grevé · grève

grevé

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qui a subi un tort, un grief, une peine.

    D'un fardeau si pesant ayant l'âme grevée — Mathurin Régnier (1573-1613)

    ....On cabale, on suscite Accusateurs et gens grevés par ses arrêts : De nos biens, dirent-ils, il s'est fait un palais — La Fontaine (1621-1695)

  2. Qui est affecté de quelque charge. Un héritage, un legs grevé de quelque condition onéreuse.

  3. Terme de jurisprudence. Grevé de substitution, qui est héritier ou légataire à charge de substitution. Substantivement. Le grevé. Les enfants du grevé.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée GREVÉ, ÉE.

grève

nom, féminin, /ɡʁɛvə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Nom de la partie de l'armure qui couvrait la jambe.

    Pour les armes défensives ils portaient des écus, des boucliers, des casques, des cuirasses, et quelquefois des grèves pour couvrir les jambes — Claude Fleury (1640-1723)

Étymologie : Portug. greba ; de l'arabe djaurab, prononcé en Égypte gaurab, bas, vêtement pour les jambes.

Historique : XIIe s. Greve [la jambe] [elle] avoit droite et bien menée XVe s. Bien, dit messire Raoul, je le veuil ; mais entendez à moi, car je suis trop durement navré ; et mes chausses et mes greves sont jà toutes emplies de sang XVIe s. L'os de la greve ou tibia

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Terrain uni et sablonneux le long de la mer ou d'une grande rivière.

    Deux fois par jour la mer reçut ordre de se lever de nouveau dans son lit et d'envahir ses grèves — Chateaubriand (1768-1848)

    Que j'aime à contempler dans cette anse écartée La mer qui vient dormir sur la grève argentée, Sans soupir et sans mouvement ! — Lamartine (1790-1869)

  2. La Grève, place de Paris sur le bord de la Seine, à côté de l'hôtel de ville, où se faisaient les exécutions juridiques. Ange de Grève, voy. ANGE. Faire grève, se tenir sur la place de Grève en attendant de l'ouvrage, suivant l'habitude de plusieurs corps de métiers parisiens (en ce sens on met un petit g). Par extension du sens de se tenir sur la place en attendant de l'ouvrage, coalition d'ouvriers qui refusent de travailler, tant qu'on ne leur aura pas accordé certaines conditions qu'ils réclament. La grève des maçons, des charpentiers. Faire grève, se mettre en grève, abandonner les travaux en se liguant pour obtenir une augmentation de salaire.

    Et pour ses factions il n'ira point en Grève — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Bien que les spectacles de la Grève ne soient pas de fort belles choses à mander à une personne de votre qualité, je vous dirai pourtant par pure stérilité de nouvelles, que l'on pend et roue ici tous les jours de la semaine — Scarron (1610-1660)

  3. Terme de maçonnerie. Le gros sable qui sert à faire du mortier.

  4. Nom donné aux bancs de sable qui se forment dans la Loire, et que le courant porte tantôt d'un côté, tantôt d'un autre.

Étymologie : Berry, grave, gravier ; génev. grave, endroit couvert de gravier ; provenç. grava ; vén. grava, lit d'un torrent ; grison, grava, greva, plaine de sable ; du radical grav ou grau qui se trouve dans le bas-breton grouan, sable, le kimry grou, et dans le sanscrit grāvan, pierre.

Historique : XIIe s. Il orent un vadlet en la greve trové, à cui un cheval unt pur uit deniers lué XIIIe s. Maint ribaus ont les cuers si baus, Portans sas de charbon en Grieve, Que la poine riens ne lor grieve Je voz donrai vingt tones de vin d'Auchoirre [Auxerre] por cent livres rendus en Greve à Paris XVe s. Il y a très mauvais pays à chevaucher, pour les graves XVIe s. Une autre fois il se promenoit sur la greve le long de la marine.... Cette matiere gluante, de la quelle se bastit la grave et la pierre Fait cardinal en greve [mis à mort sur la place de Grève]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Lieu uni et plat, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d’une grande rivière. Les vagues se déploient sur la grève. La grève était couverte de débris.

  2. Absolument, La Grève, Place publique de Paris, située sur le bord de la Seine, devant l’Hôtel de Ville, où l’on faisait autrefois les exécutions et où se réunissaient les ouvriers sans travail en attendant d’être embauchés. Le coupable fut décapité en Grève, en place de Grève. Par extension, il signifie aujourd’hui Entente, accord des ouvriers d’un atelier, d’une profession, pour cesser leur travail jusqu’à ce qu’ils aient obtenu une augmentation de salaire ou certains autres avantages. Le droit de grève. Faire grève. Se mettre en grève. Faits de grève. Grève perlée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • grèves — pluriel — /ɡʁɛvə/
  • grève — singulier — /ɡʁɛvə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée grève#30511.

grevé

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine grevée

Grammaire et formes (2)
  • grevés — pluriel
  • grevé — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée grevé#138953.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.