gens
nom, féminin, /ʒɑ̃/
Définitions
Personnes considérées de façon indéterminée, en nombre indéfini.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Catégorie de personnes partageant une caractéristique sociale, professionnelle ou autre, généralement introduite par la préposition de : les gens de lettres, les gens du voyage.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Domestiques ou personnes attachées au service de quelqu'un.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (18 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. pl.
Nom collectif signifiant en général un certain nombre de personnes ; dans ce sens, gens est, suivant l'emploi, tantôt masculin, tantôt féminin ; voy. les remarques. Tous les honnêtes gens. Les vieilles gens. Ce sont des gens résolus. Les petites gens, les gens d'une condition inférieure. De bonnes gens, des personnes qui ont de la bonté, de la bonhomie. Vous croyez cela, bonnes gens. Bonnes gens, se dit quelquefois pour personnes d'un âge avancé. Dans le langage féodal, bonnes gens signifiait des hommes recommandables par leur conduite et par leur position. D'honnêtes gens, des personnes de probité ; des gens honnêtes, des personnes qui ont des manières civiles. (voy. à HONNÊTE le sens qu'avait honnètes gens au XVIIe s.).
Quelles méchantes gens ! Achillas et Photin sont gens à dédaigner — Pierre Corneille (1606-1684)
Tandis que leurs soldats en des camps éloignés Prennent l'ordre sous lui de gens qu'il a gagnés — Pierre Corneille (1606-1684)
Absolument. Les gens, les hommes en général. Les gens, se dit parfois, dans le langage familier, des personnes qui parlent, à qui l'on parle, ou même d'une seule personne. Se connaître en gens, discerner les caractères, les sentiments des hommes. Vous vous moquez des gens c'est se moquer des gens, se dit de celui qui fait des propositions déraisonnables. Ces gens-là se dit de personnes qui sont placées à un endroit où nous ne sommes pas. Ces gens-là, se dit aussi par dédain de personnes dont on parle.
Presque rien, dit le chien, donner la chasse aux gens — La Fontaine (1621-1695)
Il ne faut jamais dire aux gens : Écoutez un bon mot, oyez une merveille — La Fontaine (1621-1695)
Gens suivi de la préposition de et d'un substantif ; en cet emploi, gens est toujours masculin. Les gens de bien, les personnes qui ont probité et honneur. Les plus gens de bien, ceux qui ont le plus de vertu. Les gens du monde, les personnes qui vivent dans la société, par opposition aux personnes qui vivent dans la retraite. Gens du monde, se dit quelquefois par opposition aux gens qui ont une profession savante. Les gens du monde commettent les plus grandes bévues quand ils parlent de médecine. Gens de main, hommes habitués à combattre, capables de coups hardis. Des gens de sac et de corde, des hommes capables des plus grands crimes et dignes des plus grands châtiments. Être gens à.... Être capables de. Vous nous prenez pour des gens de l'autre monde, vous nous prenez pour des ignorants ou des niais. Vous nous prenez pour des gens de delà l'eau, c'est-à-dire pour des gens qui ne savent ni nouvelles ne affaires.
Ayez soin que tous deux fassent en gens de cœur — Pierre Corneille (1606-1684)
Si tant de gens de cœur font des vœux pour ta mort — Pierre Corneille (1606-1684)
Gens sert à désigner certaines classes de personnes, certaines professions ; en ce sens il est toujours masculin. Les gens de finance. Gens d'Église, ceux qui composent le clergé. Gens d'épée, les militaires. Les gens de robe, ceux qui portent la robe au palais, qui rendent les jugements, plaident les causes, etc. Les gens du roi, les procureurs et avocats généraux, et ceux qu'on désignait sous les noms de procureurs ou avocats du roi. Il se disait, dans les ordonnances, dans les édits, des parlements et autres compagnies de justice. Les gens tenants la cour de parlement. Les gens tenants la cour des aides. Gens d'armes, cavaliers des anciennes compagnies d'ordonnance (écrit plus ordinairement en un seul mot ; voy. GENDARME). Gens de guerre, les militaires. Gens de pied, gens de cheval, infanterie, cavalerie. Dans l'antiquité, gens de trait, soldats qui lançaient des traits. Terme de marine. Les gens de mer, tous les hommes non brevetés par l'État qui font le métier de marin. Les gens de cour, les courtisans. Gens d'affaires, les hommes qui s'occupent d'affaires de bourse, de banque, de commerce, de transactions diverses. Les gens de lettres, les hommes livrés à la culture des lettres. La Société des gens de lettres, société composée de gens de lettres et s'occupant de leurs intérêts.
J'y trouvai cinq ou six dames et trois messieurs, dont deux me parurent des gens de robe, et l'autre d'épée — Marivaux (1688-1763)
J'ai plaint les peuples qu'on abuse, J'ai chansonné les gens du roi — Béranger (1780-1857)
Ceux qui sont d'un parti ; troupe soit d'une nation en guerre, soit d'un meneur quelconque ; en ce sens il est toujours masculin. Dix de nos gens y périrent. Ceux qui sont d'une même société. Tous nos gens sont arrivés, faites servir le dîner.
La moitié de tes gens doit occuper la porte — Pierre Corneille (1606-1684)
Peignez-lui bien nos gens pâles et désolés — Pierre Corneille (1606-1684)
Les domestiques, les personnes à la suite ; en ce sens, on ne le dit guère que de cette façon : les gens de M. un tel, et, avec les adjectifs possessifs : mes gens, ses gens, vos gens, nos gens, leurs gens, etc. Alors il est d'ordinaire sans épithète qui précède, et par conséquent masculin ; mais sans doute on dirait au féminin : les maladroites gens de M. un tel.
