gueulé · gueule

gueulé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Un lièvre gueulé par le chien.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • gueulées — pluriel féminin
  • gueulés — pluriel masculin
  • gueulée — singulier féminin
  • gueulé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gueulé#108342.

gueule

nom, féminin, /ɡœlə/

Définitions

  1. Bouche de certains animaux, notamment carnassiers.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Terme familier ou populaire désignant la bouche ou le visage d'une personne.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Ouverture béante d'un objet, d'un four ou d'une cavité.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Expression familière désignant une personne qui parle avec assurance et de manière souvent grossière ou agressive.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. La bouche, dans la plupart des quadrupèdes carnassiers et des poissons. La gueule d'un brochet. En un tour de gueule, se dit d'un animal qui mange quelque chose avec promptitude et voracité. Terme de chasse. On dit qu'un chien chasse de gueule, pour dire qu'il aboie sur ses voies ; et qu'il a fait sa gueule, lorsque, après avoir été bien nourri de lait, il prend de la vigueur au bout de cinq mois. Sa gueule est faite, se dit du porc, quand toutes ses dents sont venues. Fig. La gueule du loup, voy. LOUP. Terme de tératologie. Gueule de loup, scissure congénitale de la voûte palatine et de la lèvre supérieure. Gueule pavée, nom donné par les habitants de l'île Maurice à deux poissons, l'un une daurade, l'autre qui paraît être un sciénoïde. Poétiquement. Gueule de certains êtres mythologiques ou monstrueux.

    Ô le fâcheux objet, sitôt qu'on n'entend rien, De voir ouvrir ainsi tant de gueules de chien ! — Scarron (1610-1660)

    J'ai été délivré de la gueule du lion — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Populairement et par mépris. La bouche, en parlant des personnes. Il a la gueule fendue jusqu'aux oreilles. Fig. Donner sur la gueule à quelqu'un, lui paumer la gueule, c'est-à-dire lui donner un coup sur la face. Fig. Donner à quelqu'un sur la gueule, le faire taire. Bassement. Il en a menti par la gueule ou par sa gueule. Fort en gueule, bavard et insolent. Gueule ferrée, homme qui a l'injure à la bouche, qui a de l'impudence. Il a toujours la gueule ouverte, se dit d'un homme qui crie beaucoup. Avoir la gueule morte, ne rien dire, être triste, et être réduit au silence. Il n'a que la gueule, que de la gueule, il ne sait, ni ne peut que crier, c'est un hâbleur. Fig. et bassement. La gueule du juge en pétera, il faut que la gueule du juge en pète, se dit quand on ne veut entendre à aucun accommodement sur une affaire, et qu'on exige qu'elle soit jugée. Venir la gueule enfarinée, venir inconsidérément et avec une sorte de confiance.

    Quelle gueule il a ! c'est-à-dire comme il bavarde, comme il crie ! Garder toujours un homme, et l'entendre crier ? Quelle gueule ! pour moi, je crois qu'il est sorcier — Jean Racine (1639-1699)

    Je ne me soucie guère de lui.... J'ai bien pensé lui donner sur la gueule — Hauteroche (1617-1707)

  3. Fig. Gueule, en tant qu'elle sert à manger. Avoir la gueule pavée, manger très chaud, ou des choses très épicées. On dit aussi en ce sens : avoir la gueule ferrée. Ce ménage a la gueule bien grande, il faut beaucoup d'argent pour l'entretenir. Gueule fraîche, grand mangeur, parasite. Venir la gueule fraîche, venir avec un bon appétit. Gueule fine, se dit d'une personne qui se connaît en bons morceaux. Des mots de gueule, des mots trop libres, paroles déshonnêtes, qui se disent parfois dans les repas abondants et joyeux. Une gueule béante, une gueule ouverte, et qui demande de quoi manger, dévorer.

    Les chiens du lieu, n'ayant en tête Qu'un intérêt de gueule, à cris, à coups de dents Vous accompagnent ces passants [les chiens étrangers] — La Fontaine (1621-1695)

    Surtout certain hâbleur à la gueule affamée — Boileau (1636-1711)

  4. Par analogie, ouverture. La gueule d'un four. La gueule de la fournaise. La gueule d'une cruche. Futaille à gueule bée, futaille défoncée par un bout. Gueule bée, se dit, dans quelques provinces, d'un tonneau défoncé par un bout, dans lequel on jette le raisin quand on fait les vendanges. Terme d'hydraulique. Gueule bée, décharge d'un bassin supérieur qui fournit une nappe à un réservoir. Une usine marche à gueule bée quand la vanne motrice est levée de toute sa hauteur hors de l'eau ; c'est l'opposé de marcher à vanne trempante.

