garenne

garenne

nom, féminin, /ɡaʁɛnə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Proprement et anciennement, défense de pêcher dans une rivière, de chasser dans un bois.

    On ne peut tenir rivière en garenne s'il n'y a titre ou prescription suffisante

  2. Par passage du sens de droits prohibitifs aux lieux qui en étaient l'objet, lieu particulier près du château que le seigneur faisait garder avec plus de soin.

    Garenne à bois et à eau, étangs et forêts, appartient au fils aîné pour son préciput et droit d'aînesse

  3. Plus particulièrement encore, lieu à la campagne planté d'arbres, où il y a des lapins et où on a soin de les conserver. Lapin de garenne, se dit, comme meilleur à manger, par opposition à lapin de clapier ou de choux. Fig. Celui-là est de garenne [par allusion aux lapins de garenne], se dit d'un conte ou d'un trait d'esprit dont on raille. Garenne forcée ou garenne privée, petit lieu clos de murailles ou de fossés pleins d'eau, où l'on met et élève des lapins.

    Un chat était entré dans une garenne peuplée de lapins — Fénelon (1651-1715)

    Le lapin de garenne semble savoir qu'il n'est pas logé et il se loge ; les lapins de clapiers dont on peuple les garennes, se gîtent comme le lièvre ; mais, au bout de quelques générations, ils commencent à se faire des terriers — Charles Bonnet (1720-1793)

  4. Lieu de garde, de réserve pour certains animaux. Garenne à poisson, espèce de réservoir que l'on fait dans les rivières ou étangs.

    ....Que les seigneurs s'y attribuaient la pêche, qu'on y formait des garennes à cygnes et des pêcheries — ROBIN

Étymologie : Berry, varenne, terre sablonneuse ; picard, varenne ; provenç. garuna, varena ; bas-lat. warenna ; du même radical que garer (garenne signifiant proprement un lieu réservé, défendu), avec un suffixe irrégulier.

Historique : XIIIe s. Tant se haste et tant s'esploite, Tant chevauche bois et garane, Qu'il est venuz à Theroane Aucunes gens cuident que cil qui sunt pris emblant connins ou autres grosses bestes savages en autrui garennes anciennes, ne soient pas pendables ; mes si sunt, quant il sunt pris par nuit XIVe s. Qui est trouvé tendant aux perdrix en païs de garenne, il chet en amende de dix livres, et le harnas perdu XVe s. Les escumeurs d'Affrique.... faisoient de la ville d'Affrique leur warenne et font encore XVIe s. Lapins de garenne Estangs et rivieres portant garennes et aussi garennes sont defendues, e…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Bois où il y a des lapins et où l’on prend soin de les conserver. Lapin de garenne. Avoir droit de garenne.

  2. Garenne forcée, ou Garenne privée, Petit lieu clos de murailles ou de fossés pleins d’eau, où l’on met et où l’on élève des lapins.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • garennes — pluriel — /ɡaʁɛnə/
  • garenne — singulier — /ɡaʁɛnə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée garenne#29115.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.