Allons donc, mon carrosse ! où est-ce qu'est mon carrosse ? mon Dieu ! qu'on est misérable d'avoir des gens comme cela ! — Molière (1622-1673)
Almanzor, dites aux gens de M. le marquis qu'ils aillent querir des violons — Molière (1622-1673)
Bêtes et gens, les personnes avec les chevaux, avec les mulets qui leur servent. L'espace est étroit, mais nous trouverons le moyen de loger tout le monde, bêtes et gens. Il n'y a ni bêtes ni gens, se dit d'un lieu désert.
Étymologie : Gens est le pluriel de gent 1 ; picard, égeins.
Historique : XIIe s. De pres l'enchassent les gent de bonne foi Mais tant enquierent felon, Losengier et males gens XIIIe s. Et moult i ot gens navrés et mortes En la terre le conte de Champagne se croisa Garniers li vesques de Troies.... et maintes autres bonnes gens dont li livres ne fait mie mention Les gent de celle terre en pleurerent forment Que m'est-il avenu ? qu'ont ces gens empensé ? Je suis des gens le roi cui douce France apent Puisqu'ainsi est que [vous] estes des gens à nostre roy Pour ces trois gens Qui ont pel de beste afublée Aucunes fois avient il que deus gens qui sont en mariage se depa…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Mot latin qui se dit en fait d'histoire romaine, et qui est l'appellation technique de la réunion des anciennes familles patriciennes qui portaient le même nom et qui étaient censées issues de la même souche. Une gens comprenait plusieurs familles. La gens Fabia. La gens Cornelia. Au pluriel, on dit les gentes (prononcez jin-tès').
Étymologie : Lat. gens, race, nation (voy. GENT 1).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
(Pluriel de GENT.) Personnes en nombre indéterminé. Des gens de bien. Des gens de goût. Des gens de talent. Des gens de parole. Ils se sont conduits en gens de coeur. Ce sont des gens de marque. Des gens de qualité. Des gens de rien. Des gens sans aveu. Il y a parmi eux beaucoup de gens en place. Consulter les gens du métier.
Lorsque GENS est accompagné d’un adjectif, celui-ci se met au féminin s’il le précède immédiatement, et au masculin s’il le suit. Ce sont de méchantes gens. Bonnes gens vous croyez cela! Il s’accommode de toutes gens. De telles gens sont à plaindre. De vieilles gens les meilleures gens du monde. Des gens âgés. Des gens instruits. Des gens mal élevés.
L’adjectif ou le participe placé en tête du membre de phrase où GENS est sujet se met toujours au masculin. Quoique déchus de leurs honneurs et de leur fortune, ces gens paraissent heureux. Instruits par l’expérience les vieilles gens sont soupçonneux.
Lorsque GENS est précédé d’un adjectif des deux genres, on met Tous au masculin. Tous les honnêtes gens. Tous les habiles gens. Quand au contraire l’adjectif qui précède Gens est féminin, On met Toutes. Toutes les vieilles gens.
On met aussi Tous au masculin lorsque GENS est suivi d’une épithète ou de quelque autre mot déterminatif. Tous les gens sensés, raisonnables, pieux, etc. Tous les gens qui raisonnent. Tous les gens de bien. Tous les gens en place. Tous ces gens-ci. Tous ces gens- là. Tous gens bien connus. Tous gens d’esprit et de mérite.
Les gens du monde, Les personnes qui vivent dans le monde, qui ont les habitudes et les manières de la société élégante. Il se dit aussi quelquefois par opposition à Ceux qui possèdent à fond telle ou telle science. Mettre la science à la portée des gens du monde.
Fam., Des gens de sac et de corde. Voyez
CORDE.
Fig. et fam., Vous vous moquez des gens. Vous nous prenez pour des ignorants, pour des imbéciles.
Fig. et fam., Ce sont des gens de l’autre monde. Ce sont des personnes extravagantes.
Il ne se dit jamais en parlant d’un nombre déterminé de personnes, à moins qu’il ne soit précédé de certains adjectifs, comme dans ces exemples : Il y vint trois pauvres gens. Nous étions dix honnêtes gens. Ces quatre frères étaient quatre braves gens.
Fam., Des milliers de gens, etc. Beaucoup de gens en nombre indéterminé. Il y a des milliers de gens qui voudraient être à votre place.
GENS, suivi de la préposition DE et d’un nom qui désigne une profession, un état quelconque, signifie Tous ceux qui sont de cet état, de cette profession. Dans cette acception et dans celles qui suivent, il ne veut jamais l’adjectif ou le participe au féminin. Les gens de robe. Les gens d’église. Les gens de guerre. Les gens d’épée. Les gens de loi. Les gens de mer. De nombreux gens de lettres. Les gens de finance. Certains gens d’affaires.
Il se dit encore de Ceux qui sont d’un parti, par opposition à ceux de l’autre. Nos gens ont battu les ennemis. Nos gens ont été repoussés. Je craignais que ce ne fussent des ennemis, et c’étaient de nos gens. Nos gens battirent les vôtres. Dix de nos gens y périrent.
Il se dit également des Personnes qui sont d’une même partie de promenade, de jeu, de festin, etc. Tous nos gens sont arrivés, faites servir le dîner. Tous nos gens sont au rendez- vous. Ce sens est très familier.
Les gens du roi se disait des Procureurs et avocats généraux, des procureurs et avocats du roi.
Il veut encore dire les Domestiques. Tous vos gens vous ont quitté. Tous mes gens sont malades. Un de ses gens. Appeler ses gens. Les gens de maison.
Droit des gens, Droit des nations. Ensemble de droits naturels, communs à toutes les nations. Il se dit aussi des Règles de droit international qui régissent les rapports des nations entre elles. Violer le droit des gens.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- gens — pluriel — /ʒɑ̃/
- gentes — pluriel
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gens#29333.