gardé · garde · garde....

gardé

adjectif, /ɡaʁde/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qu'on surveille, dont on prend soin. Un enfant gardé par la bonne.

  2. Surveillé et soigné durant une maladie. Gardé dans sa petite vérole par une mère dévouée. Dont la sûreté est protégée. Le roi gardé par des troupes fidèles. Des troupeaux gardés par le pasteur. Terme de jeu de cartes. Roi gardé, dame gardée, roi, dame qui a une ou plusieurs gardes. Le joueur dit aussi : Je ne crains rien, je suis gardé. J'étais gardé à carreau, au propre ; et au fig. J'avais pris toutes mes précautions.

  3. Défendu. La ville gardée par une garnison nombreuse.

  4. Préservé. Gardé du péril.

    Paris et tout le royaume avec un fidèle et admirable empressement reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages — Bossuet (1627-1704)

  5. Conservé. Des fruits gardés dans le fruitier.

    Souvent les remèdes les plus gardés sont les meilleurs — Montesquieu (1689-1755)

  6. Observé. Les convenances les plus exactes furent gardées. Proportion gardée, toute proportion gardée, en tenant compte de l'inégalité, de la différence relative de deux personnes, de deux choses.

    Et d'un trône si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée — Jean Racine (1639-1699)

    Il y a des règles de bienséance et d'honneur, qui doivent être gardées inviolablement, même à l'égard des ennemis — Rollin (1661-1741)

  7. Qu'on empêche de s'échapper. Le prisonnier gardé par les gendarmes.

  8. Réservé. Un triste sort lui est gardé.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • gardées — pluriel féminin — /ɡaʁde/
  • gardés — pluriel masculin — /ɡaʁde/
  • gardée — singulier féminin — /ɡaʁde/
  • gardé — singulier masculin — /ɡaʁde/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gardé#29111.

garde

nom, /ɡaʁdə/

Définitions

  1. Action de surveiller, de protéger ou de conserver une personne, un lieu ou un bien.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Responsabilité de veiller sur un enfant, confiée par la justice à un parent ou à un tiers.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Service de surveillance ou de soins assuré à tour de rôle en dehors des horaires habituels.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Corps de troupes chargé de la protection d'un souverain ou d'un chef d'État.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) · 1873 (23 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (35 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Celui que l'on charge de garder, de surveiller une personne. Il n'est pas prisonnier, mais il a des gardes.

    Au lieu d'être en prison, je n'ai pas même un garde — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Homme armé faisant partie de la garde d'un roi, d'un prince, d'un gouverneur, d'un officier général, etc. Fig. Gardes de Jupiter, ancien nom de ses satellites. Terme de marine. Les gardes, nom donné à trois étoiles voisines de l'étoile polaire, dont la situation, par rapport à cette étoile, sert pendant la nuit à prendre la hauteur du pôle arctique.

    Nous saisissons la porte et les gardes se rendent — Pierre Corneille (1606-1684)

    Les Écossais, à qui il [Charles 1er] se donne, le livrent aux parlementaires anglais ; et les gardes fidèles de nos rois trahissent le leur — Bossuet (1627-1704)

  3. Garde royal, garde impérial, soldat de la garde royale, de la garde impériale. Des gardes royaux, des gardes impériaux. Garde municipal, un soldat de la garde municipale. Gardes municipaux. Garde national, citoyen qui fait partie de la garde nationale. Les gardes nationaux. Génin, Récréations, t. II, p. 87, remarque qu'il faudrait dire un garde nationale, des garde nationale ; comme on dit un garde française, des garde française ; c'est-à-dire un de la garde nationale, des de la garde nationale. C'est là en effet la construction logique et la première qui s'est présentée, comme on le voit pour garde française ; mais depuis, partout ailleurs, l'oreille et l'assimilation l'ont emporté. Un garde d'honneur, un soldat appartenant à la garde d'honneur.

