froc
nom, masculin, /fʁɔk/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
La partie de l'habit des moines qui couvre la tête et les épaules.
Par extension, l'habillement entier. Mettre son froc. Fig. La profession monacale. Prendre le froc, se faire moine. Porter le froc, être moine. Quitter le froc, sortir d'un monastère avant d'être profès, et aussi renoncer à la vie religieuse. Familièrement. Jeter le froc aux orties, ou, simplement, jeter le froc, renoncer à la vie religieuse. Par extension, quitter la profession, l'occupation qu'on avait embrassée. Renoncer à quelque habitude que ce soit.
L'on se couvre d'un froc pour tromper le jaloux — Mathurin Régnier (1573-1613)
Vous ne serez pas obligée de le mettre dans un froc — Mme de Sévigné (1626-1696)
Grande robe que les religieux de Saint-Benoît mettent par-dessus leurs autres habits, pour assister au chœur, et lorsqu'ils paraissent hors de leurs monastères.
Sorte d'étoffe grossière de laine.
Les frocs forts contiendront 30 aunes de long sur le métier, pour avoir 24 après les apprêts,
Étymologie : Bourguig. frâ ; norm. frot, étoffe grossière en laine ; provenç. floc ; angl. frock. On le tire du germanique : bas-latin, hrocus, rocus ; anc. h. allem. hroch, qui signifie habit et qui est l'allemand Rock, habit. On remarquera le provençal floc qui se confond avec floc, flocon ; ç'a été une raison pour Diez de rejeter l'étymologie précédente et de voir dans froc un dérivé du latin floccus, flocon de laine. Mais on ne peut écarter le bas-latin hrocus, qui est certainement germanique, et qui a pu donner froc ; comparez FREUX et FRIME.
Historique : XIIe s. Car d'ax [eux] meïsmes sont si chaut Lor hauberc, que li suens [le sien] ne vaut à chascun gueres plus d'un froc XIIIe s. Et de noirs fros [elles] erent vestues XVe s. Car pour mon vieil ami trouver [il] Faudroit le froc quitter et vendre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Partie de l’habit monacal qui couvre la tête et tombe sur la poitrine et sur les épaules. Il se prend aussi pour Tout l’habit. Mettre son froc.
Il se dit, par extension, de la Profession monacale. Cet empereur voulut mourir sous le froc.
Prendre le froc, Se faire moine. Porter le froc, être moine. Quitter le froc, Abandonner l’état monacal.
Fig. et fam., Jeter le froc aux orties, Renoncer scandaleusement à l’état monacal et, par extension, Renoncer à l’état ecclésiastique. Il se dit aussi de Toute personne qui, par inconstance, renonce à quelque profession que ce soit.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- frocs — pluriel — /fʁɔk/
- froc — singulier — /fʁɔk/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée froc#28428.