front
nom, masculin, /fʁɔ̃/
Définitions
Partie supérieure du visage comprise entre les sourcils et la racine des cheveux.
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Zone où se déroulent les combats entre deux armées.
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Union de partis ou de groupes rassemblés pour une action commune.
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Témérité ou assurance insolente, souvent perçue comme une provocation dans des situations où la retenue serait attendue.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (14 sens) — Académie 1935 (19 sens)
Littré (1873)
s. m.
Partie de la face qui s'étend de l'origine des cheveux aux sourcils et d'une tempe à l'autre. Un front large. Un front élevé. Il a le front bas. Fig. Frotter son front, geste que l'on fait quand on cherche quelque idée. Se frapper le front, se dit d'un geste qu'on fait quand on a quelque inspiration ou réminiscence soudaine. Il se frappa le front, en s'écriant : J'y suis. Donner du front contre, se heurter le devant de la tête contre. Dérider le front, ôter du front les rides qui indiquent le sérieux, la préoccupation. Le front rougit, se dit d'un sentiment de honte qui y fait monter la rougeur. Fig. N'avoir point de front, n'avoir ni honte, ni pudeur. On dit, dans un sens analogue, endurcir son front.
Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front — Pierre Corneille (1606-1684)
Elle vient, et son front, siége de la candeur, Annonce en rougissant les vertus de son cœur — Voltaire (1694-1778)
Le devant de la tête de certains animaux. Le front d'un cheval, d'un bœuf. Chez les crustacés, intervalle qui sépare les yeux quand le bord antérieur de la tête ne se prolonge point en rostre. Chez les insectes, partie antérieure et supérieure de la tête, comprise entre la bouche, les antennes, les yeux et l'occiput.
Son front large [d'un monstre marin] est armé de cornes menaçantes — Jean Racine (1639-1699)
Se dit pour le visage entier. Un front serein. Un front sévère.
Il est vrai, s'agissant d'un secret qui nous touche, On croit que le front parle, au défaut de la bouche — Hauteroche (1617-1707)
Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne — La Fontaine (1621-1695)
La tête, surtout dans le style élevé et les vers. Fig. Humilier, courber, baisser le front, se dit de l'humiliation, de l'abaissement de la servitude. Fig. Relever le front, reprendre du courage, de l'audace, de la fermeté. Le front levé, c'est-à-dire avec assurance, sans craindre aucun reproche.
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux — Jean Racine (1639-1699)
Je renvoie Hermione, et je mets sur son front, Au lieu de ma couronne, un éternel affront — Jean Racine (1639-1699)
La personne elle-même, dans le langage poétique.
Le front à qui le cœur ne fait point de reproche Souffre aisément son juge et n'en craint point l'approche — Rotrou (1609-1650)
Joint qu'au moindre attentat contre un front couronné C'est être criminel que d'être soupçonné — Rotrou (1609-1650)
L'air, l'attitude, le langage, les manières, surtout en poésie. De quel front, avec quelle assurance, avec quelle intrépidité. Les dehors, l'apparence, par opposition aux sentiments du cœur.
Et reconnaissez-vous au front de vos amis Qu'ils soient prêts à tenir ce qu'ils vous ont promis ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Mais sachez qu'il n'est point de si cruel trépas, Où d'un front assuré je ne porte mes pas — Pierre Corneille (1606-1684)
Impudence, effronterie. De quel front, avec quelle impudence. Un front d'airain, une extrême impudence. Cet homme a un front d'airain. On dit dans le même sens : C'est un front d'airain.
Il a bien le front de m'accuser d'avarice — Vaugelas (1585-1650)
A-t-il encor le front de vous parler de moi ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. et dans le langage élevé et poétique. Le haut, le sommet. Cette montagne élève son front jusque dans les nues.
J'avais atteint le front des collines prochaines — D'AVRIGNY
Pourquoi balancez-vous vos fronts que l'aube essuie, Forêts, qui tressaillez avant l'heure du bruit ? — Lamartine (1790-1869)
Étendue que présente le devant de certaines choses. Le front d'un bâtiment. Terme de fortification. Front d'une place, ce qui est compris entre les deux bastions voisins.
S'il est vrai, comme on l'assure, qu'il y ait dans Paris seul vingt-quatre mille maisons à front de rue — Vauban (1633-1707)
Une forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable — Bossuet (1627-1704)
La face d'une troupe rangée en ligne. Le front d'un bataillon est le premier rang composé des chefs de file. Passer sur le front d'une troupe, se porter sur le front d'une troupe rangée en bataille. Front de bandière, ligne des étendards et des drapeaux à la tête d'un corps campé. Front de bataille, rang antérieur d'une troupe ou d'une ligne déployée ; quand elle n'est pas déployée, on l'appelle tête de colonne. Marcher en front de bandière, marcher avec tout l'appareil de la guerre. Faire front, se dit d'une troupe qui, étant de flanc, se tourne de manière à présenter le front. Front ! terme de commandement militaire, pour dire à une troupe de faire face. Terme de marine. Ordre de marche dans lequel tous les vaisseaux d'une armée navale sont rangés sur une ligne perpendiculaire au vent. Former une ligne de front.
