furie

furie

nom, féminin, /fyʁi/

Définitions

  1. Accès de colère violente et incontrôlée.

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  2. Femme d'une violence ou d'une agressivité extrême, souvent associée à un comportement déchaîné et incontrôlé.

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  3. Élan d'une impétuosité violente, en parlant d'une attaque ou d'un phénomène naturel.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de polythéisme gréco-romain. Nom des trois divinités infernales qui tourmentaient les méchants. Le fouet des Furies. Par extension. En ces sens il prend une majuscule.

    Tes remords te suivront comme autant de Furies — Jean Racine (1639-1699)

    Les dieux justes l'ont livré aux Furies — Fénelon (1651-1715)

  2. Fig. Femme très méchante et très emportée. C'est une furie d'enfer.

    Ô trahison conçue au sein d'une furie ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quoi ! votre amour se veut charger d'une furie Qui vous détestera.... — Jean Racine (1639-1699)

  3. Emportement de colère, ainsi dit à cause de la fureur vengeresse qui animait incessamment les furies. De furie, par un mouvement de furie. Par exagération, il se dit d'un simple mécontentement.

    Que sert de s'emporter à ces vaines furies ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Où fuirais-je de vous après tant de furie ? — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Il se dit du mouvement violent et impétueux d'un animal irrité. Le lion en furie. La furie des bêtes sauvages.

  5. Impétuosité de colère, d'attaque. Il faut laisser passer cette première furie. La furie française, l'impétuosité de la première attaque des troupes françaises.

    N'a-t-il pas des mutins dissipé la furie ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il a trop écouté son aveugle furie — Voltaire (1694-1778)

  6. Impétuosité d'action, action rapide.

    Massinisse en un jour voit, aime et se marie ; A-t-on jamais parlé d'une telle furie ? — Jean Mairet (1604-1686)

    Il écrit, de cette furie, à tout ce qui est hors de Paris — Mme de Sévigné (1626-1696)

  7. Passion excessive et déraisonnable.

    Et que sert à Cotin la raison qui lui crie : N'écris plus, guéris - toi d'une vaine furie ? — Boileau (1636-1711)

  8. Grande violence des choses.

    La mer répandra contre eux sa vague irritée, et les fleuves se déborderont avec furie — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Les remèdes chauds mettent le sang en furie — Mme de Sévigné (1626-1696)

  9. L'état le plus violent d'une chose, la plus grande intensité. La furie de la mêlée. Dans la furie de son mal. La furie de la fièvre.

  10. Terme de musique. Nom donné, dans les ballets, à certains morceaux d'un mouvement vif, avec un caractère analogue à l'action des passions violentes.

  11. Ancienne étoffe de soie des Indes, ainsi nommée des figures hideuses qui y étaient imprimées.

  12. Terme de médecine. Furie infernale, affection observée en Suède, caractérisée par une éruption furonculeuse très douloureuse.

Étymologie : Ital. furia ; du lat. furia ; de même radical que furor, fureur.

Historique : XIVe s. Anciennement l'en creoit estre trois deesses d'enfer apelées Furies XVe s. Tout à l'entour de nos rempars Les ennemis sont en furie : Sauvez nos tonneaux, je vous prie ! XVIe s. Les furies l'ont sonné [mon hymen] Et donné Le signe à ma destinée Icy se teut ; mais pleine de furie La grand prestresse impatiente enrage Par la caverne

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Fureur extrême qui éclate au-dehors avec violence, grand emportement de colère. Entrer en furie. Se mettre en furie. être en furie. Plein de furie.

  2. Il se dit quelquefois pour Ardeur, impétuosité de courage. Les troupes donnèrent avec furie sur l’ennemi.

  3. La furie française, Expression proverbiale qui désigne l’Ardeur impétueuse avec laquelle les troupes françaises se portent à l’attaque.

  4. Il désigne aussi l’état le plus violent d’une chose, sa plus grande intensité. Dans la furie du combat, de la mêlée, il arriva que...

  5. Il se dit en outre, en termes de Mythologie, de Ces divinités infernales qui avaient l’emploi de tourmenter les méchants, les criminels, soit dans les enfers, soit sur la terre. Fig., Ce créancier est comme une Furie attachée à ses pas.

  6. Il se dit figurément, par allusion au sens qui précède, d’une Femme extrêmement méchante et emportée. C’est une vraie furie. Ce n’est pas une femme, c’est une furie, une furie d’enfer.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • furies — pluriel — /fyʁi/
  • furie — singulier — /fyʁi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée furie#28662.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.