fourrier
nom, masculin, /fuʁje/
Voir aussi : forme féminine fourrière
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Autrefois, officier qui servait sous un maréchal des logis et dont la fonction était de marquer le logement de ceux qui suivaient la cour. Fig. Avant-coureur. Il se dit quelquefois en ce sens figuré au féminin. La fourrière du jour, l'Aurore.
....Songez qu'à votre âge Mille accidents fâcheux suivent le mariage.... Et cet heureux hymen qui les charmait si fort [les vieillards qui se marient], Devient souvent pour eux un fourrier de la mort — Pierre Corneille (1606-1684)
On la [l'Aurore] cherchait partout, au lit du vieux Tithon, Dans les bois de Céphale, au palais de Memnon ; Et, faute de trouver cette belle fourrière, Le jour jusqu'à midi se passa sans lumière — Pierre Corneille (1606-1684)
Aujourd'hui, sous-officier chargé de pourvoir au logement des soldats, de répartir les vivres, etc. Le fourrier de la compagnie. Adjectivement. Sergent-fourrier. Maréchal des logis fourrier. Fig. et familièrement. Il est bon fourrier, il garde le meilleur ou le plus gros morceau pour lui (en parlant de celui qui sert à table). On dit de même à celui qui ne se réserve rien : Vous seriez mauvais fourrier.
Terme de marine. Se dit de celui qui travaille, en sous-ordre, aux écritures du service et de la comptabilité.
Étymologie : Provenç. folrier ; bas-lat. fodrarius, de fodrum, fourrage (voy. FEURRE). Le fourrier était originairement celui qui allait fourrager, puis celui qui pourvoit aux logements, aux vivres, etc.
Historique : XIIe s. Li forier [fourrageurs] courent por les villes rober XIIIe s. Non pourquant il orent nos fourriers aresté devant Phinepople et fourclos de leur gent meisme Ses queux [cuisiniers], ses boutilliers [il] apreste, Ses fouriers [ceux qui ont soin du fourrage] et ses panetiers XVe s. Les fourriers avoient moult de peine en querant vivres et fourrages pour les chevaux Le roy, depuis son arrivée en ceste dite ville de Dijon, a fait constituer prisonniers tous les fourriers.... à cause qu'il font marchandise des logis et les vendent pour en faire leur prouffit XVIe s. Les habitants disent que d…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
T. militaire
Celui qui est principalement chargé de pourvoir au logement des soldats quand ils passent dans quelque ville, et de répartir entre les escouades les vivres, les effets d’équipement, etc. Le fourrier de la compagnie. La fonction de fourrier. Par apposition, Caporal fourrier.
Poétiquement, il désigne un Messager, un avant-coureur. Les fourriers de l’été.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fourriers — pluriel — /fuʁje/
- fourrier — singulier — /fuʁje/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fourrier#28115.