guerre
nom, féminin, /ɡɛʁə/
Définitions
Conflit armé opposant des États, des peuples ou des groupes organisés.
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Lutte menée avec acharnement contre une personne, une pratique ou un phénomène, sans recours aux armes.
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Ensemble des techniques et des savoirs propres à la conduite des opérations militaires.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (14 sens) — Académie 1935 (25 sens)
Littré (1873)
s. f.
La voie des armes employée de peuple à peuple, de prince à prince, pour vider un différend. Avoir guerre. Avoir la guerre. La guerre, la peste et la famine sont les trois fléaux de Dieu. Guerre de mer, guerre maritime, guerre qui se fait sur mer. Guerre civile, guerre intestine, guerre entre les citoyens d'un même État. Guerre étrangère, guerre contre une nation étrangère. Guerre de religion, guerre qui se fait à cause de la religion. Les guerres de religion désolèrent la France sous François II, Charles IX et Henri III. Fig. Guerres de religion, querelles religieuses sur des points de doctrine. Guerre sainte, guerre qui se faisait autrefois contre les infidèles pour conquérir la terre sainte. Guerre sacrée, guerre que les Thébains et leurs alliés firent aux Phocéens qui s'étaient emparés d'une terre appartenant au temple de Delphes. Fig. et par plaisanterie. Guerre sacrée, querelle entre gens d'Église. Guerre à mort, guerre dans laquelle on ne fait aucun quartier. On dit dans le même sens : guerre d'extermination, guerre à outrance. Terme de féodalité. Guerre du roi, guerre déclarée par le roi à un prince étranger ; elle suspendait toutes les guerres particulières. Obtenir les honneurs de la guerre, voy. HONNEUR. Conseil de guerre, assemblée d'officiers généraux d'une armée. Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire. Fruit ou fruits de la guerre, les pays désolés, les gens estropiés et tout ce qui est l'effet des désastres de la guerre ; particulièrement les blessures et les maladies que fait contracter l'état militaire, et, par extension plaisante, les maux qui sont la suite d'excès en tout genre, de l'ivrognerie, de la débauche, du jeu, etc. Poétiquement, un foudre de guerre, grand homme de guerre qui a remporté de grandes victoires et qui est terrible par sa valeur. Faire la guerre à l'œil, observer attentivement les démarches de l'ennemi. M. de Turenne, très habile et qui savait faire la guerre à l'œil, n'avait pas manqué d'y jeter un corps, Mém. pour servir à l'hist. univ. de l'Europe, t. I. p. 389. Fig. Faire la guerre à l'œil, observer avec soin ce qui se fait afin de profiter des conjonctures. De guerre lasse, quand on est las de la guerre. Fig. Faire quelque chose de guerre lasse, le faire après avoir longtemps résisté. Je lui ai cédé de guerre lasse. Faire la guerre à ses dépens, voy. DÉPENS.
Vous portâtes soudain la guerre dans la Perse — Pierre Corneille (1606-1684)
Petits princes, videz vos débats entre vous : De recourir aux rois vous seriez de grands fous ; Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, Ni les faire entrer sur vos terres — La Fontaine (1621-1695)
De bonne guerre, se dit de ce qui se fait selon les lois et usages de la guerre. Fig. De bonne guerre, de bonne prise, légitimement. Faire bonne guerre, user de toute l'humanité, de tous les ménagements que les lois de la guerre permettent. Fig. Faire bonne guerre, en user honnêtement dans une discussion d'intérêts ; prendre ses avantages sans blesser aucune des bienséances et des règles de l'honnêteté.
Le comte de Pas m'avait obligé en me renvoyant pour rien tout le bétail de Commercy qui était à lui de bonne guerre — Cardinal de Retz (1613-1679)
Persuadé qu'en amour on gagne toujours de bonne guerre ce qu'on peut obtenir par adresse, on ne voit pas qu'il ait jamais témoigné le moindre repentir de cette supercherie — Antoine Hamilton (1646-1720)
On personnifie quelquefois la guerre dans le langage mythologique et poétique.
Bientôt ils défendront.... De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain — Boileau (1636-1711)
Expédition, campagne. Faire la guerre avec quelqu'un, servir avec lui dans le même corps. En guerre, durant le temps de guerre. S'en aller en guerre, partir pour une expédition. Ruse de guerre, stratagème employé dans la guerre. Fig. Tour de vieille guerre, ruses, adresses qui sont à la disposition d'un vieux chasseur, d'un homme expérimenté.
Dans les premières guerres, il n'avait qu'une seule vie à offrir ; maintenant il en a une autre [son fils] qui lui est plus chère que la sienne — Bossuet (1627-1704)
Suivant son usage, il se promène devant les rangs ; il sait quelles sont les guerres que chaque régiment a faites avec lui — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
L'art militaire. la connaissance des moyens employés pour faire la guerre. Homme de guerre, homme qui sait la guerre. Gens de guerre, militaires, soldats.