  4. Gardes du corps, nom d'une troupe de cavalerie qui, sous l'ancienne monarchie, était composée de gentilshommes, et, sous la Restauration, de militaires ayant le grade d'officiers, et qui gardait la personne du roi. Un garde du corps. Capitaine des gardes du corps, ou, simplement, des gardes. Fig. Les cent gardes, troupe instituée par l'empereur Napoléon III, et qui monte la garde dans le palais. Au singulier, un cent-gardes, un homme faisant partie de cette garde. Autrefois, gardes de la porte, ceux qui montaient la garde aux portes de l'intérieur du palais où était le roi pendant le jour. Gardes de la manche, gardes du corps qui, en certaines occasions, étaient debout aux deux côtés du roi, armés de pertuisanes, et dont la fonction était d'assister à la messe du roi, de le garder à vue durant l'office, et de faire mettre à genoux aux temps voulus.

    Le bon roi Évandre n'ayant pour gardes du corps que deux chiens, qui servaient encore à garder la porte de sa maison — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

  5. Le régiment des gardes, régiment d'infanterie française destiné à garder les avenues des lieux où le roi était logé. Absolument. Les gardes, ou, au féminin, les gardes françaises, le régiment susdit. Capitaine aux gardes, lieutenant aux gardes, enseigne aux gardes, sergent aux gardes, soldat aux gardes, capitaine, lieutenant, etc. dans les gardes françaises ; au lieu que capitaine des gardes signifiait capitaine des gardes du corps. Garde est masculin : un garde du roi ; mais, quand on parlait du corps entier des gardes, l'usage avait fait ce substantif féminin : les gardes françaises, les gardes écossaises. Au masculin, un garde française, un soldat des gardes françaises. Le régiment des gardes suisses, ou, absolument, les gardes suisses, régiment d'infanterie suisse qui faisait le même service que le régiment des gardes françaises.

    Le régiment des gardes ne fut formé que par Charles IX — Voltaire (1694-1778)

  6. Anciennement. Gardes de la marine, ou gardes-marine (marine, on le remarquera, s'écrit sans s), jeunes gentilshommes nommés par le roi pour la garde de l'amiral et pour s'instruire dans le service de la mer. Ce jeune garde-marine est devenu enseigne de vaisseau. Gardes-marine est une abréviation pour gardes de marine ; c'est pour cela qu'on met le pluriel à gardes. Gardes de l'étendard, jeunes gens qui étaient dans le corps des galères ce que les gardes de la marine étaient dans le corps de la marine. Gardes maritimes, se dit des garde-pêche.

    Prendre du sexe et l'habit et la mine, Devant les yeux de vingt gardes-marine — Voltaire (1694-1778)

    Ce fut dans ce voyage que, M. de Roquefeuille lui ayant présenté son fils, en le priant de l'admettre parmi les gardes-marine : Je me charge de lui, dit le ministre, et je compte le faire un jour vice-amiral — Condorcet (1743-1794)

  7. Employé chargé de la garde de certains dépôts. Garde des meubles de la couronne. Garde général des archives, employé supérieur qui est à la tête du dépôt des archives de l'empire.

    Les gardes de la bibliothèque de Genève — Voltaire (1694-1778)

    La charge de bibliothécaire du roi, telle qu'elle est aujourd'hui et que l'abbé Bignon la possédait, comprend celle de maître de librairie et celle d'intendant ou garde du cabinet des livres manuscrits, médailles et raretés antiques et modernes, et garde de la bibliothèque du roi — Dortous de Mairan (1678-1771)

  8. Garde des sceaux, le ministre de la justice, celui auquel sont confiés les sceaux de l'État. On a dit dans un sens analogue : garde des sceaux de la chancellerie de telle cour.

    Croiriez-vous bien que M. le garde des sceaux me persécute pour ce malheureux Temple du goût, comme on aurait poursuivi Calvin pour avoir abattu une partie du trône du pape ? — Voltaire (1694-1778)

    Jupin.... Ta cour de justice éternelle A-t-elle eu ses gardes des sceaux ? — Béranger (1780-1857)

  9. Garde champêtre, agent préposé à la garde des propriétés rurales. Garde forestier et garde des bois, agent préposé à la conservation des forêts.

