haleine
nom, féminin, /alɛnə/
Définitions
Air expiré par les poumons, en particulier son odeur.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Capacité respiratoire d'une personne, souffle dont dispose son organisme à l'effort.
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Fig. État d'attente et d'intérêt soutenu dans lequel on maintient quelqu'un ou quelque chose, par analogie avec la durée d'un effort.
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Fig. État d'attente ou d'intérêt soutenu dans lequel on maintient autrui par ses paroles ou ses actions.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (16 sens)
Littré (1873)
s. f.
L'air qui sort des poumons, pendant l'expiration. Une douce haleine. Une haleine forte, une haleine qui a une odeur désagréable. Il y avait beaucoup de monde et les haleines échauffaient la salle. Retenir son haleine, suspendre momentanément sa respiration ; et fig. ne faire aucun bruit. Par plaisanterie. Cet homme serait bon trompette, il a l'haleine forte, se dit, par un jeu de mot sur haleine, de celui dont l'haleine sent mauvais.
À grand'peine ose-t-il son haleine tirer — Mathurin Régnier (1573-1613)
Embaumé d'une haleine Plus douce que l'œillet — Mathurin Régnier (1573-1613)
La faculté de respirer. Ce cheval a beaucoup d'haleine et de vigueur. Sans haleine, succombant à la fatigue, presque évanoui. À perdre haleine, à perte d'haleine, en allant jusqu'à s'essouffler, en faisant de grands efforts. Fig. Faire des discours, tenir des discours à perte d'haleine, faire des discours vains et interminables. Prendre haleine, respirer à son aise. Fig. Prendre haleine, prendre repos et forces. Reprendre son haleine, recommencer à respirer après une interruption accidentelle plus ou moins longue. Fig. Reprendre haleine, se reposer, reprendre des forces. Donner haleine à son cheval, le mener quelque temps au pas, après l'avoir fait galoper.
Tout hors d'haleine il prend pourtant sa place — Pierre Corneille (1606-1684)
Enfin, perdant haleine après ces grands efforts — Pierre Corneille (1606-1684)
La faculté d'être un certain temps sans respirer. Il faut qu'un plongeur ait beaucoup d'haleine. Avoir l'haleine longue, l'haleine courte. Fig. Tout d'une haleine, sans reprendre haleine. Boire un grand coup tout d'une haleine. Fig. Débiter, réciter un discours tout d'une haleine, sans s'arrêter. Fig. D'une haleine, de suite, sans interruption. Période de longue haleine, phrase longue à prononcer. Fig. De longue haleine, qui exige temps et efforts. Un ouvrage de longue haleine. D'haleine, s'est dit pour de longue haleine. Courte haleine, essoufflement, respiration difficile et fréquente. Fig. et familièrement. Cet auteur a la courte haleine ou l'haleine courte, il a peu de facilité et d'abondance. Terme de manége. Cheval gros d'haleine, ou court d'haleine, cheval qui souffle extraordinairement quand il galope, quoiqu'il ne soit pas poussif.
Quand on demande des grâces aux puissants de ce monde, et qu'on a le cœur bien placé, on a toujours l'haleine courte — Marivaux (1688-1763)
Ne me grondez point sur la longueur de mes lettres, je ne les écris point tout d'une haleine, je les reprends, et, bien loin de me donner de la peine, c'est mon unique plaisir — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il se dit des vents. Dans le langage ordinaire, haleine de vent, un léger souffle. Il ne fait pas une haleine de vent.
Les vents retenaient leurs haleines — Fénelon (1651-1715)
Sitôt.... Que des zéphyrs nouveaux les fécondes haleines.... — Regnard (1655-1709)
Fig. Force, capacité.
On doit selon sa force entreprendre la peine, Et se donner de ton autant qu'on a d'haleine — Mathurin Régnier (1573-1613)
Moi qui n'ai ni l'esprit, ni l'haleine assez forte, Pour te suivre de près — Mathurin Régnier (1573-1613)
En haleine, loc. adv. En exercice, en habitude de travailler soit de corps, soit d'esprit. Fig. Tenir quelqu'un en haleine, signifie quelquefois tenir dans un état d'incertitude mêlé d'espérance et de crainte. Être en haleine, être en train de faire quelque chose. Achevons, puisque nous sommes encore en haleine. Être en haleine, signifie aussi être en bonne disposition pour faire quelque chose. Il faut que j'interrompe mon travail, je ne suis pas en haleine, je n'avance pas. Terme de manége. N'être pas en haleine, se dit d'un cheval qui est demeuré longtemps à l'écurie.