Non content de lui enseigner la guerre [à son fils], comme il a fait jusqu'à la fin par ses discours, le prince le mène aux leçons vivantes et à la pratique — Bossuet (1627-1704)
Il savait faire la guerre — Bossuet (1627-1704)
Ensemble d'attaques, de défenses, d'opérations. Petite guerre, celle qui se fait par détachements ou par partis, dans le dessein d'incommoder, de harceler l'ennemi dans sa marche. Petite guerre, simulacre de combat pour faire manœuvrer et exercer les troupes. Anciennement. La petite guerre, la maraude, la picorée.
Ainsi la guerre était partout, devant, sur nos flancs, derrière nous ; l'armée s'affaiblissait ; l'ennemi devenait chaque jour plus entreprenant — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Une poule et un oison, qui avaient bien la mine d'avoir été pris à la petite guerre — Scarron (1610-1660)
Absolument. Le département de la guerre, le ministère, les bureaux de ce département. Ministre de la guerre. Il travaille à la guerre. Chef de bureau à la guerre.
Guerre ouverte, hostilité déclarée. Le mauvais vouloir de cette puissance finit par se changer en guerre ouverte. Fig. Inimitié, agression, qui ne se cache pas.
Mais sans discrétion tu vas à guerre ouverte — Mathurin Régnier (1573-1613)
Quoi qu'il en soit enfin, je ne t'abuse pas ; Je fais la guerre ouverte.... — Regnard (1655-1709)
Nom de guerre, nom que chaque soldat prenait autrefois en s'enrôlant ; par exemple : la Tulipe, Sans-Quartier. Fig. Sobriquet donné par plaisanterie. Prendre un nom de guerre, changer son nom véritable, prendre un nom de fantaisie.
Louis [le dauphin fils de Louis XIV] le bien nommé, c'est Louis le Hardi ; D'un pareil nom de guerre on traitait les neuf preux — La Fontaine (1621-1695)
Le Magnifique était un nom de guerre — La Fontaine (1621-1695)
Il se dit en parlant des animaux qui en attaquent d'autres pour en faire leur proie. Le loup fait la guerre aux brebis. État de guerre, état d'hostilité de tous contre tous. Poétiquement. Faire la guerre aux habitants de l'air, aux habitants des forêts, chasser.
Les lions ne font point la guerre aux lions — Fénelon (1651-1715)
Tous les animaux sont perpétuellement en guerre ; chaque espèce est née pour en dévorer une autre — Voltaire (1694-1778)
Fig. Toute espèce de débat, de démêlé, de lutte. Cet homme est toujours en guerre avec ses voisins. Familièrement. Faire la guerre à quelqu'un, lui faire souvent des réprimandes, lui chercher querelle. Faire la guerre à quelque chose, s'en prendre à cette chose, l'attaquer, la détruire. Faire la guerre au pain, en manger beaucoup. Faire la guerre à, combattre, lutter contre. Faire la guerre à ses passions, combattre, réprimer ses passions. Faire la guerre aux mots, critiquer minutieusement le style.
Cela [saisir l'occasion] s'entend principalement à la guerre et des actions militaires ; mais il y a de la guerre, qui le croira ? même dans les actions paisibles et désarmées ; il faut combattre partout de façon ou d'autre — Guez de Balzac (1597-1654)
Deux coqs vivaient en paix : une poule survint, Et voilà la guerre allumée — La Fontaine (1621-1695)
Guerre de plume, discussion, dispute par des écrits entre des hommes de différents partis.
Je m'intéresse plus à la guerre des Russes contre les Ottomans qu'à la guerre de plume du parlement — Voltaire (1694-1778)
À quoi bon rendre guerre pour guerre ? — Charles Bonnet (1720-1793)
Fig. Guerre se dit des choses qui combattent, qui attaquent, qui sont en lutte. Les éléments en guerre.
Dont l'air intempéré fait guerre aux animaux — Mathurin Régnier (1573-1613)
Mon esprit agité fait guerre à mes pensées — Mathurin Régnier (1573-1613)
Nom d'un jeu qui se joue sur un billard.
Étymologie : Bourguig. gare ; provenç. guerra, gerra ; espagn. portug. et ital. guerra ; bas-lat. werra, mot qu'on trouve dans des textes du temps de Charles le Chauve, mais qui est plus ancien ; du germanique : anc. h. allem. werra, querelle ; anc. angl. werre ; angl. mod. war, guerre.