  10. Garde de commerce, officier subalterne qui est chargé de mettre à exécution les contraintes par corps.

  11. Garde d'artillerie, garde du génie, sous-officiers d'état-major, chargés de la conservation du matériel de l'artillerie ou du génie.

  12. Gardes de santé, préposés chargés de veiller à l'observation des lois et ordonnances sur la police sanitaire.

  13. Autrefois, gardes des métiers, maîtres et gardes, ceux qui, élus dans les corps de métiers, avaient soin que rien ne se fît contre les règlements. Gardes des monnaies, premiers juges des monnaies, dont les appellations ressortissaient aux cours des monnaies. Gardes des priviléges des universités, juges qui étaient spécialement chargés de la conservation des droits et priviléges d'une université.

Étymologie : Voy. GARDER.

Historique : XIIe s. Trestout manois [tout aussitôt] as gardes [ils] sont livré Et les gardes [du champ clos] i courent, la bataille est finée XIIIe s. Nul n'est contrains à penre bail ne estre garde [tuteur] d'enfans ne estre hoirs de nului, s'il ne li plest

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Action de garder, de conserver, de défendre quelqu'un ou quelque chose, de surveiller quelqu'un ou quelque chose. Avoir la garde d'une bibliothèque, d'un magasin. Il faut une garnison de trois mille hommes pour la garde de cette ville. La garde du défilé des Thermopyles confiée à Léonidas. On le mit à la garde, ou, mieux, sous la garde d'un huissier, c'est-à-dire on commit un huissier pour veiller à ce qu'il ne s'échappât. à. la garde, sous la garde de Dieu, sous la protection de Dieu. Familièrement. À la garde de Dieu, c'est-à-dire il en arrivera ce qu'il pourra. Que Dieu vous ait en sa sainte et digne garde, ou, simplement, en sa sainte garde ! formule par laquelle les souverains terminent les lettres qu'ils écrivent. Terme d'expéditions et de roulage. Remis à la garde d'un tel, voiturier. Par extension. Mettre quelqu'un sous bonne garde, le donner à garder à qui peut en répondre. En parlant des personnes et au sens actif, être de bonne garde, garder avec soin ce qu'on possède. Il y a dix ans que j'ai cette montre ; je suis de bonne garde. En parlant de certaines choses, des fruits, etc. et au sens passif, être de bonne garde, ou être de garde, se conserver longtemps sans se gâter. Dans le sens contraire. Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde. Les filles sont de difficile garde, on a une grande surveillance à exercer pour les garantir de la séduction.

    Dieu, qui de ceux qu'il aime est la garde éternelle — Malherbe (1555-1628)

    Vous ne me direz plus qu'on vous l'a mise en garde — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Terme d'eaux et forêts. Étendue de la juridiction d'un officier préposé à la conservation des bois.

  3. Terme de jurisprudence. Garde judiciaire, se dit de la conservation et de la surveillance des objets saisis, séquestrés, mis sous les scellés, pour être ensuite représentés à qui de droit. Terme de coutumes. Garde noble, voy. GARDE-NOBLE. Garde royale, droit qui appartenait au roi en certains lieux, de jouir des revenus des mineurs qu'il avait en sa garde. Garde seigneuriale, droit en vertu duquel le seigneur féodal jouissait des revenus des fiefs tenus immédiatement de lui, pendant que ses vassaux étaient en bas âge, à charge d'entretenir les héritages et de payer les redevances annuelles (Normandie).

  4. Guet, surveillance. Ce chien est de bonne garde, il garde, il avertit bien. Fig.

    Puisqu'on fait bonne garde aux murs et sur le port — Pierre Corneille (1606-1684)

    Est-ce pour moi, seigneur, qu'on fait garde à vos portes ? — Pierre Corneille (1606-1684)

