giron

giron

nom, masculin, /ʒiʁɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Terme de blason. Triangle qui a une pointe longue faite comme une marche d'escalier à vis et qui finit au cœur de l'écu ; ainsi dit de l'acception primitive de giron, qui est pan coupé obliquement. S'il y a plusieurs girons, ils doivent être alternativement de métal et de couleur.

  2. Par extension du sens de pans de vêtement, l'espace qui s'étend de la ceinture aux genoux d'une personne assise. Fig. Fig. Le giron de l'Église, la communion des fidèles. Dans un sens plus étendu. Rentrer dans le giron, revenir à une société, à un emploi qu'on avait quitté. Il a été longtemps éloigné de l'Université ; mais il vient de rentrer dans le giron.

    Les filles de Darius prisonnières étaient couchées dans le giron de leur grand'mère — Vaugelas (1585-1650)

    Une femme de peu se présente à sa vue Avec un enfant mort couché dans son giron — Jean Mairet (1604-1686)

  3. Terme d'architecture. La largeur de la marche d'un escalier, le lieu où l'on pose le pied, par assimilation de la coupe oblique d'une marche d'escalier avec le giron du blason. Ces marches ont tant de décimètres de giron. Giron droit, celui qui est contenu entre deux parallèles.

Étymologie : Wallon, gèron ; namur. juron ; picard, gron, giron, tablier ; prov. giro ; esp. giron ; port. girão ; ital. gherone, garone ; du germanique : moyen haut-allem. gêre : anc. frison, gare, pan, pointe d'habit ; holl. geere, bande coupée en biais ; pour lesquels Diez suppose un ancien haut-allem. gêro, acc. gêrum, d'où les formes romanes giron, gherone. Diez pense que les mots germaniques viennent de gêr, pointe de lance, à cause de la forme de ces pans de vêtement ; à l'appui de cette transition de sens, il cite dans le bas-latin pilum vestimenti ; à quoi Scheler ajoute sagittas, dit pour pans de

Historique : XIIe s. Et riches trez [tentes] de soie à girons et à pans S'or n'avoit ci de ta gent tel fuison, à ceste espée qui me pent au geron T'aprenderoie ici pesme lecon XIIIe s. Après lor gieux, en son giron Venus embracié le tenoit Lors garde entor lui, si cort prendre Des motes, tot plain son giron, Si li rue tot environ Et dessus le dos et encoste Mès pauvres hons qui n'a avoir..., Ne siet à feu, ne siet à table, Ançois menjut sor son giron Tout en ourant [priant] l'herbe a cuellue, Ses grons en a la dame emplis Et ainsi mena le roy jusques à Kasel, et le descendirent en une meson, et le couchere…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Partie du corps qui va depuis la ceinture jusqu’aux genoux, chez une personne assise. Il ne s’emploie guère que pour désigner le Sein d’une mère. Cet enfant dormait dans le giron de sa mère.

  2. Fig., Le giron de l’église, La communion de l’église catholique. Ramener au giron de l’église. Revenir au giron de l’église.

  3. En termes d’Architecture, il se dit de la Partie de la marche sur laquelle on pose le pied en montant ou en descendant.

  4. En termes de Blason, il se dit de la Sorte de triangle dont la base est aussi large que la moitié de l’écu et dont la pointe est au centre de l’écu. Il porte d’or au giron d’azur.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • girons — pluriel — /ʒiʁɔ̃/
  • giron — singulier — /ʒiʁɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée giron#29508.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.