frère

frère

adjectif

Grammaire et formes (2)
  • frères — pluriel masculin
  • frère — singulier masculin

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frère

nom, masculin, /fʁɛʁə/

Définitions

  1. Garçon ou homme né des mêmes parents qu'une autre personne, ou de l'un des deux.

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  2. Homme uni à d'autres par une communauté d'idéal, d'appartenance ou de solidarité.

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  3. Religieux membre de certains ordres ou congrégations, sans être prêtre.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (18 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui qui est né du même père et de la même mère, ou seulement de l'un des deux. Frère aîné. Frère cadet. Frère puîné. Fig. Celui qui a les sentiments d'un frère. Dans le droit romain, par le mot frère au pluriel, on entendait aussi les sœurs : les deux frères Lucius et Titia. Frères jumeaux, ceux qui sont nés d'un même accouchement. Frère de père et de mère ou frère germain, celui qui est né du même père et de la même mère qu'une autre personne. Frère de père ou frère consanguin, celui qui n'est frère d'une autre personne que du côté paternel. Frère de mère ou frère utérin, celui qui n'est frère d'une autre personne que du côté maternel. Demi-frère, frère qui ne l'est que de père ou de mère, et non de père et de mère. Frère naturel, frère bâtard, celui qui est frère, mais n'est pas né en légitime mariage. On dit dans le même sens familièrement : frère du côté gauche. Frère par adoption ou frère adoptif, celui qui a été adopté par le père naturel ou légitime d'une autre personne. Frère de lait, le fils de la nourrice par rapport au nourrisson, et réciproquement. Beau-frère, voy. BEAU-FRÈRE. Titre que les rois, les empereurs de la chrétienté se donnent entre eux en s'écrivant, et en parlant l'un de l'autre.

    Chacun y chérit l'autre et le seconde en frère — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ô frère plus aimé que la clarté du jour — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Par extension. Terme d'amitié.

    Esther, que craignez-vous ? suis-je pas votre frère ? — Jean Racine (1639-1699)

  3. Se dit de tous les hommes comme liés par des sentiments de bienveillance, de fraternité, en tant que fils d'Adam, et qu'appartenant tous au genre humain. Voltaire l'a dit des animaux, dans le système de la métempsycose.

    Un roi sage.... D'injustes fardeaux n'accable point ses frères — Jean Racine (1639-1699)

    Dans nos jours passagers de peines, de misères, Enfants du même Dieu, vivons du moins en frères — Voltaire (1694-1778)

  4. Se dit plus particulièrement des chrétiens, considérés comme tous enfants de Dieu par le baptême. Tous les chrétiens sont frères en Jésus-Christ. Mes frères, dit un prédicateur qui commence un sermon.

    Soulager nos frères, les revêtir — Massillon (1663-1742)

    Insensible à sa chute et grand dans ses misères, Il n'était attendri que des maux de ses frères — Voltaire (1694-1778)

  5. Frère d'armes, camarade de guerre. Frères d'armes se disait spécialement de deux chevaliers qui, ayant contracté une alliance d'armes, se promettaient de se secourir réciproquement, et se donnaient le nom de frères.

    Si nous devions un jour devenir frères d'armes — Tristan L'Hermite (1601-1655)

  6. Dans le style familier. Un bon frère, un homme qui n'abandonne pas ses compagnons. En un autre sens. C'est un bon frère, se dit d'un bon compagnon, d'un homme qui a des aventures, galantes ou autres.

    Mais où l'esprit n'est pas tout à fait nécessaire, Monsieur, sans vanité, je suis assez bon frère — Hauteroche (1617-1707)

    Allons donc nous masquer avec quelques bons frères — Molière (1622-1673)

  7. Fig. Il se dit des choses qui ont une certaine communauté. Le droit et le devoir sont frères. Les anciens poëtes disaient le sommeil frère de la mort. Il se dit de ce qui a le même auteur, la même origine.

    Les vertus devraient être sœurs, Ainsi que les vices sont frères — La Fontaine (1621-1695)

    Allez, partez, mes vers, derniers fruits de ma veine.... Montrez-vous, j'y consens ; mais du moins dans mon livre, Commencez par vous joindre à mes premiers écrits ; C'est là qu'à la faveur de vos frères chéris, Peut-être enfin soufferts comme enfants de ma plume, Vous pourrez vous sauver, épars dans le volume — Boileau (1636-1711)

  8. Titre que se donnent les religieux. Le frère Pacôme. Frère Antoine. Au plur. Titre qui se joint au nom de certains ordres. Les frères de la doctrine chrétienne. Frères mineurs, les religieux de l'ordre de Saint-François ; frères prêcheurs, ceux de l'ordre de Saint-Dominique. Frères de la charité, religieux qui ont été établis par Jean Devora, Portugais, qui sont habillés de gris et qui se consacrent au service des pauvres. Frère lai, frère convers, religieux qui n'est point dans la cléricature et qui n'est dans les couvents que pour y vaquer aux œuvres serviles. On dit aussi dans le même sens frère servant. Dans l'ordre de Malte, frère servant ou chevalier servant, celui qui, entrant dans l'ordre sans faire preuve de noblesse, était d'un rang inférieur à celui des autres chevaliers.

