habile
adjectif, /abilə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Dispos, apte à agir, expéditif (ce qui est le sens propre). Ce copiste est habile, il aura bientôt fini. Adverbialement. Habile, habile ! dépêchez-vous.
Mais demain, du matin, il vous faut être habile à vider de céans jusqu'au moindre ustensile — Molière (1622-1673)
Par extension, en termes de jurisprudence, qui a la capacité, le droit de faire une chose. Être habile à succéder. Fig. et familièrement. Être habile à succéder, être vif et alerte pour ses intérêts. Habile à se porter héritier, se dit de l'héritier présomptif.
Fig. Qui sait faire, capable d'appliquer ce qu'il sait. Être habile à profiter de ses avantages. Dans un sens péjoratif, il se dit de celui qui a quelque industrie mauvaise, quelque habileté fâcheuse. Un habile fripon. Mal habile, voy. MALHABILE, orthographe que l'on préfère aujourd'hui.
Esdras vint de Babylone : il était docteur et fort habile dans la loi de Moïse, que le Seigneur Dieu avait donnée à Israël — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Tu prétends être fort habile ; En sais-tu tant que moi ? j'ai cent ruses au sac — La Fontaine (1621-1695)
En parlant des actions. Où il y a de l'habileté, qui témoigne de l'habileté. Cette démarche est habile.
Et puisque, pour notre malheur, ce qu'il y a de plus fatal à la vie humaine, c'est-à-dire l'art militaire, est en même temps ce qu'elle a de plus ingénieux, de plus habile.... — Bossuet (1627-1704)
S. m. Celui qui est habile. Demi-habile, celui qui n'est habile qu'à moitié. Les habiles, se dit quelquefois, dans un sens péjoratif, de ceux qui ont pour habileté l'intrigue.
Il faut que les habiles soumettent leur esprit à la lettre — Pascal (1623-1662)
Il y a des artisans ou des habiles, dont l'esprit est aussi vaste que l'art et la science qu'ils professent — La Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Bourg. haubile, haibile ; wallon, abèie, habile, alerte ; namur. abie ; provenç. habil, abilh ; esp. habil ; ital. abile ; du latin habilis, de habere, avoir ; le sens propre de habilis est souple, dispos ; de là les sens figurés. La formation régulière est hable (qui a donné able à l'anglais), de hábilis, avec l'accent sur ha ; habile, où il n'est plus tenu compte de l'accent, est calqué sur le latin.
Historique : XIVe s. Li religieus seroient tenut de laissier trente piés de let [large], hables et souffisans pour charier au lés devers nos bos de Crespy De tous les langaiges du monde, latin est le plus abille pour mieux exprimer et plus noblement son intention XVe s. Bien quatre cent [compagnons] tous habiles et legers Et y eut un Anglois qui cuida faire l'habile et passa par dessus la barriere et entra au champ XVIe s. Je qui souloye estre habile, Suis debile, Cassé de corps, pieds et mains Tant la faveur qui les fautes efface, Fait que le sot pour habile homme passe !
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui fait ce qu’il entreprend avec adresse, souplesse. Un habile ouvrier. Cet artiste est habile à manier le ciseau. Un homme habile dans son métier. Il est habile en toutes choses. Il est habile à se tirer des positions les plus embarrassantes. J’ai fait choix d’un habile avocat. On le dit quelquefois en mauvaise part. être habile à tromper. C’est un habile fripon.
En termes de Jurisprudence, il signifie Qui a la capacité, le droit de. être habile à contracter mariage. être habile à succéder. être habile à se porter héritier.
Il se dit, par extension, de Ce qui est fait avec adresse, avec souplesse. Une habile manoeuvre. Ce que vous venez de faire n’est guère habile.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- habiles — pluriel — /abilə/
- habile — singulier — /abilə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée habile#30956.