  5. Prendre garde, faire attention. Prendre garde à un sou, à un denier, faire attention aux plus petits articles dans un compte de dépense, et aussi, être très parcimonieux. Prendre garde à, veiller prendre ses précautions. Elliptiquement. Garde à toi ! terme dont le valet de limier se sert pour parler à son chien quand il veut se rabattre. Garde à vous ! commandement militaire signifiant à une troupe de se tenir prête à exécuter le commandement qui va suivre. Prendre garde, avec que et le subjonctif, sans négation, avoir soin que telle chose soit. Prendre garde avec que et le subjonctif, et ne, avoir soin que la chose ne soit pas. Prendre garde que, avec l'indicatif, remarquer. Prenez garde que l'auteur ne dit pas ce que vous pensez. Prendre garde à, et un infinitif construit sans négation, avoir soin de. Prendre garde à, et un infinitif construit avec une négation, avoir soin de ne pas... Prendre garde de, et un infinitif construit avec une négation, avoir soin de ne pas... Prendre garde de, et un infinitif construit sans négation, s'efforcer d'éviter. En cet emploi, prendre garde signifie éviter de, craindre de. On peut voir dans l'historique des exemples où garde a ce sens de crainte.

    Laissez la mine à part, prenez garde à la somme — Mathurin Régnier (1573-1613)

    J'en sus hier la nouvelle et je n'y pris pas garde — Pierre Corneille (1606-1684)

  6. Se donner de garde, se donner garde, se défier, prendre ses précautions. Avoir soin de ne pas faire, éviter de. Se donner de garde d'une chose, l'éviter, la fuir.

    À l'égard de se donner de garde ou de se donner garde, je crois qu'ils sont également usités ; je préférerais néanmoins le premier avec M. de Vaugelas — Vaugelas (1585-1650)

    Je venais l'avertir de se donner de garde — Molière (1622-1673)

  7. N'avoir garde de, n'avoir pas la volonté, le pouvoir, être bien éloigné de. Fig. N'avoir garde de, en parlant des choses, ne pouvoir pas. Je n'ai garde de commettre cette faute, façon de parler bourgeoise, dit CAILLIÈRES, 1690. On ne voit pas ce qui, même de son temps, a pu décider Caillières à prononcer cet arrêt ; car la locution est employée par les meilleurs écrivains du XVIIe siècle.

    Ils n'avaient garde de loger dans le même palais — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je n'ai garde à son rang de faire un tel outrage — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Service de surveillance rempli par une personne ou un corps de personnes. Garde, se dit aussi du service des pages, des gentilshommes, des valets de pied, etc. qui sont tour à tour de service auprès des rois et des princes. Service alternatif de vingt-quatre heures que font les élèves en médecine, en pharmacie, attachés à un hôpital, pour donner les secours urgents. L'interne de garde.

    Quatre dames qui sont de garde tour à tour — Mme de Sévigné (1626-1696)

  9. Service de vingt-quatre heures que fait un petit corps de troupe pour garder ou surveiller. Monter la garde, faire ce service ; descendre la garde, retourner à sa caserne ou chez soi quand il est fini. Officier de garde. Fig. et familièrement. Descendre la garde, mourir. Faire descendre la garde, tuer. Il a fait descendre la garde à plusieurs ennemis. Collectivement. Les soldats qui montent la garde. Relever, doubler, changer la garde. La garde montante. La garde descendante. Corps de garde, certain nombre de soldats placés de garde en un lieu. Corps de garde avancé. Poser, établir un corps de garde. En ce sens, le langage militaire dit aujourd'hui plutôt poste. Corps de garde, lieu où se tiennent les soldats qui montent la garde. Plaisanteries de corps de garde, voy. CORPS n° 16. Absolument. La garde, les soldats ou les officiers de police qui sont postés en un lieu déterminé pour veiller à la sûreté publique. À la garde ! locution elliptique dont on se sert pour appeler la garde dans un moment de danger.

    Si mon compère Pierre est de garde aujourd'hui — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Maître absolu de tout, il change ici la garde — Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Corps de troupes affecté au service près du souverain. Garde royale, impériale. L'artillerie de la garde. La cavalerie de la garde. Les grenadiers de la garde. Vieille garde, moyenne garde, jeune garde, différents corps qui faisaient partie de la garde de Napoléon 1er. Garde constitutionnelle, garde qui fut accordée à Louis XVI par l'assemblée législative, et qui devait être de 1800 hommes.

