fureur

fureur

nom, féminin, /fyʁœʁ/

Définitions

  1. Colère extrême et violente.

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  2. Passion démesurée que l'on éprouve pour une personne ou une chose.

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  3. Succès soudain et considérable, engouement massif pour quelque chose.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Folie frénétique. La fureur est une cause d'interdiction. Il lui prend de temps en temps des accès de fureur. Par exagération. Sorte de folie. Fureur utérine, voy. NYMPHOMANIE. Fureur amoureuse, le rut.

    Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, doit être interdit

    Au défaut d'un meilleur refuge, iront-ils enfin se plonger dans l'abîme de l'athéisme, et mettront-ils leur repos dans une fureur qui ne trouve presque point de place dans les esprits ? — Bossuet (1627-1704)

  2. Passion excessive, démesurée pour une personne. Il aime, il hait jusqu'à la fureur. À la fureur, d'une façon passionnée.

    Une ombre chérie avec tant de fureur — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je l'ai livrée entre les mains de ceux qu'elle avait aimés, entre les mains des Assyriens, dont elle avait été passionnée jusqu'à la fureur — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  3. Passion excessive, démesurée pour une chose. Faire fureur, être fort en vogue. Cette actrice, cette pièce fait fureur. On dit aussi : Tout le monde s'y porte ; c'est une fureur ; et dans un sens analogue : Il est dans la fureur de ses succès.

    Que n'a-t-on pas dit de sa fermeté [de Louis XIV], à laquelle nous voyons céder jusqu'à la fureur des duels ? — Bossuet (1627-1704)

    Les fausses religions, le libertinage d'esprit, la fureur de disputer des choses divines sans fin, sans règle, sans soumission — Bossuet (1627-1704)

  4. Familièrement. Habitude importune, fatigante, nuisible de faire quelque chose. Il a toujours la fureur de se mêler des affaires des autres.

    Comme il connaissait la fureur dont sa femme se donnait en spectacle pour sa danse et pour sa parure — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Qui n'a pu retenir sa misérable fureur de parler — Marivaux (1688-1763)

  5. Colère extrême. De fureur, par un mouvement de fureur. Se dit aussi des animaux. La fureur d'un taureau. Un lion en fureur. En termes de l'Écriture sainte, la colère de Dieu. Seigneur, ne me repoussez pas dans votre fureur

    Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de fureur — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... dans ta brutale fureur, tu te tournes contre toi-même, et tu ne sais comment assouvir ta rage impuissante — Bossuet (1627-1704)

  6. Emportement, violence.

    L'autre d'un si grand zèle admire la fureur — Pierre Corneille (1606-1684)

    De protestations, d'offres et de serments, Vous chargez la fureur de vos embrassements — Molière (1622-1673)

  7. Agitation violente de choses inanimées. L'aquilon en fureur.

    Mais enfin le ciel m'aime, et ses bienfaits nouveaux Ont arraché Maxime à la fureur des eaux — Pierre Corneille (1606-1684)

    Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots — Jean Racine (1639-1699)

  8. Transport qui ravit l'âme. Il fut saisi d'une fureur divine. La fureur prophétique. La fureur poétique. Fureur martiale. Une sainte fureur s'empara de lui.

    Je sens au second vers que la muse me dicte, Que contre sa fureur ma raison se dépite — Mathurin Régnier (1573-1613)

    [Les esprits faciles qui] N'éprouvèrent jamais en maniant la lyre Ni fureurs ni transports — Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)

  9. Au plur. Il se dit des emportements, des transports en tout genre. Les fureurs de Roland. De poétiques fureurs. Familièrement. Des fureurs, des scènes violentes, des emportements sans raison.

    Vous voyant exposée aux fureurs d'une femme — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ce qu'ont de plus affreux les fureurs de la guerre — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Prov. et esp. furor ; ital. furore ; du lat. furorem.

Historique : XIIe s. Sire, ne me arguer en ta fuirur, e en la tue ire ne castier [châtier] mei Lores parlerat à els sa ire, et en sa furur les conturberat XIIIe s. Ele [Judith] ne douta pas les furors des rois, ainz se offri à mort por sauver le pueple XIVe s. La fureur du pueple qui avoit cessé de coustiver [cultiver] les terres XVIe s. Ô la fureur d'une bruslante rage, Qui maintenant transporte mon courage

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. égarement d’esprit qui tient de la rage et de la frénésie. Il est devenu fou, et de temps en temps il lui prend des accès de fureur. La fureur est une cause d’interdiction. Personne n’ose l’approcher lorsque la fureur le prend.

  2. Il se dit aussi d’une Extrême colère. être transporté de fureur. La fureur l’emporte. Un mouvement, un transport de fureur. Irriter la fureur de quelqu’un.

  3. Il se dit quelquefois de la Colère de Dieu, en termes de l’écriture sainte. Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur.

  4. Il se dit aussi de l’émotion et de l’agitation violente qui s’empare d’un animal. Un lion en fureur. La fureur d’un taureau. Mettre un taureau en fureur.

  5. Il se dit encore de l’Agitation violente de certaines choses. La fureur de la tempête. La fureur des flots, des vents. La fureur des flammes.

  6. Il se dit, par exagération et par dépit, de l’Habitude importune, nuisible, etc., que quelqu’un a de faire une certaine chose. Il a la fureur de se mêler des affaires des autres. Dans ce sens il est familier.

  7. Il se dit encore d’un Transport qui élève l’esprit au-dessus de lui-même et qui fait faire ou dire des choses extraordinaires. Fureur prophétique. Fureur bachique. Fureur poétique. Une sainte fureur s’empara de lui.

  8. Il désigne aussi une Passion excessive, démesurée pour une personne ou pour une chose. Il aime cette femme à la fureur, avec fureur. Il a la fureur du jeu. La fureur des duels. C’est un homme extrême en toutes choses, il aime et il hait jusqu’à la fureur.

  9. Par exagération et fam., Faire fureur, se dit d’une Personne ou d’une chose qui est fort en vogue, qui excite, dans le public, un grand empressement, une vive curiosité. Cette pièce, ce spectacle fait fureur.

  10. Au pluriel, il se dit des Transports frénétiques, des emportements, des excès auxquels on se livre dans la fureur, dans la colère, etc. Les fureurs de l’amour. Les fureurs du désespoir. Les fureurs d’Oreste. Les fureurs de la guerre civile.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • fureurs — pluriel — /fyʁœʁ/
  • fureur — singulier — /fyʁœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fureur#28657.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.