Combattre avec les miens au front de la bataille — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Cette phalange était divisée en dix petits corps, dont chacun présentait un front de cinquante hommes sur trente-deux de profondeur — Rollin (1661-1741)
Terme de perspective. Projection orthographique d'un objet sur le plan parallèle au tableau.
De front, loc. adv. Par devant. Fig. Sans ménagement, sans prendre des biais.
Elles s'allaient rencontrer de front l'une l'autre — Descartes (1596-1650)
La choquer hardiment [la fortune], et, sans craindre la mort, Se présenter de front à son plus rude effort — Pierre Corneille (1606-1684)
De front, sur la même ligne. Fig. En même temps. Mener deux affaires de front.
Les voilà qui voguent de front — Scarron (1610-1660)
Une ville composée d'une rue qui s'appelle la grande, quoique deux carrosses n'y puissent passer de front — Mme de Maintenon (1635-1719)
Front à front, loc. adv. Opposé l'un à l'autre, en face l'un de l'autre.
Ces deux hommes [Condé et Turenne], tantôt unis.... tantôt opposés front à front — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Provenç. front ; espagn. frente ; portug. et ital. fronte ; du latin frontem ; sansc. bhruva ; gaélique, a-bhra ; bas-bret. a-brant ; angl. brow.
Historique : XIe s. Entre les ieuz mult [il] ot large le front XIIe s. Et vos [votre] douz front qui plus est clair que glace XIIIe s. Quand vient en mai, que l'on dit as lons jours, Que Franc de France repairent de roi court [de la cour du roi], Regnauz repaire devant au premier front De Constantinoble, qui tenoit trois liues devers la terre de front, ne pooit li os [l'armée] ataindre que l'une des portes Einsi furent les batailles longuement front à front Li dus de Venise ot fait ses nes [navires] et ses vaissiaux ordener tout d'un front Contraire chose sont celes qui tout droit, front à front, sont l'un…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Partie du visage qui est comprise entre la racine des cheveux et les sourcils. Large front. Front élevé. Front bas. Avoir des rides au front, sur le front. Se faire une bosse au front. être marqué sur le front, au front. Dérider son front.
Il se dit, par extension, pour Tout le visage. Un front serein. Un front sévère. On lit sur son front ce qu’il pense. La rougeur qui couvrait leur front.
Il se dit aussi du Devant de la tête de quelques animaux. Le front d’un cheval, d’un boeuf, d’un éléphant, etc. Un cheval qui a une étoile au milieu du front.
Il désigne aussi la Tête, surtout en poésie et dans le style élevé. Courber son front. Humilier son front. Lever, relever le front. Il ne s’emploie guère que dans ces sortes de phrases, pour exprimer l’humiliation, l’abaissement, la servitude, ou la fierté, la révolte, etc.
Il marche le front levé, il peut marcher le front levé, Il n’a pas à craindre de reproches.
Il signifie au figuré Trop grande hardiesse, impudence. Aura-t-il le front de soutenir ce qu’il dit? C’est avoir bien du front. De quel front ose-t-il se présenter devant vous?
Fig., Un front d’airain. Voyez
AIRAIN.
FRONT se dit poétiquement pour Cime, sommet. Ces rochers qui cachent leur front dans les nues.
Il signifie encore figurément, en termes d’Architecture, Face d’une construction. Le front d’un bâtiment. Le front d’un palais. Le front d’une fortification.
FRONT désigne encore figurément, en termes militaires, spécialement en termes de Guerre, la Ligne des troupes qui sont devant l’ennemi. Le front d’une armée. Le front ennemi s’étend de tel point à tel autre. Les troupes du front, Les troupes de première ligne. Le front a avancé, a reculé sur tels ou tels points. Le front s’est immobilisé. Aller au front; être sur le front, au front; Percer, rompre, désorganiser le front, Aller, être sur le théâtre des opérations et y prendre part.
Passer sur le front d’une troupe, Passer devant le front d’une troupe rangée en bataille.
Faire front se dit d’une Troupe qui était par le flanc et dont les hommes se tournent de manière à présenter le front. Par ellipse, en termes de Commandement, Halte, front.
Front de bandière. Voyez
BANDIÈRE.
DE FRONT
loc. adv.
Par-devant. Attaquer l’ennemi de front. Fig., Heurter de front les préjugés, Les attaquer sans ménagement.
DE FRONT signifie aussi Côte à côte. Un défilé où il ne peut passer que deux hommes de front. Cette rue est assez large pour que deux voitures y puissent passer de front. Ils marchaient tous trois de front. Fig., Faire marcher, mener deux affaires, deux intrigues de front, S’occuper de deux affaires, de deux intrigues en même temps.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fronts — pluriel — /fʁɔ̃/
- front — singulier — /fʁɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée front#28462.