habitation
nom, féminin, /abitasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action d'habiter un lieu, séjour que l'on y fait habituellement. L'habitation de cette maison est malsaine. Il se dit des animaux. Le tigre fait son habitation dans les contrées brûlantes.
L'Écriture nous dit que l'habitation terrestre abaisse l'esprit qui pense à plusieurs choses — Pierre Nicole (1625-1695)
Vous avez donc changé d'habitation : je vous souhaite, quelque part que vous soyez, autant de bonheur que de talents — Voltaire (1694-1778)
L'endroit où l'on demeure, domicile, maison. Cette habitation me plaît. Terme de jurisprudence. Droit d'habitation, droit de demeurer dans la maison d'autrui sans payer de loyer. Terme d'ancienne législation. Habitation en cas de survie, droit que l'on conférait, par contrat de mariage, à la femme, dans le cas où elle survivrait à son mari, d'habiter la maison conjugale ou une maison propre au mari.
Ce n'étaient point des barbares cherchant de meilleurs climats, des habitations plus commodes, des spectacles plus enivrants, de plus grandes richesses — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Il laissa derrière lui quelques cosaques pour brûler les fourrages ; les habitations furent respectées — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Terme d'histoire naturelle. Climat que chaque être vivant préfère. On ne doit pas confondre l'habitation avec l'habitat, qui est un lieu spécial, tandis que l'habitation est un climat, une région. L'habitation d'un animal, les lieux qu'il fréquente habituellement.
L'établissement qu'une colonie forme dans un pays éloigné. Les Français ont établi une nouvelle habitation au Canada. Par extension, bien possédé par un particulier aux colonies. Il avait cent nègres sur son habitation.
Avoir habitation avec une femme, avoir avec elle un commerce charnel. Il se dit aussi des animaux.
Ceux [œufs] qu'elle [la poule] a produits dans le temps de son habitation avec le mâle — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Provenç. et esp. habitacion ; ital. abitazione ; du lat. habitationem, de habitare, habiter.
Historique : XIIe s. Il establirent cited d'abitaciun Que deviendront lors vos maisons, Vos beles habitations ? Cil de Jerusalem s'en foïrent, et devint Jerusalem habitacions d'estranges XIIIe s. Il [le phénix] vole et s'en va à son leu [lieu] là où s'abitacions est Amphion.... par ses bones paroles retraist les homes des sauvages roches où il habitoient, et les amena à la commune habitation de cité XIVe s. Hostelier doit savoir que quiconques est entré en sa maison pour hosteller et fait son habitation de la maison son hoste.... XVIe s. Combien que l'apostre enseigne que Jesus Christ habite en nos cœurs p…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action d’habiter un lieu. On lui a donné cette maison pour son habitation. L’habitation de cette maison est malsaine. L’habitation n’en vaut rien. Une longue habitation.
En termes de Jurisprudence, Droit d’habitation, Droit de demeurer dans la maison d’autrui sans payer de loyer. Le droit d’habitation ne peut être ni cédé ni loué. Avoir habitation avec une femme, Avoir commerce avec elle.
Il signifie également Endroit où l’on demeure, domicile, maison. Une habitation de plaisance. Une habitation d’été. Changer d’habitation.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- habitations — pluriel — /abitasjɔ̃/
- habitation — singulier — /abitasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée habitation#30975.