grossier

grossier

adjectif, /ɡʁosje/ ou /ɡʁɔsje/

Définitions

  1. Qui manque de finesse, de délicatesse dans sa fabrication ou son aspect.

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  2. Qui manque de politesse, de savoir-vivre envers autrui.

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  3. Qui manque de précision ou de détail, réalisé de manière rudimentaire ou approximative.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Mot formé de gros, qu'on applique presque toujours avec un sens défavorable à ce qui manque de ténuité, de finesse, de délicatesse. Un air grossier. Les parties les plus grossières d'une liqueur. Vêtements grossiers, ceux qui sont faits d'une étoffe grosse et de peu de valeur. Vapeurs grossières, celles qui paraissent composées de grosses parties parce qu'elles détruisent la transparence de l'air. Traits grossiers, ceux qui, sans être irréguliers, n'ont pas la finesse ou la grâce des jolies figures. Terme de minéralogie. Se dit d'un corps quand il a un air de rudesse joint à l'opacité. Il se dit des aliments peu recherchés, ou de mauvaise qualité. Aliments grossiers. Nourriture grossière.

    L'autre déploie sur celle des deux tables qui était vacante, un linge un peu grossier, mais blanc — Marmontel (1723-1799)

  2. Qui n'est pas délicatement fait, proprement fait. Ce bâtiment est d'une architecture grossière. Un travail grossier. Par extension. Un essai grossier. Imitation grossière.

    Il faut convenir avec eux que ces corps plaisent plus à la vue que des figures grossières, où l'on n'aperçoit ni uniformité, ni symétrie, ni unité — Diderot (1713-1784)

    Grossière ébauche — Rotrou (1609-1650)

  3. Fig. Il se dit de ce qui n'a rien de délicat, au moral. Les plaisirs grossiers, les plaisirs que peuvent goûter les hommes les plus bornés, même les animaux, par opposition aux plaisirs délicats qui demandent une certaine élévation ou culture d'esprit. On dit dans le même sens : des désirs grossiers, des appétits grossiers.

    Mais au lieu de goûter ces grossières amorces.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Que ce discours grossier terriblement assomme ! — Molière (1622-1673)

  4. Fig. Mal poli, inculte de mœurs et d'esprit. Substantivement.

    N'apprendras-tu jamais, âme basse et grossière.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Villon fut le premier dans ces siècles grossiers.... — Boileau (1636-1711)

  5. Qui suppose ignorance, sottise, maladresse. Ignorance grossière, grande, profonde ignorance. N'avoir de quelque chose qu'une idée grossière, que des notions grossières, n'avoir de cette chose qu'une connaissance sommaire et imparfaite. Dans un sens analogue : Ne donner qu'une idée grossière de quelque chose.

    Flatteuse illusion, erreur douce et grossière — Pierre Corneille (1606-1684)

    Abus grossier — Rotrou (1609-1650)

  6. Incivil, malhonnête. Un grossier personnage. Il est grossier comme du pain d'orge, il est très grossier ; expression familière fondée sur le double sens du mot grossier, qui se prend au moral pour la personne, et au physique pour le pain. Substantivement. C'est un grossier. Quel langage tient cette grossière ! Injures grossières, injures qui consistent en termes insultants et bas. On dit dans un sens analogue : langage grossier, propos grossiers.

    Je vous pardonne d'être un ignorant, mais je ne vous pardonne pas d'être un homme très grossier, qui a l'insolence de mêler dans cette querelle et de nommer des gens qui ne devaient pas s'y attendre — Voltaire (1694-1778)

    Un défaut considérable qui en peut ternir beaucoup l'éclat [des harangues de Démosthène et d'Eschine], et qui me paraît contraire aux règles de la saine et bonne éloquence, ce sont les injures grossières que ces orateurs se disent de part et d'autre — Rollin (1661-1741)

  7. Obscène. Il était grossier dans ses propos. Discours, propos grossiers, discours, propos contraires à la bienséance, à la pudeur.

    Lucien, tout ingénieux qu'il est, devient grossier sitôt qu'il parle d'amour — ST-ÉVREMONT

  8. Marchand grossier. Cette locution vieillit ; on dit marchand en gros.

  9. S. m. Ce qui est grossier.

    Le grossier et le bas — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Gros ; Berry, groussier, qui a de l'embonpoint : une jolie fille bien groussiere et bien fraîche ; provenç. grossier ; catal. grosser ; espagn. grosero ; portug. grosseiro ; ital. grossiere, grossiero.

Historique : XIIIe s. Ne peut estre grossiers [taillandier], que il n'achate le mestier du roy XVIe s. Les rencontres et brocards d'Antonius estoient fort grossiers Il estoit grossier et peu subtil de nature Un marchand grossier [en gros], demeurant rue Sainct Denys, à l'enseigne du gros Tournois....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui n’est pas fin, qui n’est pas délicat. Une étoffe grossière. Des vêtements grossiers. Des traits grossiers. Aliments grossiers. Nourriture grossière. Pain grossier.

  2. Fig., Les plaisirs grossiers, Les plaisirs des sens, par opposition aux Plaisirs de l’esprit. On dit de même Des désirs grossiers, des appétits grossiers, etc.

  3. Il signifie encore Qui n’est pas fait avec délicatesse, avec soin. Cet ouvrage de menuiserie est bien grossier, le travail en est grossier. Une oeuvre dont l’exécution est grossière. Des meubles grossiers. Une sculpture, une architecture grossière. On dit dans le même sens : ébauche imparfaite et grossière. Imitation grossière. Etc.

  4. Il signifie aussi, figurément, Qui a de la rudesse, qui manque de culture, d’éducation. Peuple rude et grossier. Siècle grossier. Moeurs grossières. Esprit grossier. Langage grossier. Des dehors grossiers.

  5. Il se dit particulièrement pour Malhonnête incivil. Un grossier personnage. Vous êtes bien grossier. Voilà une réponse fort grossière. Dire à quelqu’un les injures les plus grossières. Il a les manières grossières, le ton brutal et grossier.

  6. Discours, propos, détails grossiers, Discours, propos, détails contraires à la bienséance, à la pudeur.

  7. Il se dit encore, figurément, de Ce qui suppose beaucoup d’ignorance, de sottise, de déraison ou de maladresse. Erreur grossière. Faute grossière. Contradiction grossière. Illusion grossière. Mensonge grossier. Artifice grossier.

  8. Ignorance grossière, Grande, profonde ignorance.

  9. N’avoir de quelque chose qu’une idée grossière, que des notions grossières, N’en avoir qu’une idée imparfaite, que des notions vagues et confuses. On dit, dans un sens analogue, Ne donner qu’une idée grossière de quelque chose.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • grossières — pluriel féminin — /ɡʁɔsjɛʁə/ ou /ɡʁosjɛʁə/
  • grossiers — pluriel masculin — /ɡʁɔsje/ ou /ɡʁosje/
  • grossière — singulier féminin — /ɡʁɔsjɛʁə/ ou /ɡʁosjɛʁə/
  • grossier — singulier masculin — /ɡʁɔsje/ ou /ɡʁosje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée grossier#30462.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.