    Seule contre un tyran, en le faisant périr Par les mains de sa garde il me fallait mourir — Pierre Corneille (1606-1684)

    Déjà sa garde accourt avec des cris de rage — Voltaire (1694-1778)

  11. Grand'garde, corps de cavalerie placé à la tête d'un camp pour empêcher que l'armée ne soit surprise. Il se dit aussi du corps de garde principal d'une place forte ou d'un camp. Garde avancée (dite aussi autrefois garde folle), corps que l'on met au delà de la grand'garde pour plus de sûreté.

    La garde avancée n'était qu'à la portée du canon de celle des ennemis — Antoine Hamilton (1646-1720)

  12. Garde nationale, citoyens armés pour le maintien de l'ordre, et ne recevant point de solde. Garde bourgeoise, garde urbaine, garde civique, se dit quelquefois pour garde nationale. Garde municipale, troupe sédentaire chargée d'un service de police ; on l'appelle municipale, parce qu'elle est à la solde et aux ordres d'une ville. Garde départementale, corps d'infanterie établi, durant le premier empire, dans chaque département.

  13. Garde d'honneur, troupe choisie pour escorter des personnages auxquels on rend des honneurs militaires. Il se dit aussi d'une réunion de citoyens qui, volontairement, servent de gardes à un souverain, à un prince, etc. pendant son séjour dans la ville ou le pays. Garde d'honneur, s'est dit d'une levée qui se fit en 1813 et 1814 de jeunes gens de bonne famille qui s'étaient rachetés une ou plusieurs fois de la conscription et qui furent formés en corps de cavalerie.

  14. La partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poignard qui sert à couvrir la main. Monter une garde, établir la garde d'une épée telle qu'elle doit être ; fig. et familièrement, monter une garde à quelqu'un, le réprimander vivement. Telle est du moins l'explication que l'Académie donne de cette locution singulière. On a dit au pluriel les gardes d'une épée ; de là la locution familière et figurée : s'en donner jusqu'aux gardes, boire et manger tout son soûl, et, en général, prendre d'un plaisir sans réserve ni modération.

    Son épée dont la garde était d'or — Fénelon (1651-1715)

    Les gardes d'épées et sabres seront marquées et contre-marquées aux branches et plaques

  15. Terme d'escrime. La garde, l'attitude du bras quand on tient l'épée pour le combat. La garde haute, basse, tenir le poignet haut, bas. Se mettre, se tenir en garde, se mettre, se tenir en état de défense l'épée à la main. Elliptiquement. En garde ! Mettez-vous en garde. Fig. Se tenir, être en garde, se défier, veiller à n'être point surpris. Fig. Être hors de garde, être déconcerté dans ses mesures. Il y a quatre gardes générales de l'épée : la prime ou première garde ; la seconde garde, improprement appelée tierce par quelques-uns ; la tierce ou la troisième garde ; et la quarte ou la quatrième garde ; de là la locution figurée : être, se mettre, se tenir sur ses gardes, c'est-à-dire faire attention à ne pas se laisser surprendre. L'Académie a placé cette locution sous la rubrique de surveillance, dans l'article. Mais les gardes de l'escrime montrent ce qu'est véritablement cette locution. Pourtant il faut remarquer qu'elle est déjà dans Froissart ; et sans doute dès lors l'escrime avait ses gardes.

    Une, deux ! un saut en arrière ! en garde, monsieur, en garde ! — Molière (1622-1673)

    Moins en garde contre elle que contre Rochester — Antoine Hamilton (1646-1720)

  16. Terme de jeu de cartes. Petite carte de même couleur qu'un roi ou une carte principale, et qui protège ce roi, cette carte principale. Fig. et familièrement. Avoir toujours garde à carreau, être toujours prêt à se défendre, à riposter.

  17. S. f. pl. Terme de serrurier. Petites pointes de fer qui entrent dans les fentes du panneton d'une clef, et qui empêchent la clef de tourner, lorsqu'on y fait le moindre changement. Gardes d'une clef, les entailles du panneton dans lesquelles passent les garnitures de la serrure.

