grès

grès

nom, masculin, /ɡʁɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Pierre formée de grains de sable fin. Pavé de grès. Grès de Fontainebleau, carbonate de chaux quartzifère ou quartz hyalin sableux. Ce grès est nommé grès paf quand il est propre au pavage, grès pif quand il est trop dur, et grès pouf quand il est trop mou. Grès molaire, grès qui sert à faire des meulières grenues. Vieux grès rouge, nouveau grès rouge, deux terrains géologiques dont l'un est plus ancien que l'autre. Locution ancienne et populaire. Casser du grès à quelqu'un, faire peu de compte de quelqu'un.

    On mit auprès de lui [un moine dans un vade in pace] un pain d'orge et une cruche d'eau ; après quoi on referma la fosse, qui se bouche avec un large plateau de grès — Voltaire (1694-1778)

    Quoique le grès soit difficile à travailler, il n'a cependant qu'un genre de dureté, c'est de résister à des coups violents sans s'éclater ; car le frottement l'use peu à peu et le réduit aisément en sable — Buffon (1707-1788)

  2. Pavé fait avec cette pierre.

    M. le Prince dit qu'il n'était pas assez brave pour s'exposer à une guerre qui se ferait à coups de grès et de tisons — La Rochefoucauld (1613-1680)

    Et, lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre, L'obligiez tout de bon à ne plus y paraître — Molière (1622-1673)

  3. Poudre qui provient de cette pierre. Nettoyer avec du grès.

  4. Espèce de terre glaise naturellement mêlée d'un sable fin, avec laquelle on fait la poterie dite de grès. Pot de grès. Bouteille de grès. Poterie, pots fabriqués avec cette glaise.

    Tenez [enfants], crayons, papiers, mon vieux compas sans pointes, Mes laques et mes grès qu'une vitre défend, Je vous livrerai tout.... — Victor Hugo (1802-1885)

  5. Terme de chasse. Se dit des deux grosses dents du sanglier qui se trouvent auprès des défenses.

Étymologie : Bas-lat. gressius, gresum ; de l'anc. hautallem. griez, grioz ; allem. moderne, Gries, gravier. Le celtique crag, rocher, ne pourrait donner grès.

Historique : XIIe s. [Deux chevaliers] Felenessement s'antrespruevent, N'onques d'un estal ne se muevent, Ne plus que feïssent dui gres XIIIe s. Qu'il sache aventure novele, Et face tant que la novele De l'aventure partout aille, Et que son grés françois [il] detaille [taille, coupe] Pour faire œuvre plus deliée XVIe s. Les harquebusades des baricades furent accompagnées de celles des fenestres, avec une gresle de carreaux qu'ils appelent grez On luy appliquera des bouteilles de grez, remplies d'eau bouillante Que les vaisseaux soient de grais, nommée terre de Beauvais, plus tost que de plomb

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Gomme ou gluten écailleux qui enveloppe la véritable soie, la partie cornée et transparente des fils gréges, et qui doit entièrement disparaître au décreusage.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Roche formée par l’agglomération de petits grains de sable quartzifère.

  2. Il se dit aussi du Sable provenant de cette roche et de la Poterie fabriquée avec cette terre sablonneuse. Ces pavés sont en grès. Pot de grès. Grès flambé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • grès — forme de base — /ɡʁɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée grès#30510.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.