gagé · gage

gagé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Meubles gagés, ceux qui ont été saisis pour la sûreté de quelque dette.

  2. Mis en gageure. Un déjeuné gagé.

  3. Qui reçoit un salaire. Il semble qu'il soit gagé pour faire cela, il semble qu'il soit payé pour cela.

    Je suis auprès de lui gagé pour serviteur, Vous me voudriez encor payer pour précepteur — Molière (1622-1673)

    C'est ainsi que des auteurs gagés par des libraires écrivent l'histoire — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • gagées — pluriel féminin
  • gagés — pluriel masculin
  • gagée — singulier féminin
  • gagé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gagé#103512.

gage

nom, masculin, /ɡaʒə/

Définitions

  1. Bien déposé en garantie du remboursement d'une dette.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Fig. Preuve tangible d'un sentiment ou d'un engagement.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Dans certains jeux, objet qu'un joueur perdant dépose et ne peut récupérer qu'après avoir subi un défi.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Au pluriel, vieilli. Salaire versé à un domestique.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (11 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Dépôt qu'on fait de quelque objet entre les mains d'autrui, pour sûreté d'une dette, d'un emprunt. Un gage suffisant. Prêter sur gages. Emprunter sur gage. Terme de jurisprudence. Contrat de nantissement d'une chose mobilière, par opposition à antichrèse. Fig. Demeurer pour les gages ou pour gage, périr dans une circonstance où d'autres s'échappent. Demeurer pour gages, signifie encore simplement être arrêté dans quelque querelle, pendant que s'échappent les autres qui y avaient participé ; et aussi être pris d'une façon quelconque. Demeurer pour gage, se dit aussi d'une chose que l'on a perdue. La presse fut si grande qu'un pan de mon habit y est demeuré pour gage. Laisser pour les gages, pour gage, c'est-à-dire perdre. Fig. Donner des gages à un parti, faire une démarche décisive, éclatante, pour être accepté dans un parti.

    Brancas me demanda hier de bonne foi si je ne voudrais pas prêter sur gages, et m'assura qu'il n'en parlerait point — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Il lui a fait mettre en gage ses perles — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Par extension, tout meuble ou immeuble qui assure le payement d'une dette. Il a affecté sa maison comme gage de sa dette. Les meubles du locataire sont le gage du propriétaire.

  3. Dans les petits jeux ou jeux de société, objet qu'on dépose quand on s'est trompé, et qu'on ne peut retirer qu'après avoir subi une pénitence. Jouer au gage touché.

  4. Ce que l'on consigne et met en main tierce, pour garantie d'une somme à payer, quand, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, il est convenu que celle qui sera condamnée payera cette somme. Donner des gages. Rendre les gages.

  5. Autrefois, gage de bataille, ou gage du combat, engagement de combattre manifesté par l'offre d'un gant pour gage, et contracté quand l'ennemi, en ramassant le gant, avait accepté le gage.

    Je jette devant toi le gage du combat ; L'oses-tu relever ? — Voltaire (1694-1778)

    Le parlement décréta que le cas [duel de Legris et Carrouge] ne requérait pas gage de bataille — Voltaire (1694-1778)

  6. Fig. Tout ce qui est assimilé à un gage comme garantie.

    D'une paix mal conçue on m'a faite le gage — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. Gage de l'amour, enfant.

    ....Et qu'il en [de cet hymen] eut pour gage une jeune princesse — Jean Racine (1639-1699)

    Ce fils que de sa flamme il me laissa pour gage — Jean Racine (1639-1699)

  8. S. m. pl. Ce qu'on paye aux domestiques par an pour leurs services, ainsi dit parce que c'est la somme payée par suite de l'engagement. On ne renvoie pas un domestique sans lui payer ses gages. Être aux gages de quelqu'un, être payé pour faire l'office de domestique. Cet homme ne vole pas ses gages, se dit d'un domestique qui fait bien son service ; et fig. de toute personne qui s'acquitte bien de ce qu'elle a à faire. Dans un sens plus général, être aux gages de quelqu'un, être payé par lui pour certains offices. On dit dans un sens analogue : tenir à ses gages. Familièrement. Casser aux gages, retirer à quelqu'un son emploi, ses appointements. Il se dit aussi d'un supérieur qui retire sa confiance à un inférieur. Il a eu longtemps quelque crédit auprès du ministre ; mais il a été cassé aux gages. À gages, qui reçoit des gages. En mauvaise part. À gages, qui est payé pour faire quelque service peu honorable. Des applaudisseurs à gages. La Fontaine a dit à gage au singulier.

