gant
nom, masculin, /ɡɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. m.
Partie de l'habillement qui, couvrant la main, couvre aussi chaque doigt séparément. Des gants, blancs. Gants d'homme. Gants de femme. Gants de Grenoble. Gants d'Espagne. Une paire de gants. Gants de peau, gants de daim, de chamois, gants de chien, gants de fil, gants de soie, de laine, etc. gants faits avec ces différentes matières. Gants d'ambre, gants de fleur d'orange, gants de jasmin, gants parfumés avec ces différentes odeurs. Gants fourrés, ceux qui sont faits de peaux auxquelles on a laissé, dans l'intérieur, le poil ou la laine de l'animal, ou ceux qui ont à l'intérieur une ouate ou un tricot quelconque recouvert par la peau. Gant bourré, gant dont on se sert dans les salles d'escrime. Terme de fauconnerie. Gant d'oiseau, gant que le fauconnier met à la main dont il porte l'oiseau. Prendre ses gants, se disposer à sortir. Les gants jaunes, sobriquet donné quelquefois aux dandys.
Gants de cuir ouvrés et non garnis de soie, et gants parfumés d'Espagne, la douzaine de paires payera une livre,
Elle avait ôté ses gants — Mme de Sévigné (1626-1696)
Jeter le gant, se disait autrefois d'un chevalier qui jetait effectivement son gant quand il défiait au combat un autre chevalier, qui, le relevant, acceptait le combat. Fig. Aujourd'hui, jeter le gant, défier quelqu'un au combat ou à toute autre lutte. Relever, ramasser le gant, accepter le défi.
Le roi [Charles VI] voulait empêcher ses chevaliers de relever le gant et de ressentir ces insultes particulières — Chateaubriand (1768-1848)
Fig. et familièrement. Être souple comme un gant, être d'une humeur facile, accommodante, se laisser manier sans peine. Être souple comme un gant, se dit souvent en mauvaise part, en parlant d'une complaisance servile. Rendre quelqu'un souple comme un gant, le rendre traitable, de difficile qu'il était.
Voyez, elle se rend Plus douce qu'une épouse et plus souple qu'un gant — Pierre Corneille (1606-1684)
Tout vous rit, votre femme est souple comme un gant — La Fontaine (1621-1695)
Au plur. Gants se disait jadis pour bonne main, et se dit encore en quelques circonstances quand il s'agit de femmes ; locution qui vient de l'Espagne où l'on donne pour avoir des gants, para guantes, tandis qu'en France on donne pour boire. Fig. Avoir les gants d'une chose, en avoir la première idée, ou le mérite, ou le profit. En un sens contraire. Vous n'en avez pas les gants. Avoir les gants d'une chose, c'est, proprement, recevoir la gratification d'une chose qu'on annonce, et n'avoir pas les gants d'une chose, c'est ne pas recevoir la gratification pour une chose qu'on annonce, attendu qu'elle a déjà été annoncée. Se donner les gants d'une chose, s'en attribuer l'honneur mal à propos.
On dit en proverbe, quand un homme apporte une nouvelle qu'on sait déjà, qu'il n'aura pas les gants, pour : le présent qu'on donne aux messagers qui apportent quelque bonne nouvelle — Furetière (1619-1688)
M. de Bouillon me dit que je ne devais pas avoir au moins seul les gants de ma proposition — Cardinal de Retz (1613-1679)
Elle a perdu ses gants, s'est dit jadis, dans un langage libre, d'une fille qui a perdu sa virginité.
Ceux de son temps disent que, la première fois qu'elle sortit du logis, elle trouva à dire ses gants et son pucelage — Guez de Balzac (1597-1654)
Mainte fille a perdu ses gants, Et femme au retour s'est trouvée, Qui ne sait la plupart du temps Comme la chose est arrivée — La Fontaine (1621-1695)
Fil à gants, espèce de fil bis ou écru que l'on tirait de Lille.
Gant de Notre-Dame, nom de différentes plantes : ancolie, digitale, gantelée.
Étymologie : Provenç. gan, guan ; catal. guant ; espagn. guante ; ital. guanto ; bas-lat. wantus, dans un texte de Bède ; du germanique : suédois, wante, anc. scand. vöttr.
Historique : XIe s. Livrez m'en ores le guant et le baston [signes qu'on chargeait quelqu'un d'un message] XIIIe s. Ot ambdeus [les deux] cousues ses manches, Et, pour garder que ses mains blanches Ne halaissent, ot uns blans gans Il y a tex [telles] viles là où on ne doit que deus deniers de saisine.... et de teles où on doit trois deniers de gans ou douze deniers de vin Aus festes et aus diemanches, Ne metoit ganz, ne vestoit manches, Tant que midis estoit passez XIVe s. Ainsi, sans coup ferir, ne sans perdre un seul gant [un seul homme], Arons-nous des pourceaux assez de remenant Quarante huit boutons d…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Objet d’habillement, qui couvre la main et chaque doigt séparément. Porter des gants. Mettre ses gants. ôter ses gants. Tailler des gants. Coudre des gants. Des gants glacés. Gants de peau. Gants de daim, de chamois. Gants de fil, de laine, etc. Gants de Suède.
Gants fourrés, Ceux qui sont faits de peaux auxquelles on a laissé, dans l’intérieur, le poil ou la laine de l’animal.
Fig. et fam., être souple comme un gant, être d’une humeur facile et accommodante. Il se dit souvent en mauvaise part, pour signifier être d’une complaisance servile. On dit aussi Rendre quelqu’un souple comme un gant, Le rendre traitable, de difficile qu’il était.
Aller comme un gant signifie, en parlant d’un Vêtement, S’adapter exactement aux formes.
Fig., Vous n’en avez pas les gants, se dit pour faire entendre à quelqu’un qu’il n’est pas le premier à donner l’avis, à dire quelque chose, ou à faire la découverte dont il parle. On dit de même Se donner les gants d’une chose, S’en attribuer mal à propos l’honneur, le mérite.
Fig., Jeter le gant, Défier quelqu’un au combat. Ramasser le gant, relever le gant, Accepter le défi. Ces phrases s’emploient par allusion à la coutume des anciens chevaliers qui jetaient leur gant ou gantelet, par manière de défi, à ceux contre qui ils voulaient combattre.
Fig. et fam., Mettre ou Prendre des gants, Prendre beaucoup de précautions pour faire ou dire une chose sans blesser celui à qui on a affaire. Cet homme est très susceptible : il faudra prendre des gants pour lui faire cette proposition.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- gants — pluriel — /ɡɑ̃/
- gant — singulier — /ɡɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gant#29077.