Littré (1873)
s. f.
Discours fait à une assemblée, à un prince ou à quelque autre personne élevée en dignité.
Le député vint donc et fit cette harangue : Romains, et vous, sénat, assis pour m'écouter — La Fontaine (1621-1695)
Le coadjuteur a fait la plus belle harangue qu'il est possible — Mme de Sévigné (1626-1696)
Par extension, un discours quelconque.
Il ne me reste que la langue Pour vous faire cette harangue — Mathurin Régnier (1573-1613)
Je ne vous ferai point de harangue importune — Pierre Corneille (1606-1684)
Familièrement. Discours ennuyeux, longue remontrance. Quand aura-t-il fini sa harangue ? Voy. à DISCOURS, où la synonymie est exposée.
Étymologie : Provenç. arengua ; espagn. et portug arenga ; ital. aringa, harangue, aringo, lieu où l'on harangue ; de l'anc. h. allem. hring, cercle, assemblée ; allem. mod. Ring, cercle, anneau. Les étymologistes rattachent hring au latin circus, au grec ϰύϰλος, cercle, en sanscrit çakra, roue.
Historique : XVe s. Et par si bel ordre, si notable arenge, l'ot dit que tous en furent esmerveilliez XVIe s. Une piteuse et lamentable harangue Ainsi pour vray, que mon cueur et ma langue Disoient d'accord si piteuse harengue Le tiers estat donna charge à Versoris [leur orateur] d'ajouster quatre points à son harangue Son ministre l'advertit de faire un mot de harangue : à gens de bien courte harangue, dist le bon homme....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).