    J'aurais peut-être le temps de changer ce qu'il a imité ; je ferais comme les gens qu'on a volés, qui changent les gardes de la serrure — Voltaire (1694-1778)

  18. Terme de librairie. Feuillet que l'on met au commencement et à la fin d'un livre.

    Il est tout à fait désagréable de voir près d'un titre roux une garde extrêmement blanche ; il est essentiel que la teinte des gardes s'accorde avec le papier du livre — LESNÉ

  19. Terme de reliure. Bande de parchemin entaillée elle-même par petites bandes qui doivent être collées dans les entre-nerfs. Fausse garde, synonyme d'onglet.

    Pour les livres un peu soignés on met de chaque côté de la battée une garde ou chemise,

  20. Garde, se dit des anneaux qui soutiennent un peson, une romaine. Garde faible, celle qui est la plus éloignée du centre de la balance ; garde forte, celle qui en est la plus proche.

Étymologie : Voy. GARDER ; bourguign. gade ; picard. warde ; wallon, wâd ; provenc. garda, guarda ; espagn. et portug. guarda ; ital. guardia.

Historique : XIe s. Dient Franceis : il nous i convient garde XIIe s. Quant moins se donent garde cil qui sont au crenel Prist guarde à Habraam, à qui Deus comanda Que de sa terre eissit, e li bers s'en ala, Guerpi ses conissanz.... E mist ses guardes en Damasches, si qu'il de Syrie rechut [reçut] servise e treud [tribut] XIIIe s. Cele porte, où li Grieu issoient plus sovent, ot [eut] Pieres de Braiecuel en garde Li pelerin ne vous assaudront mie ; ne d'eus n'avez vous garde, se vous volez deffendre des Veniciens Or soit Dix et li siens Garde des deus loiaus amans Nus serreuriers ne puet vendre à Paris ser…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Femme dont la profession est de garder et de soigner les malades. Par extension. On dit aussi garde-malade (voy. ce mot).

    Si j'étais votre garde pendant votre couche — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Votre bon cœur vous rend la garde de tous ceux que vous aimez — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Voy. GARDER.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action ou charge de protéger, de conserver, de défendre, de soigner, de surveiller quelqu’un ou quelque chose. Il m’a confié la garde de sa maison. Il confia ses enfants à la garde d’un vieux serviteur. à la garde de Dieu! Dieu vous ait en sa garde, en sa sainte garde. Avoir la garde d’une bibliothèque, d’un magasin. Avoir la garde d’un poste. Ce corps de troupes est chargé de la garde des frontières. Avoir, prendre, recevoir des bijoux, des valeurs en garde. Avoir, prendre quelqu’un sous sa garde. Donner des fourrures en garde.

  2. Mettre quelqu’un sous bonne garde, Le remettre à des gens qui se chargent de le garder, qui en répondent.

  3. être de bonne garde, ou simplement être de garde, se dit du Vin, des fruits, etc., qui se conservent longtemps sans se gâter. Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde. On dit, dans le sens contraire, Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde.

  4. Il se dit, par extension, d’un Corps de troupes spécialement chargé de garder, de défendre un souverain, un prince, plus généralement, d’un Corps d’élite. Ce prince était entouré de sa garde. Garde royale. Garde impériale. Vieille garde. Jeune garde. Un officier, un soldat de la garde royale. Absolument, Les régiments de la garde. Il est entré dans la garde. Le général fit donner la garde.

  5. Garde d’honneur, Troupe affectée à un personnage éminent, auquel on rend les honneurs militaires pendant son séjour dans une ville, dans un pays. On donna au prince, à la princesse une garde d’honneur.

  6. Garde nationale s’est dit d’une Troupe non soldée, composée le plus souvent d’éléments civils, ayant pour devoir de maintenir l’ordre et de contribuer à la défense intérieure du pays. La garde nationale de Paris, de Rouen. Officier de la garde nationale.

  7. Garde nationale mobile, ou par ellipse Garde mobile, s’est dit, sous le régime de la loi militaire de 1868, d’Une partie de la classe laissée dans ses foyers à l’époque du recrutement, mais soumise au service militaire en temps de guerre.

  8. Garde municipale, Troupe sédentaire et soldée, chargée d’assurer l’ordre dans certaines villes. Garde municipale à pied, à cheval.

