grimoire

grimoire

nom, masculin, /ɡʁimwaʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Livre des sorciers pour évoquer les démons, etc. Fig. Savoir le grimoire, entendre le grimoire, être habile dans les choses dont on se mêle.

    Ne soupçonnes-tu point qu'agité du démon Ainsi que ce cousin des quatre fils Aimon Dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire, Je rumine en marchant quelque endroit du grimoire ? — Boileau (1636-1711)

    Il y eut des livres où les mystères des sorciers étaient écrits ; j'en ai vu un à la tête duquel on avait dessiné assez mal un bouc et une femme à genoux derrière lui ; on appelait ces livres grimoires en France, et ailleurs l'alphabet du diable — Voltaire (1694-1778)

  2. Fig. et familièrement. Discours obscur, écriture difficile à lire.

    Et que c'est, mon ami, un grimoire et des mots, Dont tous les courtisans endorment les plus sots — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Sans tant de contredits et d'interlocutoires Et de fatras et de grimoires, Travaillons, les frelons et nous — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Diez pense que ce mot vient de l'anc. h. allem. grîma, spectre. Mais la forme ancienne du mot, qui est gramaire, gramare, ne le rapproche pas de grîma. Génin y voit une variété du mot grammaire, la grammaire ayant été prise pour un livre de science occulte dans lequel on lisait pour évoquer le diable. Scheler y trouve un radical grimer, signifiant griffonner ; mais, comme pour grîma, le thème est gramare et non grimoire ; grimoire n'apparaît qu'au XVIe siècle, ayant passé par gramoire. En conséquence, il vaut mieux suivre la forme et tirer gramare du bas-latin gramma, lettre ; de lettre, on pe

Historique : XIIIe s. J'irai en l'abeïe à nostre abé parler ; Si ferai le gramaire et lire et conjurer XIVe s. Et li bastart s'escrie : vez me chi, biaus amis ; Lut avés de gramare ; je sui li anemis [le diable] XVe s. Je l'os bien lire le grammaire ; Alons à ly ; il nous appelle Se fist traiter en homme de sçavoir, Leur promettant à leur faire asçavoir Chouses cachées, chouses hors de memoire Qui excedent et logicque et grammoyre XVIe s. Je pense que ce sont des mots de la grimoire

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Livre de magie à l’aide duquel les magicien, prétendaient évoquer les démons, opérer des prodiges, etc. Consulter le grimoire.

  2. Il se dit, figurément et familièrement, des écrits obscurs et des écritures difficiles à lire. Vous m’avez remis un rapport embarrassé et confus qui est un pur grimoire. Cette lettre est un grimoire que je n’ai pu déchiffrer.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • grimoires — pluriel — /ɡʁimwaʁə/
  • grimoire — singulier — /ɡʁimwaʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée grimoire#30357.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.