garnison

garnison

nom, féminin, /ɡaʁnizɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Troupes qu'on met dans une place pour la défendre ou y séjourner quelque temps. La garnison de Paris. Il est en garnison à Lille. Mettre garnison dans une ville. Tenir garnison dans une forteresse. Fig. Ville de garnison, ville où l'on met ordinairement des troupes en garnison.

    Le roi fit la garnison prisonnière de guerre, et entra dans Valenciennes, étonné d'en être le maître — Voltaire (1694-1778)

    Stralsund avait une garnison de près de neuf mille hommes, et de plus le roi de Suède lui-même — Voltaire (1694-1778)

  2. Lieu de séjour pour les troupes. Vie de garnison. Familièrement. Mariage de garnison, mariage mal assorti. Amours, conquêtes de garnison, femmes d'un ton peu relevé ou d'une conquête facile.

    Et si l'erreur s'épand jusqu'en nos garnisons.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Condamné à passer sa jeunesse dans des garnisons — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Un homme ou plusieurs hommes qui gardent les meubles d'une personne lorsqu'ils sont saisis, ou qui sont établis chez un débiteur du fisc, pour l'obliger à payer. Il y a garnison chez lui. On a levé la garnison.

    Ce qui m'afflige, c'est que j'étais chez lui quand ses associés y sont venus mettre garnison — Lesage (1668-1747)

  4. Fig. et populairement. Il y a de la garnison, se dit de la tête d'un enfant qui a des poux.

  5. Terme d'orfévre. Ouvrage doré par garnison, ouvrage où quelques parties sont dorées et le reste blanc.

Étymologie : Garnir ; provenç. garniso, guarniso ; anc. catal. garnison ; espagn. guarnicion ; ital guarnizione, guarnigione.

Historique : XIIIe s. Et li empereres meismes i alla assés folement ; car il n'avoit de garnison [armure] pour son corps à cel point que un seul gasygau [gambison] De cix qui sont mis es garnisons, es viles ou es castiax por les garder Nus [nul] ne nous osoit venir de Damiete pour aporter garnison [provisions] contre-mont l'yaue XIVe s. À Cornelius fut commandé qu'il demourast à Rome en garnison, afin que aucune partie des ennemis ne venist pour piller XVe s. Et emportoient et faisoient emporter les seigneurs la garnison pour armer douze cens hommes d'armes de pied en cap Les garnisons des frontieres estoi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f. coll.

  1. Corps de troupes qu’on met dans une place, dans une forteresse pour la défendre. Après deux mois d’une héroïque résistance, la garnison dut se rendre.

  2. Il se dit, par extension, d’un Corps de troupes caserné dans une ville. Ville de garnison, ou par ellipse Garnison. être en garnison. Changer de garnison.

  3. Vie de garnison, Vie que mènent les militaires dans une garnison, en temps de paix.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • garnisons — pluriel — /ɡaʁnizɔ̃/
  • garnison — singulier — /ɡaʁnizɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée garnison#29141.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.