gouge

gouge

nom, féminin, /ɡuʒə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (5 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme vieilli qui, dans le Languedoc d'où il paraît provenir, signifie servante, et qui en français signifie femme ou fille avec un sens très familier et quelquefois de dénigrement.

    Affront qui fit monter le rouge Au nez de cette belle gouge — Scarron (1610-1660)

    Ses sœurs aussi [les Furies], méchantes gouges, Et de serpents et de fers rouges Frappent infatigablement — Scarron (1610-1660)

Étymologie : Béarnais, gouye ; gasc. et langued gouje, goujo, servante ; gasc. des Landes, goujotte, petite fille ; béarn. gouyate, jeune fille. D'après Huet, suivi par Diez, ce mot est le mot juif goje, servante chrétienne, de l'hébreu goj, peuple, goïm, les gentils. Le midi de la France ayant été beaucoup habité par les Juifs, il serait possible qu'un mot usité par eux pour désigner les servantes chrétiennes, eût passé dans la langue vulgaire ; mais cette étymologie est contestée (voy. GOUJAT qui tient à gouge).

Historique : XVe s. Une qui aura les yeulx rouges Les lave au matin d'une eau blanche, Tellement que sur toutes gouges Elle semblera la plus franche XVIe s. Une grosse gouge [une grosse fille] En Languedoc, du costé de Tolose et Montauban gouge est une servante En son eage virile Grandgousier espousa Gargamelle, fille du roi des Parpaillos, belle gouge et de bonne troigne

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Outil de fer, fait en forme de demi-canal, avec un manche de bois, à l'usage des sculpteurs, des plombiers, des menuisiers, des charpentiers.

  2. Tranchet courbe pour creuser les talons des souliers.

  3. Outil pour couper l'excédant des tuiles molles dont on construit le four du glacier.

  4. Terme de chirurgie. Ciseau à tranchant demi-circulaire employé pour l'ablation des exostoses.

  5. Terme de serrurier. On met deux gouges à tous les ressorts d'une serrure, pour les faire sortir autant qu'on le désire.

Étymologie : Espagn. gubia ; portug. goiva ; ital. gorbia, bâton ferré ; gloses d'Isidore, guvia, gubia, gulvia, gulbia. Mot du reste inconnu, qu'on a rattaché au basque gubia signifiant dans cette langue un arc. Les mots de l'ancien français goi, goe, goye, sorte de serpe, avec le diminutif gouet, paraissent venir aussi de guvia et être le même mot que gouge.

Historique : XVe s. Un baston de guerre que on nomme gouge XVIe s. Premièrement on y passe un long taraire, et, après, avec une gouge le trou est agrandi

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. d’Arts — Espèce de ciseau servant aux sculpteurs, aux menuisiers et à d’autres artisans.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • gouges — pluriel — /ɡuʒə/
  • gouge — singulier — /ɡuʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gouge#29929.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.