Pour me remettre en haleine — Molière (1622-1673)
Son dessein est de les [ses disciples] tenir toujours en haleine, et de les empêcher d'être jamais satisfaits d'eux-mêmes, quelque fidélité qu'ils puissent avoir eue pour les pratiques de leur règle — Bossuet (1627-1704)
Haleine de Jupiter, le diosme.
Étymologie : Voy. HALENER ; Berry, halein, s. m. ; provenç. alen, s. m. et alena, s. f. ; anc. ital. alena ; ital. mod. lena.
Historique : XIe s. Ce dist li reis : cel cor a longue aleine XIIe s. Forz fu l'alene [du cor], la voix en fut moult granz XIIIe s. Et quant l'aleine douce vente Qui vient de cel douz païs Où cil est qui m'atalente.... À cest mot [elle] chet pasmée sans vois et sans aleine Mais li vilains s'est efforciez, Si a repris cuer et alaine Tant qu'il est à la grosse alaine S'el set qu'ele ait mauvese alaine, Ne li doist estre grief ne paine De garder que ja ne jeüne, Ne qu'el ne parole jeüne, Et gart s'el puet si bien sa bouche, Que près du nez as gens ne touche Douce alene ot et savorée ....il [Narcisse] ot soif …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Le souffle de la respiration, l’air attiré et repoussé par les poumons. Avoir l’haleine fraîche comme celle d’un enfant. Avoir l’haleine forte. Haleine de malade. Cela gâte l’haleine. Ternir un verre, un miroir avec son haleine. Se réchauffer les doigts avec son haleine. Retenir son haleine. Avoir mauvaise haleine, Avoir une haleine d’une odeur désagréable dénotant un mauvais état général. Poétiq., L’haleine des vents, Le souffle des vents.
Il se dit aussi de la Faculté de respirer. Perdre haleine. être hors d’haleine. Se mettre hors d’haleine. Il chante, il rit à perdre haleine. Courir à perte d’haleine.
Fig., Faire des discours, tenir des discours à perte d’haleine, Faire des discours vains et vagues, et d’une longueur importune.
Prendre haleine, Respirer à son aise; et, figurément, Se reposer pour prendre ses forces.
Reprendre son haleine, Recommencer à respirer après une interruption accidentelle plus ou moins longue; et, figurément, Reprendre haleine, Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, à travailler, etc.
Donner haleine à son cheval, Le mener quelque temps au pas, après l’avoir mené au galop.
Il se dit encore de la Faculté d’être un certain temps sans respirer. Il faut qu’un plongeur, qu’un coureur ait beaucoup d’haleine. Cet orateur, ce lecteur a beaucoup d’haleine. Ce cheval a beaucoup d’haleine. Il n’a point d’haleine.
Boire un grand coup tout d’une haleine, Le boire tout d’un trait, sans reprendre haleine.
Réciter, débiter une tirade, un discours, etc., tout d’une haleine, Sans se reposer et sans que la mémoire hésite.
Fig., Tout d’une haleine, Sans intermission. J’ai écrit ces pages tout d’une haleine.
Courte haleine, Essoufflement, respiration difficile et fréquente. Avoir la courte haleine. On dit aussi Avoir l’haleine courte.
Fig., Cet auteur a l’haleine courte, Il n’a pas d’abondance, il est bientôt à bout d’idées.
Fig., Affaire, ouvrage de longue haleine, Affaire qui demande beaucoup de temps pour arriver à sa conclusion, ouvrage qui demande un long effort de composition. Cette négociation sera une affaire de longue haleine. Un poème épique est un ouvrage de longue haleine.
EN HALEINE, En exercice, en habitude de travailler, de faire bien et facilement quelque chose. Il se dit des Exercices du corps et de ceux de l’esprit. Il faut tenir les soldats en haleine. Mettre, tenir un cheval en haleine. Quand on veut être bon chasseur, il faut se tenir en haleine. Il fait quelques vers par-ci, par-là, pour se tenir en haleine.
Fig. et fam., Tenir quelqu’un en haleine signifie quelquefois Tenir quelqu’un dans un état d’incertitude mêlé d’espérance et de crainte.
être en haleine, être en train de faire quelque chose. Il faut achever cette besogne tandis que les ouvriers sont encore en haleine. Il signifie aussi être en disposition de faire quelque chose.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- haleines — pluriel — /alɛnə/
- haleine — singulier — /alɛnə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée haleine#31024.