    Frappé de cette idée, il se fit capucin sous le nom de frère Ange — Voltaire (1694-1778)

  9. Les membres d'une même société. Trahir ses frères. Un faux frère, celui qui trahit ses associés. Membre de l'association des francs-maçons. Les frères, nom que se donnaient les philosophes du XVIIIe siècle, les encyclopédistes, pour signifier les communautés d'opinion qui les unissaient. Frère est aussi un titre que se donnaient les Jacobins pendant la Révolution. On a dit aussi quelquefois en un sens analogue, en raison de la communauté de guerres et de fortunes : Les Français et les Polonais sont frères.

    Je dirai bien à Mme de Montespan qu'il y a de faux frères — Mme de Maintenon (1635-1719)

    L'on ne s'aperçut point que pendant tout ce temps-là il y eut parmi elles de fausses sœurs, comme il y a souvent de faux frères dans les corps les plus respectables — Saint-Foix (1698-1776)

  10. Les frères de Bohême, secte chrétienne, qui se prétend descendue des thaborites, et qui se sépara des calixtins. Frères polonais, les sociniens de Pologne. Frères moraves, voy. HERNUTES.

  11. Terme de pêche. Frères, les pieux qui forment le corps ou le tour de la paradière.

  12. Terme d'alchimie. Frères estropiés, les métaux imparfaits.

Étymologie : Berry, mon frée, mon frère ; provenç. fraire, fratre ; anc. catal. frare ; espagn. mod. fraile ; ital. frate ; du lat. frater ; allem. Bruder ; angl. brother ; bas-bret. breûr ; sanscr. bhrâtar, frère, proprement celui qui porte, qui soutient la sœur, du radical bhar, porter.

Historique : IXe s. Si salvarai eo [je] cist meon fradre Karlo XIe s. Icil ert [était] frere al rei Marsilion XIIe s. Olivier frere, tant fustes mes amis [mon ami] Guiteclins de Sassoigne o [avec] son frere Gozon XIIIe s. Et orent une fille biele et avenant qui fu mariée au comte Simon, qui fu freres giermains au comte de Bouloigne Et lors vint frere Henri de Ronnay à li, qui avoit passé la riviere, et li besa la main tout armée XIVe s. Jehan, frere de bast [frère bâtard] à la dame de Glisy XVe s. On dist que jadis, par mistere, Les roix si s'appelloient frere, Jà ne fuissent nés d'une mere Le roi de Casti…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Celui qui est né de même père et de même mère, ou de l’un des deux seulement. Frère aîné. Frère puîné. Frère cadet. L’union des frères. Traiter quelqu’un en frère. Il est pour moi comme un frère. Je le regarde comme un frère. Ils s’aiment comme deux frères. Partager, vivre en frères, comme frères.

  2. En termes de Jurisprudence, Frère germain, Celui qui est né de même père et de même mère qu’une autre personne. Frère consanguin, Celui qui n’est frère que du côté paternel. Frère utérin, Celui qui n’est frère que du côté maternel.

  3. Fam., Demi-frère, Celui qui n’est frère que du côté paternel ou du côté maternel.

  4. Frère naturel. Voyez

  5. NATUREL.

  6. Frères jumeaux. Voyez

  7. JUMEAU.

  8. Frère par adoption, ou Frère adoptif se dit d’un Enfant qui a été adopté par un père ou une mère ayant déjà d’autres enfants. Néron était frère adoptif de Britannicus.

  9. Frère de lait, L’enfant de la nourrice et le nourrisson qu’elle a nourri du même lait. Clitus était le frère de lait d’Alexandre.

  10. Beau-frère. Voyez ce mot composé à son rang alphabétique.

  11. Frères d’armes, se disait autrefois des Chevaliers qui avaient contracté une alliance d’armes, en se promettant une mutuelle assistance, et qui se donnaient réciproquement le nom de Frère. Aujourd’hui, il se dit, par extension, de Ceux qui ont servi sous les armes ensemble.

  12. Il se dit aussi de Tous les hommes en général comme étant tous sortis d’un même père et d’une même mère, comme étant tous de la même espèce. Tous les hommes sont frères en Adam.

  13. Il se dit plus particulièrement de Tous les chrétiens, comme étant tous enfants de Dieu par le baptême. Tous les chrétiens sont frères en JÉSUS-CHRIST. C’est dans ce sens que les prédicateurs, en parlant à leurs auditeurs, disent Mes frères, mes chers frères.

  14. Il se dit figurément des Choses qui ont entre elles une ressemblance, une communauté au moins apparente. Les anciens poètes disaient que le sommeil est le frère de la mort.

  15. Au pluriel, il est aussi le Titre que l’on donne aux membres de certains ordres religieux. Les frères prêcheurs. Les frères mineurs. Les frères de la Charité. Les frères des écoles chrétiennes.

  16. Frère convers, frère lai. Voyez

  17. CONVERS , LAI.

  18. Faux frère, Celui qui trahit ou une société dont il fait partie ou quelqu’un de cette société.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • frères — pluriel — /fʁɛʁə/
  • frère — singulier — /fʁɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée frère#28535.

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