frondé · fronde

frondé

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Lancé avec la fronde. Une pierre frondée avec roideur.

  2. Critiqué. Substantivement.

    Mauvais goût justement frondé par Boileau — Voltaire (1694-1778)

    Cela prouve que les frondeurs veulent s'appuyer de votre nom et que les frondés le craignent — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée FRONDÉ, ÉE.

fronde

nom, féminin, /fʁɔ̃də/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Arme à jet, consistant en un fond de cuir suspendu par deux cordes ; on met dans la poche de cuir une pierre ou une balle de plomb, à laquelle on communique un mouvement très rapide en la faisant tourner ; puis on lâche une des cordes, et la balle s'échappe par la tangente avec toute la vitesse acquise ; l'art du frondeur consiste à lâcher la corde quand cette vitesse est la plus grande, et que la balle est dans la direction convenable. Pierres de fronde, pierres travaillées pour être lancées par la fronde, qu'on trouve dans les habitations lacustres anté-historiques et chez quelques peuples sauvages actuels.

    Si adroits à jeter des pierres avec la fronde, qu'ils auraient pu même frapper un cheveu, sans que la pierre qu'ils auraient jetée se fût tant soit peu détournée de part ou d'autre — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Ainsi David remporta la victoire sur le Philistin avec une fronde et une pierre — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Terme de chirurgie. Bandage à quatre chefs, ainsi appelé parce qu'il a la forme d'une fronde.

  3. Nom du parti qui s'insurgea contre Mazarin et la cour pendant la minorité de Louis XIV ; en ce sens on met une majuscule : la guerre de la Fronde. Il s'est dit, au pluriel, des mouvements que la Fronde avait excités.

    Il en est [des diables] de lourdauds, de hargneux et de mornes ; Il en est d'enjoués, il en est de grondants, De danseurs sur la corde et d'arracheurs de dents ; Il en est de village, il en est de grand monde ; Il en est à la mode, il en est à la Fronde — Thomas Corneille (1625-1709)

    Les romans de Scarron n'ont point troublé le monde ; Chapelain ne fit point la guerre de la Fronde — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Berry, fonde ; provenç. fonda, fronda ; catal. fona ; espagn. honda ; portug. funda ; ital. fionda ; du latin funda. On remarquera dans fronde l'épenthèse d'une r qui ne paraît pas remonter plus haut que le XVIe siècle, bien qu'elle soit plus ancienne dans le provençal. Pour l'explication du sens de Fronde, guerre durant la minorité de Louis XIV, voy. FRONDER à la remarque. Funda est de même radical que σφενδόνη, fronde, l's disparaissant comme dans fallere, par rapport à σφάλλω ; les étymologistes rattachent σφενδόνη au sanscrit spand, s'agiter.

Historique : XIIe s. Prist sun bastun al puin, e sa funde ; e eslist cinc beles pierres de la riviere XIIIe s. Et si avoit vilains qui à nostre gent jettoient des pierres en grans fondes, qui moult merveilleusement lor grevoient XVe s. Ils prirent le varlet, et lui pendirent les lettres au cou, et le mirent tout en un mont en la fonde d'un engin, et puis le renvoyerent dedans Auberoche XVIe s. Les paysans retirez [dans Sancerre assiégée] qui se servoient principallement de fondes, d'où vint que les assiegeans les nommerent les harquebuses de Sancerre Fronde

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Terme de botanique. Nom qu'on donne généralement aux expansions membraneuses des acotylédones. Les fougères ont des frondes et non des feuilles, en langage technique ; mais beaucoup d'auteurs disent simplement des feuilles.

Étymologie : Lat. frons, frondis, feuillage.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Instrument, fait de corde ou de cuir, avec lequel on lance des pierres, des balles, etc. David tue Goliath d’un coup de fronde. Les anciens avaient dans leurs troupes des gens armés de frondes. Faire tourner une fronde.

  2. Par extension, il se dit d’un Jouet d’enfant composé d’un caoutchouc et d’une petite fourche.

  3. Par extension, Un esprit de fronde, un vent de fronde, Un esprit de critique et d’opposition. Il soufflait alors un vent de fronde.

  4. Cette locution a fait appeler Fronde la Rébellion des ennemis de Mazarin sous la minorité de Louis XIV.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • frondes — pluriel — /fʁɔ̃də/
  • fronde — singulier — /fʁɔ̃də/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fronde#28457.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.