gosier
nom, masculin, /ɡozje/ ou /ɡɔzje/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Partie intérieure de la gorge, qui communique de l'arrière-bouche à l'oesophage. Fig. Avoir le gosier pavé, se dit de ceux qui mangent fort chaud ou très épicé. Avoir le gosier sec, aimer à boire, avoir toujours soif. Par plaisanterie. Gosier d'éponge, homme toujours disposé à boire. On dit dans le même sens : Il a une éponge dans le gosier.
Un os lui demeura bien avant au gosier.... Voilà l'opératrice aussitôt en besogne ; Elle retira l'os, puis, pour un si bon tour, Elle demanda son salaire. - Vous riez, ma bonne commère ; Quoi ! ce n'est pas encor beaucoup D'avoir de mon gosier retiré votre cou — La Fontaine (1621-1695)
Le canal par où sort la voix. Le gosier d'un rossignol. Cette femme a un beau gosier, un gosier brillant, un gosier de rossignol, elle a une belle voix. Terme de musique. Coup de gosier se dit d'une seule émission de voix, de son. Lire plusieurs notes d'un seul coup de gosier.
Le fanatique chantera un cantique juif à plein gosier, en faisant brûler des Juifs — Voltaire (1694-1778)
Amener [dans un opéra] très mal à propos deux ou trois chansons ridicules qui font valoir le gosier d'une actrice — Voltaire (1694-1778)
Tuyau de l'orgue, par lequel le vent passe du soufflet dans le porte-vent.
Terme de forge. Partie du soufflet par laquelle le vent passe de la caisse à la buse.
Grand gosier, un des noms vulgaires du pélican.
Étymologie : Origine inconnue. La forme la plus ancienne est gosillier ; ce qui suppose un primitif gosil. Entre les patois, le lorrain dit gosse pour le gosier, l'estomac des bêtes qu'on engraisse : il en a plein la gosse ; de là le verbe gosser : gosser un dindon ; se gosser, manger jusqu'à être tout à fait plein. Gosse pourrait être le primitif de gosier ou gosil ; mais gosse reste sans explication.
Historique : XIVe s. Du stomach vient et nest un pannicle qui monte par le gosillier ; lequel gosillier est dit ysophagus XVIe s. Pensez qu'il enfloit bien le gosier [il parloit avec emphase] Grandgousier, nom du père de Gargantua, dans RABELAIS.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
La partie intérieure de la gorge qui fait communiquer le pharynx avec l’oesophage. Gosier large. Gosier étroit. Avoir le gosier écorché, le gosier tout en feu. Il lui est resté une arête dans le gosier.
Fig. et fam., Avoir le gosier pavé ou ferré, se dit d’une Personne qui mange ou boit extrêmement chaud, sans éprouver de sensation désagréable, ou qui fait un grand usage soit d’épices, soit de liqueurs fortes.
Fig. et fam., Avoir le gosier sec, Aimer à boire, avoir toujours soif.
Il se dit aussi du Canal qui fait communiquer le pharynx avec le larynx. Le gosier d’un oiseau. Le gosier d’un rossignol.
Fig., Cette femme a un gosier de rossignol, Elle a une belle voix.
En termes de Musique vocale, Coup de gosier, se dit d’Une seule émission de voix, de son. Lier plusieurs notes d’un seul coup de gosier.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- gosiers — pluriel — /ɡɔzje/ ou /ɡozje/
- gosier — singulier — /ɡɔzje/ ou /ɡozje/
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