habitude
nom, féminin, /abitydə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme d'histoire naturelle. Conformation, configuration d'un végétal ou d'un animal. Terme de médecine. Habitude extérieure, habitude du corps, la constitution, l'aspect général du corps. Dans le langage général, habitude du corps, l'air qui résulte généralement du maintien, de la démarche, des attitudes. Reconnaître quelqu'un à l'habitude du corps.
Nous ignorons quelle sorte de respiration s'opère dans la chenille ; nous savons seulement qu'elle ne saurait respirer à la manière des grands animaux, puisque les parties qui font chez elle l'office de poumons, sont répandues dans toute l'habitude du corps et jusque dans le cerveau — Charles Bonnet (1720-1793)
Cette habitude du corps menue, grêle, noire et velue — Molière (1622-1673)
Par extension, disposition acquise par la répétition des mêmes actes. Prendre une habitude. Habitude se dit des animaux. Familièrement. C'est un homme d'habitude, le moindre changement dans sa manière de vivre le dérange. Fig. et familièrement, et dans le même même sens : C'est un animal, une bête d'habitude. Je suis bête d'habitude. Habitude avec la préposition de suivie d'un substantif ou d'un verbe. Habitude avec la préposition à suivie d'un substantif ou d'un verbe. Par habitude, pour obéir à ses propres habitudes. D'habitude, selon l'habitude qu'on a.
Si le péché dont on s'accuse est un péché d'habitude — Pascal (1623-1662)
Ceux qui sont dans les habitudes de crime contre la loi de Dieu — Pascal (1623-1662)
Bonne, mauvaise habitude, se dit particulièrement de certaines dispositions de corps ou d'esprit auxquelles on s'habitue. Prendre de bonnes, de mauvaises habitudes. Vous avez une mauvaise habitude, c'est de toujours disputer. Absolument. Avoir de mauvaises habitudes, se dit, par euphémisme, de l'onanisme.
Accès auprès de quelqu'un, fréquentation ordinaire. On dit, et surtout on disait, dans le même sens, faire des habitudes. Cultiver, entretenir ses habitudes. Acquérir des habitudes. Avoir une habitude, se dit quelquefois d'un commerce de galanterie. Ce jeune homme a une habitude qui le dérangera.
Vous avez habitude avec ce cavalier — Pierre Corneille (1606-1684)
L'amant et lui, comme étant gens d'étude, Avaient entre eux lié quelque habitude — La Fontaine (1621-1695)
Terme de liturgie. État d'un prêtre habitué. L'habitude est une autre nature, une seconde nature, c'est-à-dire elle a beaucoup d'influence sur l'esprit.
Étymologie : Lat. habitudinem, état extérieur, manière d'être, de habitum, supin de habere, avoir, être en un certain état.
Historique : XIVe s. Il va hors de bonne habitude ou habilité de corps XVe s. Habitude est une seconde nature XVIe s. Si c'estoit une habitude de vertu, et non une saillie T. Quintius luy dit un jour, semblant se mocquer de l'habitude de son corps : Ô Philopoemen, tu as bien belles mains et belles jambes, mais tu n'as point de ventre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Disposition acquise par des actes réitérés. Habitude enracinée, invétérée. Vieille habitude. Une longue, une grande habitude. Avoir l’habitude du cheval. Péché d’habitude. Contracter une habitude. Je m’en suis fait une douce habitude. Faire quelque chose par habitude. être dans l’habitude de faire une chose. Prendre, perdre l’habitude de faire une chose. Prendre une habitude. Une disposition accidentelle qui se tourne, qui tourne en habitude. Un état d’esprit tourné en habitude.
Prov. et fig., L’habitude est une autre nature, une seconde nature, se dit pour marquer le pouvoir de l’habitude.
C’est un homme d’habitude, Il tient beaucoup à ses habitudes, le moindre changement dans ses habitudes le trouble et lui déplaît. Je suis un homme d’habitude, je suis homme d’habitude, je n’aime pas les visages nouveaux.
Il signifie aussi Accès auprès de quelqu’un, fréquentation ordinaire. Avoir habitude auprès de quelqu’un ou avec quelqu’un, en quelque lieu, en quelque maison. En ce sens, il est vieux.
Par analogie, Avoir ses habitudes dans un pays, dans une maison, dans un restaurant, Y venir souvent, y être connu et y être à l’aise.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- habitudes — pluriel — /abitydə/
- habitude — singulier — /abitydə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée habitude#30977.