galanterie
nom, féminin, /ɡalɑ̃təʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Agrément, politesse dans les manières. Cet homme a de la galanterie dans l'esprit. Il met de la galanterie dans tout ce qu'il fait. Ce sens commence à vieillir. Il s'est dit aussi des choses de bon goût, d'un goût galant.
On peut dire avec vérité qu'il n'y a jamais eu une dame qui ait si bien entendu la galanterie, ni si mal entendu les galants — Voiture (1597-1648)
Je croyais qu'on me dût préférer Honorie Avec moins de douceur et de galanterie — Pierre Corneille (1606-1684)
Soins, empressements auprès des femmes qu'inspire le désir de leur plaire.
Madame, puisque c'est à bon dessein que je vous recherche, je crois qu'il n'y a point de galanterie que je ne puisse faire, et qu'après avoir fait des vers pour vous, je puis bien vous envoyer des bouquets — Voiture (1597-1648)
Tout cela sent la nation ; et toujours messieurs les Français ont un fond de galanterie qui se répand partout — Molière (1622-1673)
Propos flatteurs qu'on tient à une femme. De fades galanteries.
Voilà ce que c'est de ne point répondre aux galanteries que je vous écris, de m'envoyer des lettres où vous ne me parlez que de vos amies et ne me dites quasi rien de vous — Voiture (1597-1648)
Ne vous étonnez pas de m'ouïr dire des galanteries si ouvertement — Voiture (1597-1648)
Commerce amoureux.
On peut trouver des femmes qui n'ont jamais eu de galanterie ; mais il est rare d'en trouver qui n'en aient eu qu'une — La Rochefoucauld (1613-1680)
Il l'a convaincue d'une bonne galanterie avec M. de Béthune — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il se dit des petits présents qu'on se fait dans la société. Il m'a fait une jolie galanterie. Fig.
Moi qui donnerais tout ce que j'ai au monde et que vous eussiez fait pour moi une galanterie comme celle-là [don d'un bracelet] — Voiture (1597-1648)
N'a-t-il pas ceux qui se font les plus grandes amitiés du monde, et qui, le dos tourné, font galanterie de se déchirer l'un l'autre ? — Molière (1622-1673)
Pièce galante en vers ou en prose.
Pour commencer par la manière indigne dont vos auteurs parlent des choses saintes, soit dans leurs railleries, soit dans leurs galanteries, soit dans leurs discours sérieux.... — Pascal (1623-1662)
Action suspecte, même blâmable et qu'on déguise, par euphémisme, sous le nom de galanterie. La galanterie est un peu forte.
J'ai sans doute reçu du ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies — Molière (1622-1673)
Je sais me démêler prudemment de toutes les galanteries qui sentent tant soit peu l'échelle — Molière (1622-1673)
Maladie secrète. Donner, attraper une galanterie.
Il en est de même de la galanterie, qui signifie tantôt coquetterie dans l'esprit, paroles flatteuses, tantôt présent de petits bijoux, tantôt intrigue avec une femme ou plusieurs ; et même depuis peu il a signifié ironiquement faveurs de Vénus — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Galant.
Historique : XVIe s. Les autres rois, quand on leur rapportoit ces galanteries [plaisanteries], ne s'en faisoient que rire, hors mis Lysimachus seul qui s'en courrouceoit ....La plus part de ses galanteries [actes de vaillance] pour donner moien à ceux de la ville d'emmener le reste de leurs vendanges En un de ces moulins un soldat seul enfermé composa à la vie pour lui et toute sa trouppe, et fut sauvé par sa galantise [bravoure]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de celui qui est galant; agrément, politesse dans l’esprit et dans les manières. Cet homme a l’art de mettre de la galanterie dans tout ce qu’il dit dans tout ce qu’il fait. Dans ce sens, il vieillit.
Il se dit plus ordinairement des égards, des soins, des empressements pour les femmes qu’inspire l’envie de leur plaire. Il fait profession de galanterie. On remarque sa galanterie auprès des femmes. La galanterie française.
Il se dit également des Propos flatteurs qu’on tient à une femme, des Procédés qu’on emploie pour lui plaire, d’un cadeau ingénieusement choisi, d’une attention délicate. Dire des galanteries. Cette galanterie a paru lui plaire. La Guirlande de Julie est une galanterie demeurée célèbre.
Il se dit aussi d’un Commerce amoureux et illicite. Cette femme a une galanterie avec un tel. Elle a déjà eu plusieurs galanteries. Commerce de galanterie.
Ironiq., La galanterie est un peu forte, se dit d’une Action peu honnête ou d’un mauvais procédé, mais que l’on peut pardonner.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- galanteries — pluriel — /ɡalɑ̃təʁi/
- galanterie — singulier — /ɡalɑ̃təʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée galanterie#28922.