guéret
nom, masculin, /ɡɛʁɛ/ ou /ɡeʁɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terre labourée et non ensemencée. Lever ou relever les guérets, labourer une terre qu'on a laissée se reposer pendant un an.
Le rasement des bâtiments [de Port-Royal], le violement des sépulcres, la profanation de ce lieu saint réduit en guéret, excitèrent l'indignation publique — Saint-Simon (1675-1755)
J'aime un gros bœuf dont le pas lent et lourd, En sillonnant un arpent dans un jour, Forme un guéret où mes épis vont naître — Voltaire (1694-1778)
En langage agricole, ancien guéret, la partie non labourée d'un champ qu'on est en train de labourer. Ainsi, la charrue versant à droite, le laboureur a l'ancien guéret à sa gauche, la gauche est le côté de l'ancien guéret.
Poétiquement. Toutes terres labourables.
La victoire balança ; Plus d'un guéret s'engraissa Du sang de plus d'une bande — La Fontaine (1621-1695)
Cérès s'enfuit éplorée De voir en proie à Borée Ses guérets d'épis chargés — Boileau (1636-1711)
Étymologie : Berry. garet, guaret, guéret, et guéret, labour, façon ; norm. varet ; provenç. garag, garah ; esp. barbecho ; port. barbeito ; du lat. vervactum, jachère. Vervactum est manifestement représenté dans barbecho, barbeito ; il l'est aussi, bien que d'une manière plus cachée, dans guéret, garag : le gu ou g est pour v, comme cela se voit dans gaine de vagina, gui de viscum, etc ; et le reste s'explique par la chute du v intermédiaire, qui est tombé comme beaucoup de consonnes intermédiaires (voy. meür de maturus, seoir de sedere). Vervactum est le participe passif de vervagere, guéreter.
Historique : XIe s. Mort [ils] le trestournent très en mi un guaret XIIe s. Andui s'abatent très enmi le garais XIIIe s. Fuiant s'en va tot un garet, Que grant peor ot des gaingnons [chiens] XVIe s. En temps sec on l'arrouse aiant l'eau commode, et chacune année on le serfoue, pour tenir la terre en gueret
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Terre labourée et non ensemencée, ou même Terre laissée en jachère.
Il se disait, en Poésie, de Toutes les terres propres à porter des grains, qu’elles soient ensemencées ou qu’elles ne le soient pas. Des guérets couverts d’abondantes moissons.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- guérets — pluriel — /ɡeʁɛ/ ou /ɡɛʁɛ/
- guéret — singulier — /ɡeʁɛ/ ou /ɡɛʁɛ/
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