    Là c'est l'artillerie aux cent gueules de fonte — Victor Hugo (1802-1885)

  5. Terme de botanique. Fleur en gueule, corolle gamopétale divisée en deux lèvres, la supérieure ordinairement bifide, l'inférieure le plus souvent trilobée, et présentant une forme comparée à une gueule. Gueule de loup, un des noms vulgaires donnés au muflier à grandes fleurs, dit aussi muflier des jardins et mufle de veau (antirrhinum majus, L.). Gueule noire, fruit de l'airelle myrtile qui noircit les lèvres quand on le mange.

  6. Terme d'architecture. Partie de la cymaise, dite aussi doucine. Gueule de loup, entaille angulaire faite dans l'extrémité d'une pièce de bois, pour qu'elle puisse embrasser l'angle de deux faces adjacentes d'une autre pièce. Gueule de loup, coude de tuyau sur le haut d'une cheminée, tournant sur un pivot, de manière que la fumée sort dans la même direction que le vent.

  7. Terme de marine. Pont sur gueule, le pont supérieur. Gueule de loup, gueule de raie, sortes de nœuds.

  8. Gueule de four, mésange à longue queue, dans la Sologne. La gueule [la gourmandise] tue plus de gens que l'épée.

Étymologie : Berry et norm. goule ; provenç. gola, guola, goulla ; espagn. portug. et ital. gola ; du lat. gula ; zend, gara, gosier ; sanscrit, gala, cou.

Historique : XIIe s. Pinabel ont saisi, qui gist goule baée XIIIe s. Sire, dist li escuiers, pendez moi par la geule, se ce n'est voirs [vrai] Mais Male-Bouche trop forfait Par s'orde vil langue despute, Qui ne puet, dès que il l'a dite, De sa goule mal renomée Restorer bonne renomée Ou que dedens sa goule trible Tout vif me transgloutisse et trible, Cerberus li portiers d'enfer Fame doit rire à bouche close, Car ce n'est mie bele chose Quant el rit à geule estendue, Trop semble estre large et fendue S'il estoit aperte coze que mes cevaus [mon cheval] m'emportast par dure gole, ou par desroi, je me porroie…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. La bouche chez les animaux carnassiers, chez certains autres quadrupèdes, chez certains poissons et certains gros reptiles. La gueule d’un chien, d’un loup, d’un lion, d’un crocodile, d’un requin, d’un brochet, etc. Gueule béante. Le lion emportait sa proie dans sa gueule. Il avait la gueule ouverte pour l’engloutir.

  2. Fig. et fam., Mettre, laisser quelqu’un à la gueule du loup, Exposer, abandonner quelqu’un à un péril certain. Venir se mettre, se jeter dans la gueule du loup, Se livrer soi-même à l’ennemi, au danger dont on est menacé.

  3. Il se dit, populairement et pur mépris, en parlant des Personnes, Il a une vilaine gueule, une gueule d’apache. Il en a menti par la gueule, par sa gueule.

  4. On dit quelquefois GUEULE au lieu BOUCHE dans l’expression Venir la bouche enfarinée.

  5. Pop., Donner sur la gueule à quelqu’un, Lui donner un soufflet, lui donner un coup de poing sur le visage. Casser la gueule, Tuer. Se faire casser la gueule, Se faire tuer.

  6. Pop., être fort en gueule, Parler beaucoup et en langage trivial.

  7. Fig. et pop., Il a la gueule ferrée, c’est une gueule ferrée, se dit de Quelqu’un qui a souvent l’injure à la bouche. On le dit aussi de Celui qui mange avidement des mets très chauds. Dans ce dernier sens, on dit également Avoir la gueule pavée.

  8. Fig. et fam., Gueule fraîche se dit d’une Personne de bon appétit et toujours prête à manger.

  9. Fig. et bassement, Mots de gueule, Paroles brutales, vertes, populacières.

  10. Fig. et bassement, Avoir la gueule de bois, Avoir la bouche sèche, à la suite d’un excès de boisson.

  11. Fine gueule se dit d’un Gourmet.

  12. GUEULE se dit encore, par analogie, de l’Ouverture de certains objets. La gueule d’un four. La gueule d’une cruche. La gueule d’un sac. Charger un canon jusqu’à la gueule.

  13. En termes de Botanique, Fleur, corolle en gueule, se dit quelquefois d’une Fleur, d’une corolle labiée. Gueule-de-loup, Un des noms vulgaires d’un genre de plantes de la famille des Personnées appelé Muflier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • gueules — pluriel — /ɡœlə/
  • gueule — singulier — /ɡœlə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gueule#30579.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.