fraternité
nom, féminin, /fʁatɛʁnite/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Parenté entre frères et sœurs. Vous avez beau le renoncer pour votre frère, la renoncer pour votre sœur, vous ne détruirez pas la fraternité qui est entre vous.
Liaison étroite de ceux qui, sans être frères, se traitent comme frères. Il y a fraternité entre ces deux familles, entre ces deux compagnies.
Qu'avons-nous à espérer ou à redouter du ministère anglais ? jeter dès à présent les grandes bases d'une éternelle fraternité entre sa nation et la nôtre serait un acte profond d'une politique vertueuse et rare — Mirabeau (1749-1791)
De là plus d'union, plus de fraternité — Marie-Joseph Chénier (1764-1811)
L'amour universel qui unit tous les membres de la famille humaine. Devise de la France républicaine : liberté, égalité, fraternité.
Dieu a établi la fraternité des hommes en les faisant tous naître d'un seul qui, pour cela, est leur père commun et porte en lui-même l'image de la paternité de Dieu — Bossuet (1627-1704)
Là elle [la nature humaine] découvre les règles de la justice, de la bienséance, de la société ou, pour mieux parler, de la fraternité humaine — Bossuet (1627-1704)
Fraternité d'armes, union que contractaient deux chevaliers qui se promettaient de s'aider envers et contre tous. Par extension, il se dit de deux guerriers quelconques. Il se dit même de deux nations. La fraternité d'armes qui, durant les dernières guerres, a existé entre la France et la Pologne.
L'alliance, les dons, la fraternité d'armes N'auraient-ils donc servi qu'au malheur de tous deux ? — Voltaire (1694-1778)
Fraternité, titre que prenaient autrefois entre eux les rois et les empereurs, ainsi que les évêques et les moines.
Étymologie : Prov. fraternitat ; espagn. fraternidad ; ital. fraternità ; du lat. fraternitatem, de fraternus, fraternel, dérivé de frater, frère.
Historique : XIIIe s. Cil de la Trinité [nom d'un couvent] Ont grant fraternité ; Bien se sont aquité : D'asnes ont fait roucin XVe s. Et le lendemain ils se departirent de la ville en grand fraternité Et pour seurté de ferme paix jurerent les ducs d'Orleans et de Bourgoingne fraternité, et compaignie d'armes prindrent, et porterent les ordres et les devises l'un de l'autre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Lien qui, selon la nature, existe de frère à frère. En ce sens, il a vieilli.
Il signifie surtout aujourd’hui Union fraternelle, amitié fraternelle. Ils vivaient dans une intime fraternité.
Il se dit également de la Liaison étroite que contractent ensemble ceux qui, sans être frères, se traitent néanmoins comme des frères. Il y a fraternité entre ces deux hommes, entre ces deux familles, entre ces deux républiques. Liberté. égalité. Fraternité. Par extension, Fraternité d’esprit. Fraternité de sentiments. Fraternité d’armes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fraternités — pluriel — /fʁatɛʁnite/
- fraternité — singulier — /fʁatɛʁnite/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fraternité#28256.