haïe
interjection, /ai/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873)
Cri que font les charretiers pour animer leurs chevaux.
Fig. Et haïe au bout, et quelque chose par-dessus. Son emploi lui vaut par ans mille francs, et haïe au bout.
Aimable comtesse pour qui tout le monde a partout du respect et haïe au bout — Scarron (1610-1660)
Étymologie : Haïe n'est sans doute qu'un cri. Cependant, notez l'anglais to hie, se hâter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
Interj.
Un des cris que font les charretiers pour animer leurs chevaux. Haïe, haïe.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- haïe — forme de base — /ai/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée haïe#31239.
haie
interjection
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)
Littré (1873) — entrée 3
interj.
Exprime la douleur physique. Un enfant à qui on tire les cheveux dit haie ! haie ! Elle exprime aussi le chagrin.
Célie : Avoir ainsi traité Et la même innocence et la même bonté ! - Sganarelle : Haie ! — Molière (1622-1673)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée HAIE#sens3.
haie
nom, féminin, /ɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Terme de laboureur. Synonyme d'age, c'est-à-dire la pièce de bois arrondie qui reçoit l'attelage à son bout et les étançons soutenant le sep.
Étymologie : Bas-lat. haia carrucae, haie de charrette, ainsi dit par une assimilation quelconque, dans la charrette, avec la haie d'un champ. Au mot age il a été fait sur l'étymologie une conjecture qu'il faut remplacer par celle-ci plus probable : age peut être une altération, aussi bien pour la forme que pour le sens, du bas-lat. haga, haie ; haie, ayant le sens de age, montre un rapport entre ces deux mots.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Clôture faite d'arbres ou d'arbustes ou d'épines entrelacées, et destinée à protéger ou à limiter un champ, un jardin. Couper une haie. Fig. Haie vive, haie formée d'arbustes épineux en pleine végétation. Haie sèche ou haie morte, haie faite avec des branches de bois mort ou des morceaux de bois fendu. Terme de sport. Course de haies, course de chevaux où il faut franchir des haies. Fig. Trouver quelqu'un entre la haie et le blé, le trouver dans un endroit peu fréquenté. Anciennement, chasse à la haie, procédé de chasse dans lequel, formant entre des haies une voie qui conduisait à des filets, on forçait le gibier à l'aide de batteurs à s'engager entre ces haies.
Les haies de citronnier épaisses et tirées au cordeau, plus importantes et moins pénétrables que les clôtures de nos champs ; c'est là ce qui fait la plus grande différence de perspective, entre les campagnes de l'Amérique et celles de l'Europe — Raynal (1713-1796)
Si elle mit une garde de prudence sur ses lèvres pour les fermer à la médisance, elle mit aussi, selon le conseil du sage, une haie d'épines autour de ses oreilles pour arrêter et pour piquer les médisants — Fléchier (1632-1710)
Fig. Ce qui fait un obstacle comparé à une haie.
L'inégalité du terrain, et la grande étendue du front de la bataille, ne permettant pas à l'ennemi de continuer partout cette haie de boucliers et de piques — Rollin (1661-1741)
Ses frontières ne furent plus qu'une haie de places fortes — Raynal (1713-1796)
Fig. File de personnes ou de soldats, rangés comme l'est une haie. Border la haie et aussi former ou faire la haie, être rangé en haie, en parlant de troupes qui forment une longue ligne d'un seul côté ou de deux côtés sur le passage d'un personnage important, d'un cortége, etc. Quand le prince passe, les troupes bordent la haie.
Entre deux haies de troupes victorieuses — Fléchier (1632-1710)
Il est en haie quand ils [les ambassadeurs] reviennent de leur audience — La Bruyère (1645-1696)
Corvée qui consistait à réparer les haies du seigneur.
La disposition donnée aux briques qu'on veut faire sécher.
Terme de marine. Long banc d'écueil. Une haie de rochers. Plus la haie est basse, plus on y passe, c'est-à-dire une humeur trop facile encourage les gens malintentionnés.
Étymologie : Wallon, hâie ; bas-lat. haia, haga, de l'anc. h. allem. haga, haie ; allem. Hag ; angl. hedge ; flamand, haeghe. Ce mot n'a pas pénétré dans les autres langues romanes.
Historique : XIIIe s. En de sa li heughes [les haies] des fossés tout entour là ù li castiaus [château] fu jadis.... Les Sarrazins ont tant trait de leurs pyles [javelots] que il a aussi comme une grant haye qui vient ardant [brûlant] vers nostre chastel XIVe s. Pourra la comtesse de Roucy haier et faire haies pour la chasse desdits bois XVe s. Comme il et ses gens chevauchoient entre haies et buissons XVIe s. Les hayes d'Allemaigne [sorte de danse], frisques, Passe pieds, bransles, tourdions On luy dressoit des sentiers au travers des hayes de leurs bois On est surprins entre la haie et le fossé ; il faul…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Clôture faite d’arbustes taillés, ou seulement de branchages entrelacés. Une haie fort épaisse. Le long de la haie. Au travers de la haie. Derrière la haie.
Haie vive, Haie formée d’arbustes, ordinairement épineux, qui ont pris racine et qui sont en pleine végétation, par opposition à Haie morte ou sèche, Celle qui est formée d’épines ou d’autres bois morts entrelacés.
Course de haies, Course de chevaux où il faut franchir des haies naturelles ou factices.
Il se dit figurément d’Une ou de plusieurs files de personnes qui marchent ou sont postées, rangées quelque part pour une cérémonie. Le cortège funèbre s’avançait entre deux épaisses haies de spectateurs. Former la haie. Faire la haie. Rompre la haie.
En termes d’Agriculture, il se dit d’une Pièce de bois arrondie qui règne tout le long de la charrue et qu’on nomme aussi FLÈCHE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- haies — pluriel — /ɛ/
- haie — singulier — /ɛ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée haie#31014.