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.