    S'il se casse quelque chose, je le rabattrai sur vos gages — Molière (1622-1673)

    ....S'il avait quelques deniers comptants, Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans ? — Regnard (1655-1709)

  9. Gages se dit quelquefois du salaire d'un capitaine de navire, d'un matelot.

  10. Gages se disait autrefois du payement que le roi ordonnait par an aux officiers de sa maison, aux officiers de justice et de finance.

Étymologie : Wallon, voig ; prov. gatge, gatghe, gaje ; espagn. gage ; ital. gaggio ; du bas-latin vadium, wadium, dans les lois barbares. Il y a deux étymologies aussi probables l'une que l'autre : la première latine, vas, vadis, répondant, garant ; bien que le g ou gu réponde ordinairement au w germanique, l'objection n'est pas absolue, car vagina, entre autres, a donné gaîne ; la seconde germanique : goth vadi ; anc. haut-allem. wetti ; frison, ved, gage, caution, promesse. Il est probable que les deux étymologies ont concouru pour former le mot roman.

Historique : XIe s. Il durra [donnera] wage, e truverad plege Devant iceo que [avant que] [le bétail] seit mis en guage XIIe s. Donner son gage La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage Pur ço [cela] s'ala à Turs cele nuit herbergier, E saveir se li reis le voldreit là baisier ; Mais il ne porta là ne maille ne denier ; Ses guages li covint rachater ou laissier ; Ne li reis nel baisa, n'il nes fist desguaigier XIIIe s. Par la beneoite mere Dieu, j'ai biaus enfans de mon seigneur, je les meterai en gage et bien trouverai qui me prestera sour aus [eux] Mais la qeue remest en gages, Dont moult li poise et m…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ce que l’on met entre les mains de quelqu’un pour sûreté d’une dette. Prêter sur gages. Mettre, laisser en gage. Laisser pour gage. Retirer un gage. Donner des gages. Prendre des gages, un gage.

  2. En termes de Droit, Gage vif, Gage-mort ou Mort-gage, Celui qui vient ou ne vient pas en déduction de la dette.

  3. Il se dit, par extension, de Tout objet meuble ou immeuble qui assure le paiement d’une dette. Les meubles qui garnissent une maison louée sont le gage du propriétaire.

  4. Il se dit, à certains petits jeux, des Objets que les joueurs déposent chaque fois qu’ils se trompent, et qu’ils ne peuvent retirer, à la fin du jeu, qu’après avoir subi une pénitence. Donner un gage. Rendre les gages.

  5. Il désigne aussi Ce que l’on consigne, ce que l’on met en main tierce, lorsque, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, on est convenu que celui qui perdra paiera à l’autre une somme ou quelque autre chose.

  6. Il se dit figurément de Toute sorte de garantie, d’assurance, de preuve, de témoignage. Il m’a laissé un gage de sa foi. Cette alliance devint le gage de la paix. Quel gage plus sûr puis-je désirer de votre amitié que ce que vous avez fait pour moi? Cette lettre est un gage de son amour.

  7. Fig., Donner des gages à un parti. Se lier par quelque acte envers un parti.

  8. Au pluriel il signifie encore Salaire, appointements, et se dit principalement de Ce que l’on donne aux domestiques par an, par mois pour paiement de leurs services. Les gages d’un valet de chambre, d’une cuisinière. Payer les gages des domestiques. Retenir les gages. Gagner de gros gages. Il est aux gages d’un tel. Se mettre aux gages de quelqu’un. Ses gages courent de tel jour.

  9. Casser aux gages, ôter à quelqu’un son emploi et les appointements qui y sont attachés. En punition de cette faute, il a été cassé aux gages.

  10. Fig. et fam., Cet homme ne vole pas ses gages, Il s’acquitte bien de ce qu’il est chargé de faire.

  11. à gages, s’emploie comme une sorte d’épithète signifiant Qui est gagé, payé pour faire une chose. Un homme à gages. Il se prend quelquefois en mauvaise part. Des applaudisseurs à gages. Des insulteurs à gages.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • gages — pluriel — /ɡaʒə/
  • gage — singulier — /ɡaʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée gage#28883.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.