hardi

hardi

adjectif, /aʁdi/

Définitions

  1. Qui ose entreprendre des choses risquées, courageux jusqu'à l'audace.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Qui fait preuve d'une audace excessive et déplacée, manquant de retenue ou de respect dans son attitude ou ses propos.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Qui dénote de l'audace ou de l'originalité, en parlant d'une idée, d'une œuvre ou d'un style.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Difficile ou risqué à soutenir, en parlant d'une opinion ou d'une doctrine.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui ose beaucoup. De hardis aventuriers. Hardi comme un lion. Il est très hardi auprès des femmes. Un hardi réformateur. Hardi à, suivi d'un infinitif. C'est un hardi joueur, se dit d'un homme qui joue gros jeu ou qui tient avec petit jeu. On dit dans le même sens : être hardi au jeu. Terme de fauconnerie. Rendre le faucon hardi, lui donner goût à la chasse.

    Il ne fallait pas un cœur moins hardi que le sien pour cette entreprise [présenter un hommage à une dame], et je ne sais encore comment elle lui réussira — Voiture (1597-1648)

    Un de nos fantassins, très bon nomenclateur, Du titre de hardi baptisant Monseigneur [le fils de Louis XIV], Le fera sous ce nom distinguer dans l'histoire — La Fontaine (1621-1695)

  2. Ferme, intrépide, assuré. Il avait la mine hardie en ce péril.

  3. En parlant des choses, qui dénote de la hardiesse. Un projet hardi. Une action, une entreprise hardie.

    Semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux vigoureux et bondissants — Bossuet (1627-1704)

    ....Si de mon propre sang ma main versant des flots N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots — Jean Racine (1639-1699)

  4. Insolent, effronté. Voilà un drôle bien hardi. Hardi comme un page. Un hardi coquin. Cette fille a l'air hardi.

    Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? — La Fontaine (1621-1695)

    Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Et qui lui ressemblait [à l'honneur] de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur — Boileau (1636-1711)

  5. Qu'il est dangereux ou difficile de soutenir, en parlant de doctrines, d'opinions, etc. Mettre en avant les idées les plus hardies. Les doctrines hardies des novateurs.

    Collins, magistrat de Londres, auteur du livre de la liberté de penser et de plusieurs autres ouvrages aussi hardis que philosophiques — Voltaire (1694-1778)

    La philosophie de Memmius est quelquefois un peu hardie ; on peut faire même reproche à celle de Cicéron et de tous les grands hommes de l'antiquité — Voltaire (1694-1778)

  6. Terme de littérature. Heureusement hasardé. Pensée, métaphore hardie. Un style hardi. Cela est bien hardi, c'est-à-dire c'est une licence, une alliance de mots qui étonne la critique et qu'elle n'ose ni approuver ni condamner. En termes d'art et de littérature, qui hasarde avec succès. Pinceau hardi. Ce maître d'écriture a la plume hardie. C'est une plume hardie, il a la plume hardie, se dit d'un auteur qui a un style hardi, et aussi d'un auteur qui écrit librement sur des matières délicates. Voltaire fut durant une grande partie du XVIIIe siècle une plume hardie.

    Il fallait que la scène [dans l'Orphelin de la Chine] fût dans une salle de Confucius.... que tout fût neuf et hardi, que rien ne se ressentît de ces misérables bienséances françaises.... — Voltaire (1694-1778)

    Il faudrait une main plus hardie que la mienne pour entreprendre de représenter ce qui est en vous et en elle — Voiture (1597-1648)

  7. Dans certains arts, conçu, exécuté avec une aisance qui ne dénote ni hésitation ni timidité. Le dessin de ce tableau est noble et hardi. Une écriture hardie. Le jeu de ce musicien est hardi. Exécution hardie. Des traits hardis. Il se dit aussi de certains ouvrages d'art qui ont quelque chose d'extraordinaire et de grand. Il y a dans ce tableau des poses très hardies. En architecture, il se dit des ouvrages qui, malgré leur masse, présentent élégance et légèreté. Les cathédrales gothiques sont hardies. Un clocher hardi. Un escalier hardi.

    Ces angles, ces fossés, ces hardis boulevards — Voltaire (1694-1778)

    Ces hardis monuments que l'univers admire.... — Voltaire (1694-1778)

  8. Terme de manége. Branche hardie, branche du mors dont le levier forme une longue saillie. Les branches hardies servent à ramener la tête du cheval.

  9. Hardi, loc. interj. qui sert à exciter. Il n'y a rien si hardi qu'une chemise de meunier, parce qu'elle prend tous les matins un larron au collet.

    Là, hardi ! tâche à faire un effort généreux En le tuant, tandis qu'il tourne le derrière — Molière (1622-1673)

Étymologie : Provenc. ardit ; ital. ardito. Hardit est le participe du verbe hardir, que nous disons aujourd'hui enhardir ; hardir répond à l'ancien haut allemand hartjan, endurcir, rendre fort, de l'anc. haut all. harti, dur, en parlant des choses, fort, hardi, en parlant des personnes. La loi de Grimm ramène directement harti au sanscrit kratu, celui qui achève et aussi puissance ; c'est le grec ϰρατὺς, fort.