Historique : XIe s. Faites la guerre com vous l'avez emprise N'aurez mais guerre en tute vostre vie XIIe s. À la mort [je] sui, se la guerre m'i [en cet amour] dure Nus [nul] ne nous faisoit guerre ne ne menoit dangier As parenz saint Thomas [le roi] ad prise si grant guerre, Que tuz les fist chacier hors de tute sa terre XIIIe s. À Pepin [ils] orent guerre qu'avez oui conter Nus marcheant ne vit aese : Car son cuer a mis en tel guerre, Qu'il art [brûle] tous jors de plus acquerre S'il prent à tout le monde guerre, Il n'a pooir de vivre en terre XIVe s. Moult gens crient maintes fois guerre, guerre, qui ne…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Conflit entre deux nations, qui se vide par la voie des armes; action d’un peuple qui en attaque un autre, ou qui résiste à une agression, à une invasion, etc. Guerre offensive. Guerre défensive. Les guerres Médiques. La guerre de Cent Ans. Les guerres d’Italie. Les lois de la guerre. Gens de guerre. Ruse de guerre. Préparatifs de guerre. Déclaration de guerre. Vaisseau de guerre. Bâtiment armé en guerre. Les malheurs, les ravages, les horreurs de la guerre. Des aventures de guerre. En temps de guerre. Une guerre à feu et à sang. Avoir la guerre. être en guerre. En guerre et en paix. Déclarer la guerre. état de guerre. Cette province devint le théâtre de la guerre.
Conseil de guerre. Voyez
CONSEIL.
Il désigne aussi l’Art militaire, la connaissance des moyens que l’on doit employer pour faire la guerre avec avantage. L’art de la guerre, le métier de la guerre. La guerre de campagne, la guerre de siège. Guerre de mouvements, de tranchées, d’usure. Guerre aérienne. Guerre des gaz. Un homme de guerre. Avoir le génie de la guerre.
Guerre civile, guerre intestine, Guerre entre les citoyens d’un même état. Guerre étrangère, Guerre contre les étrangers. Le double fléau de la guerre civile et de la guerre étrangère.
Guerres de religion, Celles que les dissensions religieuses allument dans un pays. Guerre sainte se dit de la Guerre qui s’est faite autrefois contre les infidèles pour reconquérir la Terre sainte. Guerre sainte désigne aussi le Soulèvement religieux ordonné contre les chrétiens par les chefs de l’Islam. Proclamer la guerre sainte.
Guerre à mort, Guerre dans laquelle on ne fait aucun quartier. On dit à peu près de même Guerre d’extermination, guerre à outrance.
Petite guerre, Celle qui se fait par détachements ou par partis, dans le dessein d’observer les démarches de l’ennemi, de l’incommoder, de le harceler. Faire la petite guerre. Il se dit aussi d’un Simulacre de guerre, dans lequel des corps d’une même armée manoeuvrent et feignent de combattre les uns contre les autres.
Obtenir les honneurs de la guerre se dit d’une Garnison assiégée qui obtient, avant de quitter la place, de garder ses armes en totalité ou en partie.
Fig. et fam., Sortir d’un procès, d’une querelle, d’une discussion avec les honneurs de la guerre, En sortir honorablement, à son avantage.
Fig. et poétiq., Foudre de guerre. Voyez
FOUDRE.
Cela est de bonne guerre, Cela est conforme aux lois et aux usages de la guerre. On le dit figurément en parlant de Toutes les actions de la vie civile où l’on prend ses avantages, sans recourir à aucun moyen déloyal. Usez hardiment de ce moyen, il est de bonne guerre. Ce procédé ne me semble pas de bonne guerre.
Faire la guerre avec quelqu’un, Servir avec lui en temps de guerre dans les armées de la même nation, du même parti. Il a fait avec moi la guerre de Crimée. Nous avons fait la guerre ensemble.
Nom de guerre, Nom que prenait autrefois un soldat en s’enrôlant, tel que La Tulipe, Sans-Quartier, Va-de-bon-coeur, et que, dans certains cas, il prend encore aujourd’hui en s’engageant. Il se dit surtout, maintenant, d’un Nom supposé que l’on prend en littérature, au théâtre, etc.
Prov. et fig., La guerre nourrit la guerre, Ce qu’on prend sur les ennemis sert à entretenir les armées.
Prov. et fig., à la guerre comme à la guerre, Il faut s’accommoder au temps, aux circonstances, quelque fâcheuses qu’elles puissent être.
Guerre à.... Ellipse pour Faites la guerre, faisons la guerre à... Guerre aux tyrans! Guerre à l’envahisseur! Il se dit, par extension, tant au propre qu’au figuré, de Toute espèce de débat, de démêlé, d’attaque, de lutte. Cet homme est toujours en guerre avec ses voisins. Déclarer, faire la guerre aux abus, aux préjugés, aux vices. Une guerre de plume. Guerre économique. Guerre de tarifs.
Prov. et fig., Qui terre a guerre a, Qui a du bien est sujet à avoir des procès.
être en guerre ouverte avec quelqu’un, être avec lui sur le pied d’ennemi déclaré.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- guerres — pluriel — /ɡɛʁə/
- guerre — singulier — /ɡɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée guerre#30561.