gradation
nom, féminin, /ɡʁadasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Passage successif d'un état à un autre.
Sans aucune de ces gradations insensibles qui amènent les saisons — Voltaire (1694-1778)
Cette gradation d'êtres qui s'élèvent depuis le plus léger atome jusqu'à l'être suprême, cette échelle de l'infini frappe d'admiration — Voltaire (1694-1778)
Particulièrement, accroissement progressif. La gradation de la lumière est sensible depuis la pointe du jour jusqu'au lever du soleil.
Ils se prirent de paroles, et, après quelque gradation d'injures, Charpentier reprocha à l'abbé Tallemant qu'il était fils d'un marchand banqueroutier de la Rochelle — Furetière (1619-1688)
Terme de rhétorique. Figure par laquelle on accumule plusieurs termes ou plusieurs idées qui enchérissent l'une sur l'autre.
Il fallait dire [dans l'ode de Boileau sur la prise de Namur] : Je vois nos cohortes s'ouvrir un large chemin à travers les débris des rochers, au milieu des armes brisées et sur des morts entassés ; alors il y aurait eu de la gradation, de la vérité et une image terrible — Voltaire (1694-1778)
Terme de peinture. Passage insensible d'un ton à un autre.
Plus particulièrement, en peinture et en sculpture, artifice de composition par lequel on fait saillir le personnage ou le groupe principal, en affaiblissant graduellement la lumière, l'expression dans les autres figures.
En architecture, disposition de plusieurs parties qui, rangées par degrés ou les unes au-dessus des autres, symétrisent par leurs formes et leurs ornements,
En musique, mélodie dans laquelle l'expression monte, pour ainsi dire, au moyen d'une progression de figures qui se ressemblent. Il signifie aussi la progression du piano ou dolce au forte et au fortissimo.
Étymologie : Provenç. gradatio ; ital. gradazione ; du lat. gradationem, ayant pour radical grad qui est dans gradus, degré (voy. GRADE).
Historique : XVIe s. Je loue [chez les femmes] la gradation et la longueur en la dispensation de leurs faveurs
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Augmentation successive et par degrés. La gradation de la lumière est sensible depuis le point du jour jusqu’au lever du soleil. Gradation lente. Gradation insensible. Cette méthode conduit par gradation aux vérités les plus abstraites.
Il se dit aussi d’une Figure de Rhétorique par laquelle on assemble plusieurs idées, plusieurs expressions qui enchérissent les unes sur les autres. Va, cours, vole est une gradation.
En termes de Peinture, il se dit du Passage insensible d’une couleur à une autre.
Il se dit plus ordinairement, en termes de Peinture et de Sculpture de cet Artifice de composition qui consiste à faire saillir le personnage ou le groupe principal, en affaiblissant graduellement l’expression, la lumière, etc., dans les autres figures à mesure qu’elles s’éloignent du centre de l’action. Une gradation savante.
Il se dit aussi, en termes d’Architecture, de la Disposition de plusieurs parties qui sont rangées par degrés ou les unes au-dessus des autres et dont les formes et les ornements sont symétriques.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- gradations — pluriel — /ɡʁadasjɔ̃/
- gradation — singulier — /ɡʁadasjɔ̃/
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