interj.
Terme familier. Il s'emploie lorsqu'on avertit de se ranger, de faire place, d'éviter quelque chose qui est lancé, qui tombe. Gare devant, se dit pour avertir quelqu'un qui est devant nous de se détourner. Gare, se dit aussi pour avertir de prendre garde. En termes de chasse, celui qui entend le cerf bondir de la reposée doit crier gare.
Il faut que je voie, que je m'informe, que je coure chez le notaire ; gare que je passe — Louis-Benoît Picard (1769-1828)
Gare, gare, gare ; voici quelqu'un qui vient interrompre la conversation — Dancourt (1661-1725)
Frapper sans dire gare, frapper sans avoir menacé. Sans dire gare, signifie aussi sans avertir.
Et qui frappe sans dire gare — Scarron (1610-1660)
...sans leur dire gare, elle [la mort] abat les humains — Molière (1622-1673)
Gare, exprime aussi qu'on appréhende pour soi ou pour les autres certaines choses fâcheuses.
Vous devez marcher droit pour n'être pas berné ; Et, s'il faut que sur vous on ait la moindre prise, Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise — Molière (1622-1673)
Sinon, gare l'instant de la conclusion — Destouches (1680-1754)
Gare le pot au noir, s'est dit autrefois, au jeu de colin-maillard, pour exprimer ce qu'on dit aujourd'hui casse-cou.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).