hère
nom, masculin, /ɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Terme de mépris. Homme sans considération, sans fortune.
Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères et pauvres diables — La Fontaine (1621-1695)
Un villageois, un hère, un pauvre diable — La Fontaine (1621-1695)
Espèce de jeu de cartes qui se joue entre plusieurs personnes et où il n y a qu'un seul des joueurs qui gagne, dit aussi l'as qui court.
Je voudrais qu'il mît les échecs à la place du hère — Mme de Sévigné (1626-1696)
Le 19 janvier 1686, le soir il y eut appartement ; Monseigneur y joua au hère et ensuite au lansquenet — Dangeau (1638-1720)
Étymologie : Haute-Normandie, la hère, la dame, la maîtresse. Origine douteuse. Diez pense qu'il vient de l'allemand Herr, maître, seigneur. Il est sûr que certains mots étrangers ont passé dans le français avec un sens péjoratif ; par exemple, l'allemand Ross, cheval de guerre, coursier, qui a donné rosse. On peut mettre en avant le latin herus, maître ; il faudrait aussi y admettre un sens péjoratif. Si le mot est récent, il vient plutôt de l'allemand que du latin ; c'est l'inverse s'il est ancien ; et sa présence en Normandie avec un sens honorable fait croire qu'il est plus ancien qu'il ne paraît d'apr
Historique : XVe s. Gros nez, qui te regarde à travers un grant verre Te juge encor plus beau ; Tu ne ressembles point au nez de quelque herre Qui ne boit que de l'eau XVIe s. Les haires ne rendent pas tousjours heres [continents] ceulx qui les portent Un renard, qu'il avoit fait nourrir petit ; et lui avoit-on fait couper la queue, et pour ce on l'appeloit le here Je voy que les generaux des finances et des vivres ont eu beau loisir d'y jouer dès le matin au here et au malcontent Je ne m'esbahy pas, si vous avez tant delayé, et tant fait troter de pauvres heres de deputés après vous
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Terme de chasse. Le jeune cerf depuis dix-huit mois jusqu'à deux ans.
Le faon de cerf ne porte ce nom que jusqu'à six mois environ ; alors les bosses commencent à paraître, et il prend le nom de hère jusqu'à ce que ces bosses, allongées en dagues, lui fassent prendre le nom de daguet — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Origine inconnue. Est-ce, dit M. Scheler, une expression métaphorique (hère, pauvre diable) ? Ou plutôt n'y aurait-il pas là le même radical qui a donné l'ancien haut allemand hiruz, allem. mod. Hirsch, cerf.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
T. de Chasse — Cerf d’un an.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- hères — pluriel — /ɛʁə/
- hère — singulier — /ɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée hère#32231.