fourré
adjectif, /fuʁe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)
Littré (1873) — entrée 1
part. passé
Garni de fourrures. Un manteau fourré. Qui a une peau bien garnie de plumes. Fig. Un innocent fourré de malice, homme malicieux qui feint d'être simple et bon.
Les voilà tous deux arrivés Devant sa majesté fourrée — La Fontaine (1621-1695)
Les hermines dont ils [les magistrats] s'emmaillotent en chats fourrés — Pascal (1623-1662)
Langue fourrée, langue de bœuf, de cochon, de mouton, recouverte d'une peau et que l'on fait cuire selon certaine manière. Dans le nord de la France, pain fourré, pain qu'on a ouvert tandis qu'il était encore chaud, et dans lequel on a introduit du beurre ou du jambon.
Garni d'arbres, d'arbustes, etc. Pays fourré. Bois fourré, bois qui est très garni de broussailles et d'épines.
Le maréchal de Lorge voyait des coteaux fourrés dont il ne connaissait ni les revers ni ce qui y pourrait être de troupes — Saint-Simon (1675-1755)
Il se tient ordinairement dans des endroits fourrés, dans les bruyères et même dans les bois, d'où lui est venu le nom allemand Wald-lerche — Buffon (1707-1788)
Médaille, monnaie fourrée, celle dont l'intérieur n'est pas d'or ou d'argent, comme les faces. On dit aujourd'hui médaille plaquée. Botte de paille, botte de foin fourrée, botte où, parmi la bonne paille ou le bon foin, on a mêlé de la paille, du foin de mauvaise qualité. Fig. Paix fourrée, paix fausse, peu sincère, comme est fausse une médaille fourrée. Paix fourrée, se dit particulièrement de la paix qui fut faite avec les huguenots à Longjumeau en 1568.
On voit encore dans les cabinets, des médailles qu'on appelle fourrées, qui n'ont qu'une lame d'argent qui couvre le cuivre — Montesquieu (1689-1755)
Ces deux confidents [de Richelieu, Brézé et la Meilleraie] avaient fait entre eux une paix fourrée — Cardinal de Retz (1613-1679)
Terme d'escrime. Coup fourré, coup que l'on donne en même temps que l'on en reçoit un ; locution qui vient de ce que le coup donné et reçu est considéré comme ayant sa fourrure, ce qui en fait un coup double, un coup fourré. Fig. Coup fourré, coup qui rend la pareille, moyen par lequel on déjoue quelque chose. Coup fourré, mauvais offices que se rendent deux personnes en même temps l'une à l'autre. Porter un coup fourré, rendre en secret un mauvais office à quelqu'un.
Qu'ils.... Se donnent l'un à l'autre autant de coups fourrés — Mathurin Régnier (1573-1613)
Ce sont deux grands athlètes qui font un coup fourré — Diderot (1713-1784)
Introduit, mis dans. Le bâton fourré dans un trou. Il se dit souvent en cas d'emprisonnement. Familièrement. Être fourré, toujours fourré chez quelqu'un, être très souvent chez lui.
J'ai bien plus besoin, moi, de la consolation de vous faire encore ma cour, de vous voir et de vous entendre, que vous n'en avez d'être fourré dans mes gazettes — Voltaire (1694-1778)
On vous [Polonais] liera par des traités ; il n'y aura pas une guerre en Europe où vous n'ayez l'honneur d'être fourrés — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- fourrées — pluriel féminin — /fuʁe/
- fourrés — pluriel masculin — /fuʁe/
- fourrée — singulier féminin — /fuʁe/
- fourré — singulier masculin — /fuʁe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fourré#28119.