gentilhomme
nom, masculin, /ʒɑ̃tijɔmə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Celui qui est de race noble. Gentilhomme de bon lieu. Il est gentilhomme comme le roi. Avant les ordonnances de 1579 et de 1600, gentilhomme se disait à la fois du noble de race et de celui qui avait acquis la noblesse par l'exercice constant des armes ou par la possession d'un fief ; gentilhomme de nom et d'armes se disait exclusivement du noble de race ; les ordonnances de 1579 et de 1600 supprimèrent la noblesse acquise par l'exercice constant des armes et la noblesse acquise par la possession des fiefs (HÉNAULT). Vivre en gentilhomme, vivre sans rien faire. Troc de gentilhomme, troc où de part et d'autre on ne fait qu'échanger les choses, sans aucun retour en argent.
Ne vous mêlez point avec ces gens-là [les Rochelois], qui haïssent le roi à cause qu'il est le premier gentilhomme de son royaume — Guez de Balzac (1597-1654)
Qui se dit gentilhomme et ment comme tu fais, Il ment quand il le dit, et ne le fut jamais — Pierre Corneille (1606-1684)
Titre de certains officiers attachés au service des princes. Gentilshommes de la chambre. Il y avait quatre premiers gentilshommes de la chambre, qui servaient le roi lorsqu'il mangeait en chambre et lui donnaient la chemise en l'absence du premier chambellan. Gentilshommes ordinaires du roi, gentilshommes qui se trouvaient auprès du roi pour recevoir ses ordres et qui servaient par quartiers. Gentilshommes au bec de corbin, voy. CORBIN. Gentilshommes de la manche, nom donné aux gentilshommes qui se trouvaient continuellement auprès du prince, quand il était jeune homme. Gentilhomme servant, celui qui ne servait que les têtes couronnées et les princes du sang, et toujours l'épée au côté. Fig. Gentilshommes d'artillerie étaient des officiers qui n'avaient pas d'autre emploi que de garder les pièces, d'empêcher qu'elles ne s'altérassent et de hâter l'ouvrage des canonniers.
Les gentilshommes nommés les quarante-cinq, qui assassinèrent le duc de Guise, étaient une compagnie nouvelle formée par le duc d'Épernon, payée au trésor royal sur les billets de ce duc ; et aucun de leurs noms ne se trouve parmi les gentilshommes de la chambre — Voltaire (1694-1778)
Mme d'Étioles obtint alors pour M. de Voltaire le don gratuit d'une charge de gentilhomme ordinaire de la chambre — Voltaire (1694-1778)
Par plaisanterie. Gentilhomme à lièvre, petit gentilhomme qui, les trois quarts de l'année, se nourrit du produit de sa chasse. C'est un gentilhomme de Beauce, il est au lit quand on fait ses chausses, se dit d'un gentilhomme pauvre. Gentilhomme de ligne, se disait par dérision pour faire entendre qu'un homme est fils ou petit-fils d'un pêcheur. Gentilhomme de parchemin, homme qui vient d'être anobli.
Par ironie et par moquerie, on appelle gentilhomme celui dont on veut dire qu'il n'a ni naissance, ni honneur, ni qualité.
Ce petit gentilhomme [un intrigant qui vit aux dépens de ses maîtresses] fera une belle campagne cette année — Dancourt (1661-1725)
Quoi ! c'est votre cousin que ce M. Guillaume, madame Pinuin ? ce gentilhomme-là ne fait point de déshonneur à la famille — Dancourt (1661-1725)
Dans quelques campagnes on nomme gentilhomme le porc qu'on engraisse, parce qu'il vit sans travailler, ou parce qu'il est vêtu de soie.
Sorte d'oiseau, voy. FOU, n° 18.
Terme de métallurgie. Pièce de fonte sur laquelle s'écoule le laitier du haut fourneau.
Étymologie : Gentil, et homme : c'est-à-dire homme de race ; provenç. gentils hom ; catal. gentil home ; espagn. gentilhombre ; portug. gentil-homem ; ital. gentiluomo. Dans l'ancien français gentilz hom est le nominatif ; gentil home est le régime ; on disait gentils feme, pour femme noble.
Historique : XIIe s. Ele [Adèle] fu de Chartres cuntesse, Espuse al cunte Estievenun, Gentil home, noble barun Mielz valt fiz à vilain qui est prouz e senez, Que ne fait gentilz hum failliz e debutez XIIIe s. Et assez me tient-on en mon païs pour jentil home Dame, il vous convient laissier votre signeur, car il n'est mie assés gentius hom pour tenir le roiaume de Jerusalem Et si sunt il plus gentil homme, Que cil qui vont chacier as lievres Et que cil qui sunt coustumiers De maindre [demeurer] es palais principiers Et s'il ne pot prover, il pert se [sa] demande, et si est l'amende de cinq saus, et de dix s…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Celui qui est de race, de naissance noble. Simple gentilhomme. Foi de gentilhomme. Se conduire en gentilhomme. Gentilhomme d’ancienne extraction, de vieille souche. Un gentilhomme de marque.
Il se dit, au figuré, de Celui qui, sans être noble de race, a des sentiments, des manières nobles. C’est vraiment un gentilhomme. Il est tout à fait gentilhomme. Se comporter en gentilhomme.
GENTILHOMME s’est dit autrefois des Hommes nobles qui s’attachaient à quelque prince.
Il s’est dit également d’un Titre de charge. Premier gentilhomme de la chambre. Gentilhomme ordinaire. Gentilhomme servant.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (3)
- gentilhommes — pluriel — /ʒɑ̃tijɔmə/
- gentilshommes — pluriel
- gentilhomme — singulier — /ʒɑ̃tijɔmə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gentilhomme#29341.