s. m.
Le lieu où l'on demeure, où l'on couche ordinairement. Par extension. Revenir au gîte, revenir parmi les siens. Fig.
Loin du monde elle fait sa demeure et son gîte — Mathurin Régnier (1573-1613)
L'aigle donnait la chasse à maître Jean Lapin, Qui droit à son terrier s'enfuyait au plus vite ; Le trou de l'escarbot se rencontre en chemin ; Je laisse à penser si ce gîte Était sûr ; mais où mieux ? Jean Lapin s'y blottit — La Fontaine (1621-1695)
La couchée en voyage. Arriver au gîte. Dans l'ancien droit administratif, on nommait gîtes d'étape ce que l'on appelle aujourd'hui les étapes militaires. Terme de féodalité. Droit d'être hébergé et nourri gratuitement un jour et une nuit par an.
Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut : Bon soupé, bon gîte et le reste ? — La Fontaine (1621-1695)
....Il craint avec raison Qu'il n'ait ce coup, malgré son oraison, Très mauvais gîte.... — La Fontaine (1621-1695)
Terme de chasse. Le lieu où le lièvre repose et où il est en forme. En cuisine, on nomme lièvre en gîte un pâté de lièvre fait dans une terrine longue au lieu de croûte.
Un lièvre en son gîte songeait ; Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe ? — La Fontaine (1621-1695)
Terme de minéralogie. Masse de minéraux en son gisement.
Ancien synonyme de meule gisante. partie immobile du soufflet.
Terme d'artillerie. Chacune des poutrelles qui soutiennent les madriers d'une plate-forme. Clouer un gîte. Terme de construction hydraulique. Pièces de bois concourant à l'assemblage d'un pont tournant.
Terme de boucherie. Gîte, partie du bœuf qui se trouve au-dessus de l'articulation des jambes jusqu'au commencement du gros de la cuisse et de l'épaule. Le gîte se sépare en trois parties, le bas de gîte, la levée, et l'os de gîte. Gîte à la noix, morceau du bœuf qui se trouve dans la partie arrondie de la cuisse, comprenant le dessous de la queue, la partie où il y a une petite grosseur comme une noix et la chair jusqu'au gîte.
En termes de marine, on fait gîte féminin pour désigner le lieu où un navire échoué se loge. La gîte d'un navire. Un lièvre va toujours mourir au gîte, c'est-à-dire, après avoir bien voyagé, on finit toujours par revenir dans son pays. On dit dans un sens analogue : Cet homme ressemble au lièvre, il vient mourir au gîte. Il faut attendre le lièvre au gîte, pour être sûr de trouver quelqu'un, il faut l'attendre chez lui.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).