Historique : XIe s. Sur tute gent est la tue [tienne] hardie Li quens [le comte] Rabels est chevaliers hardiz XIIe s. Et de bataille hardis et enseignés Car je ne sui si forz ne si hardiz Qu'envers Amor [je] me peüsse contendre Onc n'i ot si hardi ne tremblast com larron Li plus hardi des trois voussist [voudrait] estre à Paris XIIIe s. Sachiés qu'il n'i ot si hardi à qui la char ne fremesist Mais plus hardie chose [que Pepin] ne fut onque choisie [vue] Ne cuida pas mes peres li rois au cuer hardit Il est establi, et de novel, que nus [nul] sers, ne nule serve ne soit si hardis qu'il face de son fils clerc…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. qui est audacieux, entreprenant, qui se hasarde courageusement, qui ose beaucoup. Hardi comme un lion. De hardis aventuriers. Il est très hardi auprès des femmes. Il fut très hardi dans ses réponses. Un hardi réformateur. On dit de même être hardi à parler, à entreprendre, etc.

  2. C’est un hardi joueur, se dit d’un Homme qui joue ordinairement gros jeu, ou qui joue une grosse somme avec un jeu médiocre. On dit dans le même sens être hardi au jeu.

  3. Il se dit quelquefois pour Ferme, intrépide, assuré. Avoir la mine hardie, la contenance hardie.

  4. Il se dit aussi pour Insolent, impudent, effronté. C’est être bien hardi que répondre de la sorte. Cette fille a l’air hardi. Manières hardies. Ton hardi. C’est un hardi coquin, un hardi menteur, etc.

  5. Il se dit encore, surtout dans le premier sens, des Choses qui sont faites ou dites hardiment. Action hardie. Attaque hardie. Entreprise hardie. De hardis projets. Il a fait un coup bien hardi. Discours hardi. Le mot est hardi. Réponse, parole hardie.

  6. Il se dit particulièrement des Propositions, des opinions, des doctrines, etc., qu’il est difficile ou dangereux de soutenir. Cette proposition me paraît bien hardie. Il mit en avant les idées les plus hardies.

  7. Il se dit également, dans les ouvrages d’esprit, de Ce qui est heureusement hasardé, de ce qui s’élève au-dessus des règles communes. Pensée hardie. Figure, métaphore, image hardie. Expression hardie. Le style de cet auteur est hardi.

  8. Il se dit aussi par euphémisme de Certains écrits ou de certains spectacles qui ont quelque chose de risqué, qui choquent les convenances. Il y a dans ce roman des passages hardis qui risquent de faire scandale.

  9. Cela est bien hardi, se dit quelquefois d’une Licence, d’une alliance de mots, etc., que la critique ne saurait approuver, mais qu’elle n’ose condamner.

  10. Il se dit aussi, en termes de Beaux-Arts ou d’Arts, en parlant de la Manière d’exécuter, d’opérer, et signifie Qui est libre, franc, qui ne marque point d’hésitation, de timidité. Ce chirurgien a la main hardie. Ce peintre a le pinceau hardi, une manière hardie, la touche hardie. Dessin hardi. Ce musicien a le jeu hardi. Exécution hardie.

  11. Fig., C’est une plume hardie, il a la plume hardie, etc., se dit d’un Auteur qui a un style hardi, qui emploie souvent des expressions hardies; ou d’un Auteur qui écrit librement sur des matières délicates.

  12. Il se dit encore, en termes de Beaux-Arts, de Certains ouvrages qui ont quelque chose d’extraordinaire et de risqué. Il y a dans ce tableau des poses très hardies. Il se dit aussi des Ouvrages d’architecture qui sont d’une légèreté, d’une élégance que leur masse ou leur élévation, etc., ne semble pas comporter. Voilà une voûte bien hardie. Une construction d’une élégance hardie.

  13. Hardi! s’emploie comme interjection pour encourager. Hardi, les gars! Hardi, les enfants!

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • hardies — pluriel féminin — /aʁdi/
  • hardis — pluriel masculin — /aʁdi/
  • hardie — singulier féminin — /aʁdi/
  • hardi — singulier masculin — /aʁdi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée hardi#31132.

hardi

interjection

Grammaire et formes (1)
  • hardi — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée hardi#139652.

hardi

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine hardie

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1877 (1 sens)

Littré — Supplément (1877) — entrée 2

s. m.

  1. Nom d'une ancienne monnaie qui avait surtout cours en Guyenne sous la domination anglaise, et qui valait trois deniers tournois.

    Le 18 octobre 1467, Louis XI, ayant trouvé avantageuse dans le système duodécimal cette coupure de la valeur de trois deniers, prescrivit de frapper des hardis, copiés de ceux d'Angleterre ; ils étaient à trois deniers de loi, c'est-à-dire qu'ils contenaient un quart de leur poids d'argent fin, tandis que le denier tournois n'était qu'à un denier de loi — DE SAULCY

Étymologie : Bas-lat. ardicus, arditus, DU CANGE, ainsi dit soit de Philippe III, surnommé le Hardi, soit de Richard 1er, roi d'Angleterre, qui eut le même surnom.

Historique : XVe s. Avons ordonné que doresenavant sera levé pour nous en la ville [Bayonne] le droit de l'asize, qui y est accoustumé de lever, c'est assavoir de soixante hardiz ung (1451)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • hardis — pluriel
  • hardi — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée hardi#101382.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.