Littré (1873)
s. m.
Anciennement, nom donné aux écoliers des basses classes, aux élèves les plus ignorants.
D'abord pour donner des leçons Aux grimauds et petits garçons, Il apprend si bien la grammaire.... Que le mot le plus discordant, Il le conjugue....
Fig. Mauvais écrivain, mauvais artiste.
Allez, petit grimaud, barbouilleur de papier — Molière (1622-1673)
Ces musiciens ne sont que des grimauds auprès de lui — Mme de Sévigné (1626-1696)
Pédant encroûté.
Il sait le grec, c'est un grimaud — La Bruyère (1645-1696)
Les Bignon, les Lamoignon étaient de purs grimauds ; qui peut en douter ? ils savaient le grec — La Bruyère (1645-1696)
Grimaud, un des noms vulgaires de la chouette.
Adj. Grimaud, grimaude, qui est d'humeur chagrine, maussade.
Étymologie : Dérivé de grime. Grimaud a deux sens, celui de mauvaise humeur, qui se rapporte à grimer ; et celui de mauvais écolier, qui probablement dérive aussi de grimer ; l'idée défavorable qui est dans grimer ayant été portée sur ces petits et mauvais écoliers. Grimaud, le père au diable, dans Oudin, paraît offrir une transition. Au contraire, Scheler pense que grimaud en ce sens contient un radical grimer qui est dans grimoire, et qui signifierait griffonner. Dans le XIVe siècle on nommait à Chartres grimaudus, grimault, un cierge que le doyen offrait à la Chandeleur.
Historique : XVIe s. Grimaud [le pere au diable] La lumiere et dignité a esté de mon age rendue es lettres, et y vois tel amendement, que, de present, à difficulté serai je receu en la premiere classe des petits grimaulx, qui, en mon aage virile, estoys reputé le plus sçavant du dit siecle Puys y accourut le maistre d'eschole, avecques tous ses pedagogues, grimaulx et escholiers
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).