gibet

gibet

nom, masculin, /ʒibɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Instrument de supplice pour la pendaison.

    Lors bien peu s'en fallut, sans plus longtemps attendre, Que de rage au gibet je ne m'allasse pendre — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Le valet est un scélérat qui sera par Géronte envoyé au gibet avant qu'il soit demain — Molière (1622-1673)

  2. Fourches patibulaires où l'on exposait les corps des suppliciés.

    La populace traîna le corps de l'amiral [Coligni] par les rues, et le pendit par les pieds avec une chaîne de fer au gibet de Montfaucon — Voltaire (1694-1778)

    Le cadavre embaumé [de Cromwell], que Charles II fit exhumer depuis et porter au gibet, fut enterré dans le tombeau des rois — Voltaire (1694-1778)

  3. Gibet, se dit aussi de la croix. Le gibet auquel Jésus fut attaché.

Étymologie : Ital. giubbetto, giubbette (le plus ancien exemple est de Dante). D'après Diez, la forme italienne montre que le mot vient de giubba, jupe, de sorte que le giubbetto signifie la petite jaquette, devenue le gibet par une plaisanterie métaphorique ; dans le français l'u se serait changé en i, comme dans ginisse ou génisse, du latin junīcem. Cela est possible, plus pourtant pour la forme que pour le sens. En tout cas, cette étymologie reste fort douteuse, les intermédiaires manquant. On remarquera, au XIVe siècle, la forme juybet, qui se rapproche de la forme italienne. Pourtant il n'est pas prob

Historique : XIIIe s. Et fu pendus à un gibet tout nuef, et à un caignon tout nuef, que la corde ne rompist Car s'il est mal acquis, tout le leur convient rendre, S'il ne vuelent leur ames au gibet d'enfer pendre XIVe s. Jeune president, jeune mire [médecin] Font plein gibet, plein cimetire Haro ! ce dit Girart, fort gibet convenroit ; Je suis si grans et gros ; comment m'en soustenroit ? Estre pendu au gibet de fust ou de pierre Les charpentiers et charrons de Baugency sont tenus de faire à lor cous et despens, par baillant de quoy, les portes et le juybet de la ville XVIe s. Que le siege d'un juge ne soi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Potence où l’on exécute ceux qui sont condamnés à être pendus. Attacher à un gibet. Mener au gibet. Pendre au gibet. Dresser un gibet.

  2. Il se dit aussi des Fourches patibulaires où l’on exposait les corps de ceux qui avaient été pendus.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • gibets — pluriel — /ʒibɛ/
  • gibet — singulier — /ʒibɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gibet#29439.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.