garant

garant

adjectif, /ɡaʁɑ̃/

Grammaire et formes (4)
  • garantes — pluriel féminin — /ɡaʁɑ̃tə/
  • garants — pluriel masculin — /ɡaʁɑ̃/
  • garante — singulier féminin — /ɡaʁɑ̃tə/
  • garant — singulier masculin — /ɡaʁɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée garant#29092.

garant

nom, masculin, /ɡaʁɑ̃/

Voir aussi : forme féminine garante

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Celui, celle qui répond de son propre fait, ou du fait d'autrui. Tout homme est garant de ses faits et promesses. Adj. Fig. et familièrement. Je vous suis garant, je vous suis garante que cela est vrai, je vous l'assure, je vous en réponds.

    Mais n'étant point garant des sottises d'autrui — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Vous me serez garant des hasards de la guerre — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Terme de jurisprudence. Celui, celle qui est caution d'un autre, qui répond de sa dette. Être garant d'une dette, d'une obligation. Cette marchande s'est rendue garante. On dit d'un créancier qu'il a un bon, un mauvais garant. Prendre pour garant.

  3. Celui, celle qui est obligée de faire jouir un autre de la chose qu'il lui a vendue ou transportée. Le vendeur est garant, envers l'acquéreur, de la propriété de la chose vendue. Garant formel, celui qui, en matière réelle et hypothécaire, est obligé de faire jouir le garanti.

  4. Fig. Auteur dont on a tiré un fait, un principe. Il cite pour garante Mme de Sévigné. Personne de qui on tient une nouvelle. Cette nouvelle paraît étrange, mais j'ai de bons garants. Cette dame est ma garante.

    Les seuls garants que nous ayons ici de l'histoire de la philosophie, les Arabes et les Grecs, ne sont pas d'une autorité aussi solide et aussi pure qu'une critique sévère le désirerait — Diderot (1713-1784)

  5. En parlant des choses, sûreté, garantie. En cet emploi, garant est toujours masculin, et ne se met pas au féminin.

    De ce titre odieux mes droits me sont garants — Jean Racine (1639-1699)

    Il est mort ; et j'en ai pour garants trop certains Son courage et son nom trop suspects aux Romains — Jean Racine (1639-1699)

  6. Terme de marine. Bout d'un cordage passé par une poulie pour servir à quelque amarrage. Mollir, filer en garant, lâcher un cordage doucement.

  7. À garant, loc. adv. En garantie. Dans cette locution, à garant est toujours masculin, et ordinairement invariable. Cependant quelques auteurs le mettent au pluriel, et en effet rien ne s'y oppose :

    Sans prendre ni Phébus, ni la muse à garant — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Elle [la fortune] est prise à garant de toutes aventures — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Prov. garen, guaren, guiren ; espagn. et portug. garente ; anc. ital. guarento ; angl. warrant ; bas-lat. warens ; du germanique : anc. frison, werand, warend ; de l'anc. haut-allem. werên, fournir, cautionner.

Historique : XIe s. J'i puis aler, mais n'a aurai guarant Se Mahomet me velt estre garant Mais d'une chose vous sui je bien guarant Dient Franceis : bien fiert nostre guarent [défenseur] XIIe s. Escu ne broigne [cuirasse] ne lui furent garant Qu'il [Dieu] gart les ames et qu'il lor soit garant Qui d'oïr et d'entendre a loisir et talent, Fasse pais, si escout bone chançon vaillant, Dont li livre d'istoire sont tesmoin et garant À guarant [pour se garantir] as cors sainz le voleient mener XIIIe s. Et por chou [ce] vuet il dire et traitier aucune chose dont il ait garant et tesmoignage de verité N'onque nule …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Celui, celle qui répond de son propre fait ou du fait d’autrui. Tout homme est garant de ses faits et promesses. Je ne suis point garant de l’événement. Cette puissance s’est rendue garante du traité.

  2. Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de Celui qui est caution d’un autre, qui répond de sa dette. Vous rendez- vous garant de cet homme? être garant d’une obligation. Se rendre garant. Se porter garant. On dit d’un Créancier qu’Il a un bon, un mauvais garant. Je n’aurais pas été payé si je n’avais eu un garant, un bon garant.

  3. Il se dit également de Celui qui est obligé de faire jouir un autre de la chose qu’il lui a vendue ou transportée à titre onéreux ou gratuit. Le vendeur est garant envers l’acquéreur de la propriété de la chose qu’il lui a vendue. On m’a attaqué en éviction, j’ai mis en cause mon garant.

  4. Il se dit figurément d’un Auteur dont on a tiré un fait, un principe qu’on avance, un passage que l’on cite; ou d’une Personne de qui on tient une nouvelle. Il cite comme garant tel historien. J’ai pour garants plusieurs témoins de l’affaire. Cette nouvelle paraît difficile à croire, mais j’en ai les meilleurs garants.

  5. Fig. et fam., Je vous suis garant, je vous suis garante que cela est vrai. Je vous l’assure. je vous en réponds. C’est un très honnête homme, je vous en suis garant.

  6. Au masculin, il se dit aussi des Choses et signifie Sûreté, garantie. Sa conduite passée vous est un sûr garant de sa fidélité pour l’avenir.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • garants — pluriel — /ɡaʁɑ̃/
  • garant — singulier — /ɡaʁɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée garant#29091.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.