  9. Garde municipale ou Garde républicaine, Corps de troupes d’élite, d’infanterie et de cavalerie, chargé d’assurer l’ordre et aussi de figurer dans certaines cérémonies d’apparat.

  10. GARDE signifie aussi Guet, action par laquelle on observe ce qui se passe, afin de n’être point surpris, de prévenir quelque danger, etc. Faire la garde. Faire bonne garde, mauvaise garde.

  11. Il se dit surtout, en termes militaires, du Service d’observateur et de sentinelle accompli par des soldats. être de garde. Monter la garde. Officier de garde.

  12. Il se disait de Certains services de présence auprès du souverain. Ce page était de garde. Par extension, il se dit aujourd’hui de Toutes les personnes qui accomplissent, par roulement, un service régulier. L’interne de garde. L’infirmière de garde.

  13. Ce chien est de bonne garde, Il garde bien, il avertit bien.

  14. Ces filles sont de garde difficile, Elles ont besoin d’une grande surveillance.

  15. Prendre garde, Faire attention à quelqu’un, à quelque chose. Je n’aurais pas pris garde à lui, s’il ne m’eût adressé la parole. On m’annonça hier cette nouvelle, mais je n’y pris pas garde. Il signifie aussi Avoir l’attention éveillée sur quelque danger, se précautionner contre lui, en garantir quelqu’un qui y est exposé. Prenez garde qu’on ne vous trompe, qu’on ne vous surprenne. Prenez garde que personne ne vous voie. Prenez garde à cette clause de votre contrat. Prenez garde de tomber. Prenez garde à ne pas trop vous engager. Prenez garde à vous. Prenez garde à cet enfant. Prenez garde, vous allez tout renverser.

  16. Elliptiquement, Garde à vous se dit, en termes militaires, pour Prenez garde à vous, faites attention.

  17. Se donner de garde, ou plus souvent Se donner garde de, signifie Se défier, se précautionner, éviter. Donnez-vous garde qu’on ne vous attaque. Donnez-vous garde de cet homme. Donnez-vous garde de toucher à cela.

  18. N’avoir garde de faire une chose, N’avoir pas la volonté ou le pouvoir de la faire, en être bien éloigné. Il n’a garde de tromper, il est trop honnête homme.

  19. N’avoir garde de, dans le sens de Ne pouvoir pas, se dit quelquefois des Choses. Cette pièce, coup d’essai d’un poète ignorant, n’avait garde d’être dans les règles. Cette permission n’avait garde de lui être refusée.

  20. Il se dit également des Soldats qui montent la garde. La garde des portes. Relever la garde. Renforcer la garde. Doubler la garde. Changer la garde. La garde montante. La garde descendante. On alla chercher la garde. Appeler la garde.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • gardes — pluriel — /ɡaʁdə/
  • garde — singulier — /ɡaʁdə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée garde#29101.

garde....

catégorie non déterminée

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 4

  1. mot employé en composition, qui se dit tantôt des personnes qui gardent un garde-chasse, tantôt des choses qui conservent (un garde-manger). Le pluriel offre des difficultés. Pour le second cas, tout le monde est d'accord ; garde reste invariable : des garde-manger. Pour le premier, l'accord des grammairiens cesse ; l'Académie n'indique le pluriel que pour garde-côte et garde-note, et là elle écrit gardes-côtes, gardes-notes. Laveaux a été explicite, disant que garde en cet emploi représente le substantif masculin garde, et doit toujours prendre la marque du pluriel. Mais, à moins de supposer une ellipse, dans garde-côte, garde-magasin, etc. ce n'est pas le substantif garde, c'est le verbe garder qui est en composition. De plus, en suivant la vue de l'Académie et de Laveaux, on arriverait à cette singulière conclusion qu'il faudrait écrire des garde-meuble, quand il s'agit du lieu où l'on garde les meubles, et des gardes-meuble, quand il s'agit de l'employé qui garde les meubles. Cette anomalie montre d'une façon palpable qu'il faut laisser, en tous les cas, garde invariable.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée GARDE....#sens4.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.