glaive
nom, masculin, /ɡlɛvə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Épée tranchante (usité surtout en poésie et dans le style soutenu). Dans l'Écriture, celui qui frappera du glaive périra par le glaive. Fig.
J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant — Jean Racine (1639-1699)
Quand l'arrêt du destin eut, durant quelques jours, à tant de cruautés permis un libre cours, Et que des assassins, fatigués de leurs crimes, Les glaives émoussés manquèrent de victimes — Voltaire (1694-1778)
La guerre, les combats. Le glaive peut seul décider entre ces deux rivaux.
Le droit de vie et de mort. Le souverain a la puissance du glaive. Le glaive des lois. Le glaive de la vengeance. Le glaive temporel, la justice séculière. Anciennement. Droit de glaive, droit de connaître des crimes qui méritent la peine de mort, ou une autre peine afflictive.
Contre qui s'armer, contre qui tirer le glaive de la justice ? — Olivier Patru (1604-1681)
Puisqu'il permet l'exercice de la puissance du glaive dans les matières de la religion et de la conscience — Bossuet (1627-1704)
Le glaive spirituel, la juridiction de l'Église, le pouvoir qu'a l'Église d'excommunier. En un autre sens.
Qu'elle est forte cette Église, et que redoutable est le glaive que le Fils de Dieu lui a mis dans la main ! mais c'est un glaive spirituel dont les superbes et les incrédules ne ressentent pas le double tranchant — Bossuet (1627-1704)
Le feu est allumé, l'encens est prêt, le glaive est tiré ; le glaive est la parole qui sépare l'âme d'avec elle-même, pour l'attacher uniquement à son Dieu — Bossuet (1627-1704)
Le glaive de la parole, le pouvoir de l'éloquence.
Ce n'est pas ma faute si sa parole [de J. J. Rousseau], puissante comme le glaive et comme le feu, agitait les âmes de ses contemporains — Villemain (1790-1870)
D'un autre Sinaï fais flamboyer la cime, Retrempe au feu du ciel la parole sublime, Ce glaive de l'esprit émoussé par le temps — Lamartine (1790-1869)
Terme d'antiquité romaine. La profession de gladiateur. Condamner au glaive.
Terme du moyen âge. Lance. Glaive courtois, lance sans fer tranchant.
Le traité des chevaliers de la Table ronde dit que les chevaliers ne portaient nulles épées, fors glaives courtois, qui étaient de sapin ou d'if, avec courts fers, sans être tranchants ni émoulus — DU CANGE
L'espadon, poisson.
Étymologie : Provenç. glai, glay, glavi, glazi ; portug. glavio ; ital. gladio ; du latin gladius. Glaive avait généralement le sens de lance, comme étant l'arme par excellence des chevaliers, et, figurément, le sens de carnage.
Historique : XIIe s. De cest glaive, de cest esfrei Parla chascuns mult endreit sei Kar reis Aigrouz od ses Daneis A fait cest gleive [carnage] de Franceis XIIIe s. Tous ces que tu ne conois, soupeçonne que il soient ti ennemi.... se il porte glaive [lance], va à sa destre, et se il porte espée, va à senestre Et portoient un glaive vert à un long fier [fer] de Bohaigne Outre le pont de fer s'est li bers arestus, Dist à ses compaignons : de Dieu aiés vertus ; Ancui ferons grans glaives des cuivers mescreüs, Nous lor torrons [enlèverons] les testes aus brans d'acier molus Là fu navré [blessé] mons Hugue d'Es…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
épée tranchante. Il n’est guère usité qu’en poésie et dans le style soutenu. Il lui plongea son glaive dans le sein. Tirer le glaive. Remettre le glaive dans le fourreau. Fig., Le glaive de la justice.
En termes d’écriture, Celui qui frappera par le glaive périra par le glaive.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- glaives — pluriel — /ɡlɛvə/
- glaive — singulier — /ɡlɛvə/
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