fracas
nom, masculin, /fʁaka/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Rupture ou fracture violente et bruyante. Les bombes ont fait un grand fracas dans la ville. Fig.
Ce pont s'est entr'ouvert, a fait un grand fracas, Et dans les eaux du Tibre est tombé sous ses pas — Pierre Du Ryer (1605-1658)
Ainsi quand vous voyez passer comme en un instant devant vos yeux, je ne dis pas les rois et les empereurs, mais les grands empires qui ont fait trembler tout l'univers ; quand vous voyez les Assyriens anciens et nouveaux, les Mèdes, les Perses, les Grecs, les Romains se présenter devant vous successivement et tomber, pour ainsi dire, les uns sur les autres, ce fracas effroyable vous fait sentir qu'il n'y a rien de solide parmi les hommes, et que l'inconstance et l'agitation sont le propre partage des choses humaines — Bossuet (1627-1704)
Bruit semblable à celui d'une chose qu'on brise ; grand bruit. On dit qu'un orchestre fait du fracas lorsqu'il ne produit qu'un bruit sans effet.
Avec grand bruit et grand fracas Un torrent tombait des montagnes — La Fontaine (1621-1695)
Que le bruit, que le choc, que le fracas des armes Retentisse de toutes parts — Philippe Quinault (1635-1688)
Tout ce qui offre tumulte, désordre avec bruit. Le fracas du monde, l'agitation de la vie du monde. On dit dans un sens analogue, le fracas des villes. Faire du fracas, crier bien haut, se plaindre hautement.
Et de son grand fracas surprenant l'assemblée, Dans le plus bel endroit a la pièce troublée — Molière (1622-1673)
Tout ce fracas, Cet embarras Me pèse par trop sur les bras — Molière (1622-1673)
Il se dit, dans les compositions littéraires, et surtout dans les pièces de théâtre, de ce qui frappe l'oreille et l'esprit comme fait le fracas. Terme de peinture. Multitude et confusion d'objets qui frappent et fatiguent la vue. Il a pour opposé silence.
Le public veut des coups de théâtre incroyables, de grands mots et du fracas — Voltaire (1694-1778)
Peut-être que l'appareil de la scène, le fracas de théâtre qui règne dans cet ouvrage, les rôles de Cicéron, de Catilina, de César, pourront frapper pendant quelques représentations — Voltaire (1694-1778)
Bruit qu'on fait dans le monde. Il se dit, dans un sens analogue, des choses qui, attirant l'attention du public, excitent une sorte de soulèvement.
Et lui-même ayant fait grand fracas, chère lie, Mis beaucoup en plaisirs en bâtiments beaucoup, Il devint pauvre tout d'un coup — La Fontaine (1621-1695)
Le beau Sidney, moins dangereux qu'il ne le paraissait, avait trop peu de vivacité pour soutenir le fracas dont menaçait sa figure — Antoine Hamilton (1646-1720)
Étymologie : Ital. fracasso (voy. FRACASSER). Fracas paraît s'être formé de fracasser au XVIIe siècle.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Bruit semblable à celui d’une chose qui se brise en éclats. Le fracas du tonnerre. Le fracas des armes. Un torrent qui roule ses eaux avec fracas.
Il se dit également de Tout ce qui se fait avec tumulte, avec désordre et grand bruit. Quel fracas dans cette maison, dans cette assemblée! Ils firent leur entrée dans l’hôtel avec beaucoup de fracas. Le fracas de la rue.
Faire du fracas signifie figurément Faire beaucoup d’embarras. Il était inutile de faire tant de fracas pour si peu de chose. Ne faites donc pas tant de fracas.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- fracas — forme de base — /fʁaka/
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